Cameroun : Une attaque nocturne fait 15 morts à Madegoua dans l’Extrême-Nord, les soupçons se tournent vers l’Iswap
Une nouvelle attaque d’une rare violence vient d’endeuiller l’Extrême-Nord du Cameroun. Quinze personnes ont en effet, perdu la vie et trois autres ont été blessées au cours d’une incursion survenue dans la nuit du 16 au 17 septembre dans le village de Madegoua, situé dans le département du Logone-et-Chari.

Un véhicule appartenant au groupe djihadiste Etat Islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) / VOA
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Les faits se sont déroulés aux environs de 2 heures du matin. D’après plusieurs témoignages recueillis auprès de sources locales, un groupe d’hommes lourdement armés a pénétré dans la localité avant de s’en prendre à plusieurs habitants. Des hommes auraient été sélectionnés au cours de l’opération, immobilisés puis tués.
L’intervention des assaillants aurait duré plus d’une heure. Aucun affrontement avec les forces de sécurité n’aurait été signalé pendant leur présence dans le village. Cette absence de réaction alimente les interrogations dans la population, notamment en raison de la proximité d’une position avancée de l’armée, située à quelques kilomètres seulement de Madegoua.
Les soupçons se portent sur les groupes jihadistes
Pour l’heure, aucune organisation n’a officiellement revendiqué l’attaque. Toutefois, la piste de l’État islamique en Afrique de l’Ouest, plus connu sous l’acronyme Iswap, est évoquée par un analyste cité par Reuters.
La région de l’Extrême-Nord camerounais demeure régulièrement exposée aux incursions de groupes jihadistes opérant dans le bassin du lac Tchad. La proximité du Nigeria et du Tchad constitue notamment un facteur de vulnérabilité pour les populations vivant dans cette zone.
Selon des sources policières, le bilan enregistré à Madegoua ferait de cette attaque l’une des plus meurtrières contre des civils dans cette partie du Cameroun depuis plusieurs années, avec un niveau de pertes qui n’aurait pas été atteint depuis 2018.
Une possible opération de représailles
Une autre hypothèse est également examinée pour tenter de comprendre les motivations des assaillants. Des sources locales évoquent une éventuelle opération punitive visant le village.
Cette piste serait liée à la découverte récente d’un important lot de munitions. Celui-ci aurait été retrouvé dans la zone puis remis aux autorités par des membres d’un comité de vigilance local.
Dans un contexte où les groupes armés cherchent à maintenir leur influence et à contrôler certaines zones du bassin du lac Tchad, cette saisie pourrait avoir constitué, selon cette hypothèse, un motif de représailles.
L’attaque de Madegoua ravive ainsi les inquiétudes concernant la sécurité des populations de l’Extrême-Nord, régulièrement confrontées aux violences liées à l’insurrection jihadiste. Les circonstances exactes de l’opération, l’identité de ses auteurs et leurs motivations restent toutefois à établir officiellement.
