Arabie Saoudite : Condamnée à mort depuis 2017, une Sénégalaise risque l’exécution dans trois mois, des défenseurs des droits humains sonnent l’alerte
Condamnée à mort en Arabie saoudite depuis 2017, la Sénégalaise Mbayang Diop pourrait voir son dossier connaître un tournant décisif d’ici la fin de l’année. Face à ce risque, le défenseur des droits humains Alioune Tine appelle à une mobilisation urgente pour obtenir sa grâce.

Mbayang Diop, pourrait être exécutée avant la fin d’année si rien n’est fait pour obtenir la clémence des autorités saoudiennes / dakaractu.com
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Le dossier de Mbayang Diop refait surface avec une nouvelle alerte sur le risque d’exécution de la ressortissante sénégalaise détenue en Arabie saoudite depuis 2016. Alors que la fin de l’année approche, des défenseurs des droits humains redoutent que son cas n’entre dans une phase décisive et appellent à une mobilisation rapide pour tenter d’obtenir une mesure de clémence.
L’alerte a été lancée mardi 29 septembre par Alioune Tine. Le défenseur sénégalais des droits humains estime qu’il ne resterait que quelques mois pour intervenir auprès des autorités saoudiennes. Dans un message publié sur X, il invite notamment les organisations engagées dans la défense des droits humains et des femmes à unir leurs efforts afin de solliciter la grâce de la détenue.
Cette démarche rejoint celle portée par Boubacar Sèye, président de l’ONG Horizon sans frontières, qui suit également le dossier. Pour les défenseurs de Mbayang Diop, l’enjeu est désormais de parvenir à créer une mobilisation suffisamment forte avant que la situation judiciaire ne connaisse une nouvelle évolution.
Une condamnation prononcée en 2017
Le parcours judiciaire de Mbayang Diop remonte à juin 2016. La Sénégalaise, qui travaillait comme employée domestique en Arabie saoudite, avait été arrêtée après le décès de son employeuse.
Quelques mois plus tard, en avril 2017, la justice saoudienne l’a condamnée à la peine capitale pour meurtre. Depuis cette décision, Mbayang Diop est incarcérée à la prison de Fayçaliyah, dans la région de Dammam.
Mais malgré la condamnation, l’exécution n’a pas eu lieu jusqu’à présent. Une situation notamment liée au statut des enfants de la victime, qui étaient encore mineurs au moment des faits.
La majorité des enfants pourrait changer la donne
C’est précisément ce point qui suscite aujourd’hui les inquiétudes de ses proches et des défenseurs des droits humains. D’après les informations rapportées par Senego et attribuées à Mamadou Diop, le frère de la détenue, les enfants de la victime doivent atteindre la majorité à la fin de l’année.
Or, dans le système juridique saoudien applicable à ce type d’affaire, les proches de la personne décédée peuvent jouer un rôle déterminant dans l’issue de la procédure. Ils peuvent notamment choisir d’accorder leur pardon ou accepter une compensation financière, une décision susceptible d’ouvrir la voie à une commutation de la peine capitale.
Cette échéance donne donc une importance particulière aux prochains mois. Pour les soutiens de Mbayang Diop, la priorité est de parvenir à sensibiliser les autorités et les membres de la famille de la victime avant que la possibilité d’une exécution ne devienne concrète.
Une mobilisation appelée à s’intensifier
Alioune Tine veut ainsi accélérer la mobilisation autour de la détenue sénégalaise. L’ancien responsable d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre appelle les acteurs de la société civile à se concerter et à porter une démarche commune auprès des autorités saoudiennes.
Le principal objectif affiché est d’obtenir la clémence du prince héritier Mohammed ben Salmane et d’éviter l’application de la peine capitale contre Mbayang Diop.
Après près d’une décennie passée derrière les barreaux, le dossier de la Sénégalaise entre ainsi dans une période particulièrement sensible. Pour ses défenseurs, le temps presse désormais. Les prochains mois pourraient être déterminants pour l’avenir de Mbayang Diop.
