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Côte d’Ivoire : Cacao, le SNT trace 50 085 tonnes en deux semaines

Le Système national de traçabilité a enregistré les achats de 770 coopératives et acheteurs agréés auprès de 70 525 producteurs entre le 7 et le 20 septembre. Le volume est encourageant mais la fiabilité de la chaîne complète reste le véritable enjeu pour les opérateurs.

Par la Rédaction
Publié le 28 septembre 2026
Lecture : 3 min
Côte d’Ivoire : Cacao, le SNT trace 50 085 tonnes en deux semaines

Scannage du code-barres d’un sac de cacao à l’aide d’un terminal mobile (PDA Sunmi V2s) connecté au Système national de traçabilité en Côte d’Ivoire.

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Le nouveau dispositif de suivi du cacao ivoirien a livré ses premiers chiffres de campagne. Entre le 7 et le 20 septembre, 50 085 tonnes de fèves ont été achetées à travers le Système national de traçabilité, selon un communiqué du Conseil du Café-Cacao diffusé le 23 septembre. Ces transactions ont impliqué 770 coopératives et acheteurs agréés ainsi que 70 525 producteurs. Pour une période habituellement calme dans les zones de production, le démarrage est significatif.

La chaîne portuaire commence elle aussi à être renseignée. Sur la même période, 1 032 connaissements représentant 40 947 tonnes attendues ont été validés par 40 exportateurs. Au 20 septembre, 21 467 tonnes avaient effectivement été déchargées et réceptionnées dans les ports d’Abidjan et de San Pedro, contre 14 165 tonnes un an plus tôt. L’écart atteint 7 302 tonnes, soit une hausse de 51,6 %.

Ces volumes montrent que l’outil est utilisé. Ils ne suffisent pas encore à prouver que chaque lot peut être suivi sans rupture depuis la parcelle jusqu’à l’exportation. La qualité d’un système de traçabilité repose sur la concordance des identités, des poids, des lieux d’origine, des paiements et des mouvements physiques. Un lot enregistré deux fois, une carte prêtée ou une pesée mal saisie peuvent produire une base abondante mais peu fiable. Les contrôles et rapprochements seront donc aussi importants que le tonnage.

Pour les coopératives et les acheteurs, la transition modifie l’organisation quotidienne. Il faut des agents formés, des équipements disponibles, une connexion suffisante et une procédure de secours lorsque le réseau tombe. La campagne exige aussi des financements en temps utile : le Conseil du Café-Cacao prévoit une accélération avec la mise à disposition des crédits de campagne par les banques. Un bon système numérique ne compense pas un retard de trésorerie qui bloque les achats.

Le producteur doit rester au centre du dispositif. Il doit pouvoir vérifier la quantité enregistrée, le prix appliqué et l’identité de l’acheteur, puis signaler rapidement une erreur. Une procédure de réclamation mesurable et des délais de correction seront nécessaires pour installer la confiance. La carte du producteur ne doit pas seulement servir de clé informatique ; elle doit sécuriser la transaction et rendre plus difficile l’achat par des circuits non agréés.

L’objectif affiché est un cacao ivoirien entièrement traçable, notamment face aux exigences européennes. Le premier bilan est encourageant parce qu’il documente déjà des acteurs, des volumes et des mouvements portuaires. La prochaine étape consistera à publier le taux de couverture de la récolte, les anomalies détectées, les délais de correction et la part des lots suivis jusqu’au client final. C’est cette preuve continue, plus que le nombre d’inscriptions, qui donnera au cacao ivoirien son avantage commercial.