Burkina Faso : Le retour de la peine de mort inquiète les organisations de défense des droits humains, HRW redoute des conséquences graves
Le Burkina Faso a réintroduit la peine de mort dans son nouveau Code pénal, sept ans après son abolition. Une décision qui suscite l’inquiétude de Human Rights Watch (HRW), qui redoute une instrumentalisation de cette sanction contre les voix critiques du régime militaire.

Le régime militaire au Burkina Faso a rétabli dans son code pénal la peine de mort qui avait été abolie en 2018 / Image d’illustration
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Le Burkina Faso renoue avec la peine capitale après plusieurs années d’abolition. Adopté mardi, le nouveau Code pénal réintroduit cette sanction, supprimée de la législation burkinabè en 2018. Une décision vivement critiquée par Human Rights Watch (HRW), qui redoute des conséquences graves pour les libertés individuelles et les personnes opposées au pouvoir militaire dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré.
Dans une déclaration publiée mercredi 21 octobre, l’organisation internationale a exprimé ses préoccupations face aux risques d’utilisation de cette mesure à des fins politiques. Elle craint notamment que la peine de mort ne serve à accentuer la pression sur les voix dissidentes dans un contexte marqué par les restrictions des libertés.
Un éventail d’infractions désormais concernées
Le nouveau dispositif pénal prévoit la peine capitale pour plusieurs catégories de crimes. Sont notamment concernés les actes terroristes, l’espionnage, la trahison, l’assassinat, l’infanticide et le meurtre d’un parent. La sanction peut également être prononcée dans certaines affaires liées à l’importation de produits périmés ou prohibés lorsque ceux-ci ont causé la mort.
Le texte inclut par ailleurs certains actes d’homosexualité et pratiques assimilées ayant entraîné un décès, sans apporter de précisions supplémentaires sur les circonstances visées.
Pour les autorités burkinabè, cette réforme répond à un impératif de sécurité. Le ministère de la Justice affirme que le retour de la peine capitale doit contribuer à renforcer la lutte contre le terrorisme, tout en assurant une meilleure protection de l’ordre public, des personnes et des biens.
HRW redoute une instrumentalisation politique de la justice
Human Rights Watch conteste les risques associés à cette décision et met en garde contre une possible aggravation de la répression. L’organisation estime que la réintroduction de la peine de mort pourrait intimider les détracteurs du régime militaire et réduire davantage l’espace accordé à la contestation.
Cette inquiétude intervient dans un climat où, selon des organisations internationales de défense des droits humains, des journalistes, des magistrats et d’autres personnalités critiques ont été victimes d’enlèvements.
Certains auraient également été contraints de rejoindre les rangs engagés dans la lutte contre les groupes jihadistes.
Pour HRW, le recours à la peine capitale soulève aussi la question des erreurs judiciaires, dont les conséquences seraient irréparables en cas d’exécution d’une personne injustement condamnée.
Depuis une dizaine d’années, le Burkina Faso fait face à une grave crise sécuritaire. Des groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique y mènent des attaques meurtrières, responsables de milliers de morts et du déplacement de nombreuses populations.
Quatre méthodes d’exécution autorisées
Le Code pénal révisé prévoit quatre procédés pour appliquer les condamnations à mort : la fusillade, l’injection létale, la pendaison et l’électrocution.
La responsabilité de choisir la méthode ainsi que le lieu de l’exécution revient au ministre de la Justice. Le texte autorise également la tenue d’exécutions publiques. Une disposition particulière concerne les femmes enceintes : lorsqu’une grossesse est médicalement établie, l’application de la peine est reportée jusqu’après l’accouchement.
Une rupture avec l’abolition de 2018
La décision marque un changement important dans la politique pénale du Burkina Faso, qui avait supprimé la peine de mort de son arsenal juridique en 2018.
D’après les données d’Amnesty International, la dernière exécution recensée dans le pays remonte à 1988. Le rétablissement de cette sanction ouvre ainsi une nouvelle page dans le débat sur la justice, la sécurité et le respect des droits fondamentaux au Burkina Faso.aso renoue avec la peine capitale après plusieurs années d’abolition. Adopté mardi, le nouveau Code pénal réintroduit cette sanction, supprimée de la législation burkinabè en 2018. Une décision vivement critiquée par Human Rights Watch (HRW), qui redoute des conséquences graves pour les libertés individuelles et les personnes opposées au pouvoir militaire dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré.
Dans une déclaration publiée mercredi, l’organisation internationale a exprimé ses préoccupations face aux risques d’utilisation de cette mesure à des fins politiques. Elle craint notamment que la peine de mort ne serve à accentuer la pression sur les voix dissidentes dans un contexte marqué par les restrictions des libertés.
Un éventail d’infractions désormais concernées
Le nouveau dispositif pénal prévoit la peine capitale pour plusieurs catégories de crimes. Sont notamment concernés les actes terroristes, l’espionnage, la trahison, l’assassinat, l’infanticide et le meurtre d’un parent. La sanction peut également être prononcée dans certaines affaires liées à l’importation de produits périmés ou prohibés lorsque ceux-ci ont causé la mort.
Le texte inclut par ailleurs, certains actes d’homosexualité et pratiques assimilées ayant entraîné un décès, sans apporter de précisions supplémentaires sur les circonstances visées.
Pour les autorités burkinabè, cette réforme répond à un impératif de sécurité. Le ministère de la Justice affirme que le retour de la peine capitale doit contribuer à renforcer la lutte contre le terrorisme, tout en assurant une meilleure protection de l’ordre public, des personnes et des biens.
HRW redoute une instrumentalisation politique de la justice
Human Rights Watch conteste les risques associés à cette décision et met en garde contre une possible aggravation de la répression. L’organisation estime que la réintroduction de la peine de mort pourrait intimider les détracteurs du régime militaire et réduire davantage l’espace accordé à la contestation.
Cette inquiétude intervient dans un climat où, selon des organisations internationales de défense des droits humains, des journalistes, des magistrats et d’autres personnalités critiques ont été victimes d’enlèvements. Certains auraient également été contraints de rejoindre les rangs engagés dans la lutte contre les groupes jihadistes.
Pour HRW, le recours à la peine capitale soulève aussi la question des erreurs judiciaires, dont les conséquences seraient irréparables en cas d’exécution d’une personne injustement condamnée.
Depuis une dizaine d’années, le Burkina Faso fait face à une grave crise sécuritaire. Des groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique y mènent des attaques meurtrières, responsables de milliers de morts et du déplacement de nombreuses populations.
Quatre méthodes d’exécution autorisées
Le Code pénal révisé prévoit quatre procédés pour appliquer les condamnations à mort : la fusillade, l’injection létale, la pendaison et l’électrocution.
La responsabilité de choisir la méthode ainsi que le lieu de l’exécution revient au ministre de la Justice. Le texte autorise également la tenue d’exécutions publiques. Une disposition particulière concerne les femmes enceintes : lorsqu’une grossesse est médicalement établie, l’application de la peine est reportée jusqu’après l’accouchement.
Une rupture avec l’abolition de 2018
La décision marque un changement important dans la politique pénale du Burkina Faso, qui avait supprimé la peine de mort de son arsenal juridique en 2018.
D’après les données d’Amnesty International, la dernière exécution recensée dans le pays remonte à 1988. Le rétablissement de cette sanction ouvre ainsi une nouvelle page dans le débat sur la justice, la sécurité et le respect des droits fondamentaux au Burkina Faso.
