Côte d’Ivoire : La liste unique des manuels scolaires veut freiner les achats imposés
La règle nationale interdit désormais aux établissements et structures pédagogiques d’exiger des ouvrages absents de la liste officielle. Saluée cette semaine par des parents d’élèves, la mesure devra encore être contrôlée dans les écoles et accompagnée par une disponibilité réelle des livres.

Présentation des manuels scolaires officiels conformes au programme national ivoirien pour l’année 2026-2027. L’image met en avant une variété d’ouvrages didactiques (Français, Mathématiques, Sciences de la vie et de la Terre, Histoire-Géographie, Anglais) et de cahiers de vacances destinés aux niveaux CE1, CE2 et CM1. Ce panel illustre la mise en œuvre de la liste unique consolidée par le gouvernement ivoirien, visant à uniformiser les supports pédagogiques et à alléger le coût des fournitures pour les familles.
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Les familles ivoiriennes disposent d’une référence nationale pour contester les listes de fournitures trop longues. Dans une publication du 23 septembre, le gouvernement a rappelé qu’aucun établissement public ou privé, conseil d’enseignement, unité pédagogique ou structure locale ne peut imposer un manuel ou un support absent de la liste unique retenue pour 2026-2027. Des représentants de parents d’élèves ont salué une mesure conçue pour limiter les achats multiples ou injustifiés.
La liste corrigée et consolidée découle de la circulaire modificative du 13 août, qui abroge celle du 3 juillet. Elle couvre le préscolaire, le primaire et le secondaire général et doit stabiliser les prescriptions, garantir la conformité aux programmes officiels et préparer une transition progressive vers un manuel unique. Le principe est simple : un même niveau et une même discipline ne doivent plus donner lieu à une multiplication locale de références payées par les familles.
Cette réforme s’ajoute à la distribution annoncée de 5 421 200 kits scolaires, commencée le 2 septembre, et au dispositif de prêt-location BONAMAS dans le premier cycle du secondaire. Ces outils ne ciblent pas exactement les mêmes dépenses, mais ils poursuivent un objectif commun : réduire le coût d’entrée à l’école. Pour une famille ayant plusieurs enfants, la différence entre une liste stable et des demandes successives en cours d’année peut être substantielle.
L’application sera plus difficile que l’édiction de la règle. Une école peut respecter la liste officielle tout en ajoutant des cahiers d’exercices, fascicules ou photocopies présentés comme indispensables. Les parents doivent donc savoir précisément quels supports sont obligatoires, recommandés ou facultatifs. Un canal de signalement simple, avec preuve de la demande et réponse de l’administration, aiderait à traiter les écarts sans placer les familles en conflit direct avec l’établissement de leur enfant.
La disponibilité constitue l’autre risque. Une référence unique peut provoquer des pénuries si l’impression, la distribution ou le réassort sont mal anticipés. Le ministère et les éditeurs devront suivre les stocks par région, publier les points de vente et empêcher que la rareté ne fasse monter les prix. Il faudra également organiser une procédure de correction lorsqu’un ouvrage comporte une erreur ou lorsque le programme évolue, sans recréer une nouvelle liste au milieu de l’année.
Le succès de la liste unique se mesurera dans le budget réel des ménages et dans l’accès des élèves aux supports, pas seulement dans la conformité administrative des circulaires. Un bilan après le premier trimestre pourrait comparer les dépenses déclarées par les familles, les plaintes reçues, les pénuries et le nombre d’établissements contrôlés. Ce suivi permettrait de corriger rapidement les contournements et de transformer une mesure bien accueillie en réduction durable du coût de la scolarité.
