Burkina Faso : La Côte d’Ivoire confirme sa place de deuxième investisseur étranger derrière le Canada
La Côte d’Ivoire s’impose davantage comme un partenaire économique majeur du Burkina Faso. Selon les données de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), le pays occupe en 2024 la deuxième place parmi les investisseurs étrangers au Burkina Faso, derrière le Canada.

La Côte d’Ivoire, deuxième pays investisseur étranger au Burkina Faso après le Canada/ Tribune éco
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La coopération économique entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso semble prendre une nouvelle dimension. Les dernières données sur les investissements directs étrangers (IDE) au Burkina Faso placent en effet la Côte d’Ivoire au deuxième rang des pays investisseurs, derrière le Canada.
Selon le rapport annuel 2024 sur la balance des paiements et la position extérieure globale du Burkina Faso, le stock total des investissements directs étrangers dans le pays s’établissait à 2 336,3 milliards de FCFA à fin 2024. La Côte d’Ivoire représentait à elle seule 284,7 milliards de FCFA, soit 12,2 % de l’ensemble des IDE.
Le Canada reste en tête
Le Canada conserve toutefois une avance importante. Avec un encours de 534,9 milliards de FCFA, il représente 22,9 % du stock total des investissements directs étrangers au Burkina Faso.
Derrière le Canada et la Côte d’Ivoire, la Russie occupe la troisième position avec 257 milliards de FCFA, soit 11,1 % des IDE, tandis que le Maroc arrive en quatrième position avec 102,8 milliards de FCFA, représentant 4,4 %.
À eux seuls, le Canada, la Côte d’Ivoire, la Russie et le Maroc concentrent ainsi 50,6 % du stock des investissements directs étrangers enregistrés au Burkina Faso en 2024.
Une présence ivoirienne qui se renforce
La deuxième place occupée par la Côte d’Ivoire est particulièrement significative dans le contexte des relations économiques entre les deux pays voisins.
Avec 284,7 milliards de FCFA d’encours, les investissements ivoiriens représentent une part importante des capitaux étrangers présents au Burkina Faso. Cette position confirme le poids croissant des entreprises et capitaux ivoiriens dans l’économie burkinabè.
La performance ivoirienne n’est d’ailleurs pas nouvelle. En 2023, la Côte d’Ivoire occupait déjà le deuxième rang avec un stock d’IDE estimé à 299,8 milliards de FCFA, soit 12,4 % du total, derrière le Canada qui affichait alors 626,1 milliards de FCFA.
Les chiffres de 2024 montrent donc une légère diminution de l’encours ivoirien, mais la Côte d’Ivoire conserve sa deuxième position dans le classement.
Le secteur minier concentre l’essentiel des investissements
Au Burkina Faso, l’attractivité des capitaux étrangers reste largement liée au secteur minier. En 2024, l’exploitation minière concentrait 1 565,9 milliards de FCFA, soit 66,1 % du stock total des IDE.
L’intermédiation financière arrivait loin derrière avec 439 milliards de FCFA, représentant 18,5 %. Suivaient l’industrie avec 5,8 % et le commerce avec 2,1 %. Ces quatre secteurs regroupaient à eux seuls 92,4 % du stock des investissements directs étrangers.
Cette forte concentration souligne le rôle central du secteur extractif dans l’attractivité économique du Burkina Faso, mais elle révèle également la nécessité de diversifier les investissements vers d’autres secteurs productifs.
Des investissements étrangers en recul en 2024
Malgré l’importance des capitaux étrangers, l’année 2024 a été marquée par une contraction des investissements directs étrangers au Burkina Faso.
Le stock global est passé de 2 458,9 milliards de FCFA en 2023 à 2 336,3 milliards en 2024, soit une baisse de 5 %. Le rapport attribue notamment cette évolution à la diminution des ressources reçues sous forme de dettes et au recul des participations en fonds propres.
Les sorties de capitaux ont également atteint 157,2 milliards de FCFA. Cette situation est notamment liée à des désengagements dans certaines entreprises minières ainsi qu’à la nationalisation de deux sociétés minières et d’une banque commerciale.
Le défi de la souveraineté économique
La forte présence des capitaux étrangers intervient alors que les autorités burkinabè affichent leur volonté de renforcer la participation des investisseurs nationaux dans les secteurs stratégiques, particulièrement dans les mines.
L’enjeu consiste à permettre à l’économie nationale de bénéficier davantage de la création de richesse générée par les ressources naturelles.
La question est d’autant plus importante que le secteur minier constitue de très loin la principale destination des investissements étrangers.
Pour la Côte d’Ivoire, cette deuxième place témoigne néanmoins de l’importance des relations économiques entre les deux pays. Elle illustre également le poids des capitaux régionaux dans les économies de l’espace ouest-africain, à côté des investissements provenant de puissances économiques extérieures comme le Canada.
Une dynamique régionale à consolider
La présence de la Côte d’Ivoire parmi les principaux investisseurs étrangers au Burkina Faso traduit une réalité économique souvent moins visible que les grands investissements occidentaux ou asiatiques : les capitaux circulent également fortement à l’intérieur de l’Afrique de l’Ouest.
Alors que les deux pays partagent des liens historiques, commerciaux et géographiques étroits, la position de la Côte d’Ivoire dans le classement des investisseurs pourrait constituer un levier supplémentaire pour approfondir leur coopération économique.
Avec 284,7 milliards de FCFA d’encours d’IDE en 2024, la Côte d’Ivoire reste ainsi le deuxième investisseur étranger au Burkina Faso, derrière le Canada. Une position qui confirme l’importance des relations économiques ivoiro-burkinabè et le rôle que peuvent jouer les investissements intra-africains dans le développement de la région.
