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Algérie : Tebboune ordonne le retour de la peine de mort pour les auteurs d’incendies volontaires

Face à la multiplication des incendies meurtriers en Algérie, le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné une réforme du Code pénal pour permettre l’exécution de la peine de mort contre les auteurs d’incendies volontaires. Le projet doit être préparé avant le 15 septembre 2026.

Par Thomas Biakpa
Publié le 1 septembre 2026
Lecture : 3 min
Algérie : Tebboune ordonne le retour de la peine de mort pour les auteurs d’incendies volontaires

Après les incendies meurtriers en Algérie, le président Abdelmadjid Tebboune veut faire appliquer la peine de mort contre les pyromanes/ AFP

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Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a pris une importante décision dans la réponse des autorités aux incendies qui frappent plusieurs régions du pays. Il a ordonné la modification du Code pénal, afin de permettre l’exécution de la peine de mort contre les personnes reconnues coupables d’avoir volontairement provoqué des incendies.

L’instruction présidentielle a été donnée dimanche 30 août 2026, lors d’une réunion consacrée à la situation provoquée par les feux. Le chef de l’État a demandé au ministre de la Justice de préparer, avant le 15 septembre prochain, les amendements nécessaires au Code pénal.

Une peine capitale qui pourrait désormais être exécutée

La particularité de cette décision réside moins dans l’introduction de la peine de mort que dans la volonté de rendre possible son exécution dans un cas spécifique.
En Algérie, la peine capitale figure déjà dans la législation pour plusieurs crimes. Toutefois, aucune exécution n’a eu lieu depuis 1993, dans le cadre d’un moratoire de fait. Les condamnations à mort peuvent toujours être prononcées par les tribunaux, mais elles ne sont pas exécutées.

Avec la réforme souhaitée par Tebboune, les personnes définitivement reconnues coupables d’avoir déclenché volontairement des incendies pourraient donc, dans les conditions prévues par le nouveau dispositif, être conduites à l’exécution après l’épuisement de toutes les voies de recours. Il s’agit ainsi d’un changement majeur dans l’application de la peine capitale en Algérie.

Une réponse à une série d’incendies meurtriers

La décision intervient alors que plusieurs wilayas algériennes sont confrontées à une succession d’incendies. Les autorités font état de morts et de nombreux blessés, tandis que les équipes de secours restent mobilisées pour contenir les foyers encore actifs.

Le 29 août, la Protection civile avait recensé 43 incendies sur une période de 24 heures. Trente avaient alors été maîtrisés, tandis que 13 autres nécessitaient encore l’intervention des secours.

La wilaya de Jijel comptait notamment plusieurs foyers actifs.
Face à l’ampleur des dégâts humains et matériels, les autorités ont renforcé les mesures d’assistance aux populations touchées. Le Premier ministre Sifi Ghrieb a notamment donné des instructions pour accélérer la prise en charge des sinistrés et des blessés.
Tebboune s’est également rendu à l’hôpital des grands brûlés de Zéralda pour s’enquérir de l’état de santé de victimes évacuées des zones touchées.

Les incendies criminels au cœur des investigations

Le gouvernement veut toutefois distinguer les incendies accidentels des départs de feu volontairement provoqués.
La présidence algérienne avait indiqué dès le 29 août que l’hypothèse criminelle ne pouvait être écartée dans certains cas.

Des investigations sont donc menées afin de déterminer l’origine des incendies et d’identifier d’éventuels responsables.
La réforme annoncée par le président Tebboune ciblerait précisément les auteurs reconnus coupables d’avoir provoqué intentionnellement des incendies, et non les personnes impliquées dans des départs de feu accidentels.

Une réforme qui doit encore passer par le Parlement

L’annonce présidentielle ne signifie pas que les premières exécutions pourront intervenir immédiatement.
Le ministre de la Justice doit d’abord élaborer les modifications du Code pénal demandées par le président avant la date limite du 15 septembre. Le texte devra ensuite suivre le processus législatif prévu par le droit algérien.

La question de la peine de mort revient ainsi au premier plan en Algérie, plus de trois décennies après la dernière exécution. Au cas où la réforme aboutit, elle pourrait marquer la fin du statu quo observé depuis 1993 et ouvrir la voie à l’exécution effective de condamnations à mort dans le cadre précis défini par le nouveau texte.