Bénin : L’État mobilise plus de 1 220 milliards FCFA de recettes en six mois, plus de la moitié des ressources prévues déjà captées
Au premier semestre 2026, l’État béninois a mobilisé 1 220,8 milliards de FCFA de recettes budgétaires. Avec les ressources de financement, les fonds mobilisés atteignent 2 329,6 milliards de FCFA, soit 56,2 % des prévisions annuelles révisées, selon le rapport d’exécution de la loi de finances publié par la Direction générale du Budget.

Entre janvier et juin 2026, l’État béninois a mobilisé 1220,8 milliards FCFA de recettes budgétaires/ Financial Afrik
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Le Bénin poursuit sa dynamique de mobilisation des ressources publiques. Entre janvier et juin 2026, l’État a enregistré 1 220,8 milliards de FCFA de recettes budgétaires, selon le rapport d’exécution semestriel de la loi de finances publié le 16 septembre par la Direction générale du Budget (DGB).
À six mois de la clôture de l’exercice, ces résultats témoignent d’un niveau de mobilisation important des ressources publiques. En incluant les ressources de financement, les fonds mobilisés atteignent 2 329,6 milliards de FCFA. Ce montant représente 56,2 % de la prévision annuelle révisée, établie à 4 148,4 milliards de FCFA.
Plus de la moitié des ressources prévues déjà mobilisées
La progression des ressources s’accompagne d’un rythme d’exécution soutenu des dépenses. Au 30 juin 2026, les engagements de l’État et les charges de trésorerie s’élevaient à 2 125,4 milliards de FCFA, soit un taux d’exécution de 51,2 %.
La différence entre les ressources mobilisées et les dépenses engagées faisait ainsi apparaître un écart positif de 204,2 milliards de FCFA à la fin du premier semestre. Ce niveau traduit, à mi-parcours, une gestion des finances publiques caractérisée par un rythme de décaissement inférieur à celui de mobilisation des ressources.
Ces chiffres s’inscrivent dans une trajectoire plus large de renforcement des capacités financières de l’État béninois.
Une économie qui maintient un rythme de croissance élevé
L’amélioration des performances budgétaires intervient alors que l’économie béninoise affiche depuis plusieurs années une croissance soutenue. D’après les données citées du Fonds monétaire international (FMI), le produit intérieur brut a progressé de 6,3 % en 2022, puis de 6,4 % en 2023, avant d’atteindre 7,5 % en 2024.
Cette dernière performance constitue le niveau de croissance le plus élevé enregistré par le pays depuis 1990. Elle a notamment été associée à l’augmentation des exportations de biens transformés localement et au développement des activités liées au numérique.
La tendance s’est poursuivie en 2025. Les données de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INStaD) font état d’une croissance trimestrielle comprise entre 7,4 % et 8,8 % au cours de l’année.
Les recettes fiscales au cœur de la stratégie
Malgré cette évolution favorable, la mobilisation des recettes demeure un enjeu central pour les finances publiques béninoises. La Banque mondiale relève une progression de la pression fiscale, passée de 9,2 % du PIB en 2016 à 13,2 % en 2024. L’institution estime toutefois que ce niveau demeure inférieur à celui observé en moyenne dans les pays comparables de la région.
C’est dans ce contexte que s’inscrivent les réformes engagées ces dernières années dans les domaines fiscal et douanier. L’objectif est notamment d’accroître les ressources internes afin de réduire la dépendance à l’égard des financements extérieurs et de consolider les marges de manœuvre budgétaires de l’État.
Une ambition budgétaire revue à la hausse pour 2026
La loi de finances initiale pour 2026 avait fixé à 6 188,79 milliards de FCFA les recettes attendues sur l’ensemble de l’exercice. Ce montant représentait une hausse de 1 174,46 milliards de FCFA par rapport à 2025, soit une progression de 23,42 %.
Les recettes fiscales devaient constituer l’essentiel de ces ressources, avec une prévision de 5 384,80 milliards de FCFA.
Les recettes non fiscales étaient estimées à 228,22 milliards de FCFA, tandis que 191,46 milliards de FCFA étaient attendus des ressources externes.
Cette ambition repose notamment sur la poursuite des réformes fiscales et douanières, mais aussi sur les perspectives liées au démarrage de l’exploitation pétrolière. Le gouvernement entend ainsi renforcer progressivement les ressources propres du pays et accroître sa capacité à financer ses politiques publiques.
La dette publique poursuit sa décrue
La situation budgétaire s’inscrit également dans un contexte de réduction du poids relatif de la dette publique. Le ratio d’endettement est passé de 60,5 % du PIB en 2024 à 57,3 % en 2025. Cette baisse s’explique notamment par l’effet combiné de la croissance économique et de l’amélioration de la mobilisation des recettes fiscales.
Au terme du premier semestre 2026, les chiffres publiés par la Direction générale du Budget montrent donc un État qui continue de renforcer ses recettes tout en maintenant un rythme d’exécution des dépenses inférieur à celui des ressources mobilisées. La seconde moitié de l’année permettra de mesurer dans quelle mesure cette dynamique pourra se poursuivre et rapprocher les résultats annuels des objectifs fixés dans la loi de finances.
