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Ebola en RDC: La communauté internationale mobilise 2,6 milliards de dollars pour renforcer la riposte

Réunis à New York pour faire le point sur la riposte contre Ebola en RDC, les pays du G20 ont annoncé environ 2,6 milliards de dollars d’engagements. Ces fonds doivent renforcer la prise en charge des malades, la vaccination, la surveillance épidémiologique et les interventions communautaires, alors que les besoins restent importants sur le terrain.

Par Thomas Biakpa
Publié le 25 septembre 2026
Lecture : 4 min
Ebola en RDC: La communauté internationale mobilise 2,6 milliards de dollars pour renforcer la riposte

Un homme se faisant vacciner contre le virus Ebola à Goma, en République démocratique du Congo, le 17 juillet.dernier/ Reuters

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La lutte contre Ebola vient de franchir une nouvelle étape sur le plan financier. Réunis à New York autour de la réponse à l’épidémie, les pays du G20 ont annoncé environ 2,6 milliards de dollars d’engagements supplémentaires, dépassant ainsi les attentes initiales fixées à près de deux milliards.

L’annonce a été faite par Jean Kaseya, directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Pour les acteurs engagés dans la riposte, ces nouveaux financements doivent permettre d’intensifier les opérations de terrain et de répondre aux besoins urgents dans les zones touchées.
Washington et Tokyo annoncent de nouvelles contributions

Les États-Unis figurent parmi les principaux contributeurs. Washington a annoncé une enveloppe supplémentaire de 267 millions de dollars.

D’après le Département d’État américain, le soutien direct des États-Unis à la lutte contre Ebola atteint désormais 887 millions de dollars.

Une partie de ces ressources doit servir à renforcer les capacités de prise en charge des malades. Elles financeront notamment les unités de traitement, les équipes chargées des enterrements dignes et sécurisés, les équipements de protection, mais aussi les opérations de surveillance épidémiologique et de recherche des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés.

Le Japon a également annoncé une contribution supplémentaire de 5 millions de dollars destinée à la République démocratique du Congo et à l’Ouganda.
Les financements annoncés doivent également soutenir les activités de santé publique, l’assainissement ainsi que le contrôle aux frontières, des secteurs considérés comme essentiels pour limiter la propagation du virus.

Sur le terrain, les besoins restent importants

Malgré cette mobilisation internationale, la situation demeure préoccupante dans certaines zones de l’est de la RDC. Jean Kaseya plaide notamment pour une réponse davantage organisée autour des communautés et des villages, ainsi que pour un renforcement de la prise en charge des patients et de l’accès aux vaccins et aux traitements.

Un rapport publié le 21 septembre illustre l’ampleur des difficultés. Dans le Nord-Kivu, 64 des 338 patients hospitalisés étaient alors pris en charge dans des structures ne répondant pas aux normes requises. À Butembo et Katwa, aucun lit n’était disponible dans deux centres de santé de la province.

Le manque de moyens concerne également les personnels mobilisés dans la lutte contre la maladie. Le rapport fait état d’acteurs communautaires qui n’avaient toujours pas reçu leur rémunération depuis plus de quatre mois.

Des lacunes persistent aussi dans le financement de la vaccination et de la recherche
Africa CDC avait par ailleurs alerté, lors d’un briefing tenu le 17 septembre, sur plusieurs déficits budgétaires. Il manquait notamment 11 millions de dollars pour deux protocoles liés au vaccin Ervebo, ainsi que 3,6 millions de dollars nécessaires à l’essai clinique de phase 3 Solidarity.

Pour Jean Kaseya, l’enjeu ne consiste donc pas seulement à mobiliser davantage d’argent. Il faut également s’assurer que les ressources atteignent rapidement les structures et les communautés qui en ont besoin. Le responsable d’Africa CDC insiste ainsi sur la nécessité de garantir un suivi précis de l’utilisation des fonds.

Une épidémie particulièrement meurtrière en RDC

La République démocratique du Congo fait actuellement face à sa 17e épidémie d’Ebola. Déclarée officiellement à la mi-mai après son apparition en Ituri, elle est devenue, en quelques mois, l’épidémie la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays.

Selon le dernier bilan de l’Institut national de santé publique congolais (INSP), l’épidémie a déjà fait 3 759 morts et contaminé 7 773 personnes.

Face à cette situation, les nouveaux engagements financiers annoncés à New York doivent désormais être transformés en moyens opérationnels sur le terrain : davantage de capacités d’accueil, des équipes mieux soutenues, un accès renforcé aux vaccins et aux traitements et une surveillance accrue de la propagation du virus.