Bénin : Face à l’insécurité, certaines écoles du Nord relocalisées pour la rentrée
À l’occasion de la rentrée scolaire 2026-2027, le Bénin renforce les mesures de sécurité dans le nord du pays. Dans plusieurs communes frontalières exposées aux risques terroristes, des écoles sont temporairement relocalisées afin de protéger élèves et enseignants, tout en assurant la continuité des cours.

Au Bénin, plusieurs écoles dans les zones frontalières du nord seront temporairement fermées pour des raisons de sécurité/ PR Bénin
Format Pavé
300 x 250 px
Au Bénin, la rentrée scolaire 2026-2027 s’ouvre ce lundi 14 septembre dans un contexte particulier. Si le gouvernement met l’accent sur les mesures sociales destinées à faciliter l’accès à l’éducation, la situation sécuritaire dans le nord du pays impose également des précautions supplémentaires.
Dans plusieurs localités proches des frontières, certains établissements scolaires ne rouvriront pas à leurs emplacements habituels.
L’objectif affiché par les autorités est avant tout préventif : éloigner les élèves et les enseignants des zones susceptibles d’être exposées à des attaques de groupes armés.
Le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Houngbédji, a confirmé la mise en œuvre de cette mesure, expliquant qu’elle vise à « protéger les enfants » et à éviter d’exposer les populations, notamment les élèves et leurs enseignants, à des risques sécuritaires.
Une rentrée sous surveillance dans les zones frontalières
La décision concerne des localités situées dans une dizaine de communes proches des frontières avec le Niger, le Burkina Faso et le Nigeria. Ces espaces font l’objet d’une attention accrue des autorités en raison de la présence et des mouvements de groupes terroristes actifs dans la région.
Pour l’heure, le gouvernement n’a pas communiqué le nombre exact d’écoles qui seront concernées par ces déplacements. Les effectifs d’élèves et d’enseignants appelés à rejoindre les nouveaux sites n’ont pas davantage été précisés. Les autorités restent également discrètes sur la localisation exacte des établissements considérés comme les plus exposés.
Dans certaines zones, les cours devraient ainsi être dispensés dans des sites jugés plus sûrs, à distance des secteurs sensibles. Une manière pour les autorités de maintenir la continuité de l’enseignement tout en réduisant autant que possible les risques auxquels pourraient être confrontés les membres de la communauté éducative.
Des précédents dans le nord du pays
Cette stratégie de relocalisation n’est pas totalement nouvelle. Au cours des précédentes rentrées scolaires, le gouvernement béninois avait déjà eu recours à des mesures similaires dans certaines zones confrontées à l’insécurité.
La situation reste particulièrement suivie dans plusieurs communes septentrionales. À Karimama, par exemple, la proximité avec la frontière nigérienne constitue un facteur de vigilance important. Le 5 mars dernier, la localité de Kofounou, dans cette région, avait été durement touchée par une attaque au cours de laquelle quinze militaires béninois avaient perdu la vie.
La commune de Matéri fait également partie des secteurs sous surveillance. En 2022, la localité de Dassari avait notamment été frappée par des attaques, illustrant la vulnérabilité de certaines zones frontalières.
Maintenir l’école malgré les risques
Malgré ces contraintes, les autorités veulent éviter que l’insécurité ne conduise à une interruption de la scolarité dans les zones concernées. Le choix de déplacer temporairement certains établissements répond donc à un double impératif : assurer la sécurité des élèves et permettre la poursuite des enseignements.
Cette mesure intervient alors que le gouvernement annonce par ailleurs plusieurs dispositifs pour accompagner les familles à l’occasion de la nouvelle année scolaire. Les cantines scolaires, la distribution de kits et la gratuité de la scolarité pour les filles du primaire et du secondaire figurent parmi les principales mesures mises en avant.
Dans le nord du pays, toutefois, la priorité immédiate sera aussi de garantir que les enfants puissent rejoindre leurs salles de classe sans être exposés aux menaces qui pèsent sur certaines zones frontalières. Pour ces communautés, la rentrée 2026 se fera donc sous le signe de la prudence, avec des établissements temporairement installés dans des espaces considérés comme plus sûrs.
