Chargement des indices boursiers africains...
Nom de votre média

Candidature à l’ONU: Bassirou Diomaye Faye assume son soutien à Macky Sall et affiche ses ambitions pour la CEDEAO

À New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé son soutien à la candidature de son prédécesseur Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU. Il a également affiché sa volonté de contribuer, à la tête de la CEDEAO, au rapprochement entre l’organisation régionale et les pays de l’Alliance des États du Sahel

Par Thomas Biakpa
Publié le 25 septembre 2026
Lecture : 5 min
Candidature à l’ONU: Bassirou Diomaye Faye assume son soutien à Macky Sall et affiche ses ambitions pour la CEDEAO

Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye à la tribune de l’ONU / Reuters

Publicité

Format Pavé

300 x 250 px

Bassirou Diomaye Faye veut croire aux chances de Macky Sall. Interrogé par RFI et France 24, jeudi 24 septembre à New York, le président sénégalais a défendu avec vigueur la candidature de son prédécesseur à la succession d’Antonio Guterres à la tête des Nations unies.

Alors que plusieurs observateurs considèrent les chances de l’ancien président sénégalais comme limitées, Bassirou Diomaye Faye refuse de céder au pessimisme. « Les jeux restent ouverts », a-t-il affirmé, soulignant que la décision dépendra notamment des membres permanents du Conseil de sécurité.

Mais au-delà des chances de succès, le chef de l’État sénégalais insiste surtout sur le profil de Macky Sall. Pour lui, l’ancien président dispose d’une expérience et d’une légitimité particulières pour porter les revendications du continent africain sur la scène internationale.

« Qui de mieux aujourd’hui pour défendre une meilleure place de l’Afrique que le président Macky Sall ? », a lancé Bassirou Diomaye Faye. Il voit également en son prédécesseur un interlocuteur crédible pour défendre la réforme de l’architecture financière internationale, un dossier particulièrement sensible pour les pays du Sud.

Cette prise de position revêt une dimension particulière au regard de l’histoire politique récente du Sénégal. Bassirou Diomaye Faye et Macky Sall appartiennent à deux camps qui se sont longtemps affrontés. Le président sénégalais assume néanmoins aujourd’hui un soutien présenté comme relevant avant tout de l’intérêt du Sénégal et de la représentation africaine au sein des institutions internationales.

Faire entendre la voix de l’Afrique à l’ONU

Le président sénégalais a réaffirmé son soutien à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU/BBC News

Le plaidoyer en faveur de Macky Sall s’inscrit dans une vision plus large défendue par Bassirou Diomaye Faye : celle d’une réforme en profondeur du système multilatéral.

Le président sénégalais estime que l’ONU demeure indispensable malgré les critiques dont elle fait l’objet. Il plaide notamment pour une meilleure représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité, avec l’attribution d’un siège permanent au continent.

Pour Bassirou Diomaye Faye, cette réforme devient d’autant plus urgente que le poids démographique et politique de l’Afrique ne cesse de progresser. Il entend donc utiliser les différentes tribunes internationales pour défendre un multilatéralisme rénové, capable, selon lui, de mieux prendre en compte les intérêts du continent.

La CEDEAO, autre terrain diplomatique

À l’échelle régionale, le président sénégalais entend également jouer un rôle actif. Depuis quelques semaines, Bassirou Diomaye Faye préside la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), une organisation profondément fragilisée par le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel.

Son premier déplacement en tant que président en exercice de l’organisation l’a conduit au Mali. Un choix qui traduit l’importance qu’il accorde au dialogue avec les pays de l’AES, alors que les relations avec la CEDEAO restent marquées par de profondes divergences politiques et institutionnelles.

Interrogé sur la possibilité de se rendre également au Burkina Faso et au Niger, Bassirou Diomaye Faye n’a fermé aucune porte. « Je n’ai pas de frontières en tant qu’Africain », a-t-il déclaré, estimant pouvoir se rendre dans tout pays de la région « selon les besoins et les disponibilités ».

Le chef de l’État sénégalais ne détaille pas encore une feuille de route précise pour ces éventuelles visites. Mais ses propos dessinent une approche fondée sur le dialogue et la proximité entre États ouest-africains, au moment où la CEDEAO cherche à préserver son unité et à maintenir des canaux de discussion avec les pays de l’AES.

Réconcilier une région divisée

La question du retour du Mali, du Burkina Faso et du Niger dans le giron de la CEDEAO constitue l’un des principaux dossiers auxquels est confrontée l’organisation régionale. Les trois pays ont officiellement quitté la communauté après plusieurs années de tensions liées notamment aux sanctions imposées après les coups d’État militaires.

Dans ce contexte, la présidence sénégalaise de la CEDEAO intervient à un moment charnière. Bassirou Diomaye Faye se présente comme un défenseur du dialogue avec les pays voisins, sans pour autant remettre en cause les mécanismes et les responsabilités de l’organisation régionale.

Cette posture s’inscrit également dans son discours plus général sur le rôle du Sénégal en Afrique. À New York, le président a rappelé que les menaces sécuritaires, notamment le terrorisme, ne connaissent pas de frontières. La situation au Mali et dans le Sahel, a-t-il souligné, concerne donc directement le Sénégal.

Dakar dit avoir renforcé sa coopération sécuritaire avec les pays voisins, notamment à travers l’échange de renseignements et des patrouilles communes.

De Dakar à New York, une même ligne diplomatique

À travers ses prises de position sur Macky Sall comme sur la CEDEAO, Bassirou Diomaye Faye cherche à inscrire la diplomatie sénégalaise dans une logique de défense des intérêts africains et de dialogue régional.

À l’ONU, il soutient la candidature d’un ancien président sénégalais à un poste international majeur et plaide pour une représentation accrue de l’Afrique. À la tête de la CEDEAO, il met en avant le dialogue avec des États membres qui ont rompu avec l’organisation.

Deux dossiers distincts, mais qui renvoient à une même ambition affichée par le président sénégalais : faire du Sénégal un acteur actif dans les débats sur la réforme du multilatéralisme et dans la recomposition des relations politiques en Afrique de l’Ouest.