Côte d’Ivoire : UK Export Finance ouvre une voie de financement aux entreprises ivoiriennes
Présentées mercredi à la CGECI, les garanties et crédits acheteurs de l’agence britannique peuvent soutenir des projets ivoiriens intégrant des biens ou services du Royaume Uni. Ce financement reste lié à des contrats bancables et ne doit pas être confondu avec une subvention.

Intervention de Paul-Harry Aithnard, Directeur Général d’Ecobank Côte d’Ivoire (à droite), aux côtés de représentants de UK Export Finance (UKEF) lors du forum d’information pour les entreprises ivoiriennes.
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Les entreprises ivoiriennes disposent d’un nouveau point d’entrée vers le financement export britannique. Le 23 septembre à Abidjan, UK Export Finance, la CGECI et l’ambassade du Royaume-Uni ont présenté aux dirigeants d’entreprise des solutions de crédit à long terme, de garantie et de crédit acheteur. UKEF est l’agence publique de crédit à l’exportation du Royaume-Uni : son intervention vise à permettre à un exportateur britannique de vendre lorsque le financement privé ne suffit pas à boucler une opération viable.
Selon les explications relayées par la CGECI, une société ivoirienne qui achète des équipements comprenant au moins 20 % de contenu d’origine britannique peut examiner un montage avec sa banque et UKEF. La présence d’un responsable régional basé à Abidjan doit faciliter les échanges en amont. Ce critère ouvre des possibilités pour des investissements industriels ou d’infrastructure, mais il lie le financement à une part de fournitures ou de services britanniques.
Il ne s’agit ni d’un guichet de subvention ni d’une enveloppe librement utilisable. Un crédit acheteur finance un contrat identifié et l’agence partage une partie du risque avec les prêteurs. Le projet doit donc démontrer sa capacité de remboursement, la qualité de l’acheteur, la conformité des fournisseurs et la solidité juridique du contrat. Le montant, la durée, la devise et les garanties seront négociés dossier par dossier. Une entreprise fragile ne devient pas bancable par la seule présence d’UKEF.
Pour les sociétés ivoiriennes, l’intérêt peut résider dans des maturités plus longues que celles disponibles pour certains achats d’équipements. Elles devront cependant calculer le coût total, y compris les primes, les frais, la couverture de change et la maintenance. Un prêt en devise peut sembler moins cher mais devenir plus lourd si les revenus du projet sont en francs CFA et que la monnaie de remboursement s’apprécie. Le choix du fournisseur doit également rester guidé par la performance technique et le service après-vente.
Le montage peut produire davantage de valeur locale s’il inclut installation, formation, pièces de rechange et transfert de compétences. Sans ces éléments, le projet risque de financer surtout une importation. Les entreprises peuvent négocier des obligations de disponibilité, des niveaux de performance et un accompagnement des équipes ivoiriennes. Les banques locales ont, elles, intérêt à être associées tôt pour vérifier les flux, les sûretés et les risques réglementaires.
Le forum de la CGECI crée donc une possibilité, pas encore un portefeuille de projets. La suite se mesurera au nombre de dossiers structurés, aux contrats effectivement financés et à la part de valeur produite en Côte d’Ivoire. En publiant des critères simples et des exemples de montages, UKEF et les organisations patronales peuvent aider les entreprises à distinguer les projets éligibles des demandes qui relèvent plutôt d’un financement bancaire ordinaire.
