Ebola en RDC : La France débloque 7 millions d’euros supplémentaires pour intensifier la riposte
Face à une épidémie d’Ebola qui a déjà fait plus de 4 000 morts en République démocratique du Congo (RDC), la France annonce un renforcement de son aide. Paris prévoit de débloquer 7 millions d’euros supplémentaires cette année, portant à 23 millions d’euros sa contribution à la lutte contre la maladie

La France va renforcer son financement de la lutte contre Ebola en RDC face aux craintes d’une résurgence de l’épidémie/ AP
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La France veut maintenir la pression face à l’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC). Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé le renforcement de l’engagement financier de Paris alors que la maladie continue de mettre à rude épreuve le système sanitaire congolais.
Au total, 7 millions d’euros supplémentaires doivent être mobilisés cette année, portant à 23 millions d’euros la contribution française consacrée à la riposte contre Ebola en RDC.
Cette annonce intervient au terme d’une visite de Jean-Noël Barrot en RDC, où le chef de la diplomatie française s’est notamment rendu à Bunia, dans la province de l’Ituri, considérée comme l’épicentre de l’épidémie et l’un des principaux centres de coordination de la riposte.
Une épidémie d’une ampleur exceptionnelle

La flambée actuelle est particulièrement préoccupante. Selon les autorités congolaises et les données communiquées par le ministre français lors de sa visite, plus de 8 000 cas ont été enregistrés et environ 4 000 décès recensés, faisant de cette dix-septième épidémie d’Ebola en RDC, la plus meurtrière jamais connue dans le pays. Jean-Noël Barrot a également souligné qu’environ un quart des victimes étaient des enfants de moins de cinq ans.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) fait état, de son côté, d’une propagation de l’épidémie à plusieurs provinces et zones de santé. Fin septembre, l’organisation indiquait que le virus avait touché sept provinces et 63 zones de santé, avec 7 773 cas et 3 759 décès enregistrés à cette date. La surveillance et la détection précoce des cas constituent désormais des éléments essentiels de la stratégie de riposte.
La situation reste toutefois évolutive. Dans sa mise à jour la plus récente, l’OMS faisait état de 1 133 nouveaux cas confirmés et 532 décès supplémentaires depuis son précédent rapport du 11 septembre, tout en relevant une baisse de la moyenne des nouvelles contaminations au cours des derniers jours.
L’organisation souligne néanmoins d’importantes disparités entre les zones touchées.
Paris veut éviter une nouvelle résurgence
Pour la France, le renforcement de l’aide répond à un double impératif : soutenir les populations congolaises et empêcher que l’épidémie ne puisse reprendre de l’ampleur.
À Bunia, Jean-Noël Barrot a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts jusqu’à l’arrêt complet de la transmission. Selon lui, une épidémie contenue peut rapidement repartir si la surveillance, la prise en charge des malades, le suivi des contacts et les autres dispositifs de prévention sont relâchés.
Le ministre français défend ainsi une approche fondée sur la lutte contre les épidémies à leur source, estimant que les virus ne connaissent pas les frontières. Paris considère donc que l’aide apportée à la RDC participe également à la protection sanitaire internationale.
La France avait déjà consacré plusieurs millions d’euros à la réponse contre Ebola en 2026. Selon Reuters, 13,4 millions d’euros avaient été engagés entre janvier et juillet, notamment pour l’aide humanitaire, la recherche médicale et le programme PRISME. Le nouvel effort annoncé doit permettre de prolonger cette mobilisation.
La surveillance au cœur de la riposte
Sur le terrain, l’un des principaux défis consiste à détecter rapidement les nouveaux cas et à identifier les personnes ayant été en contact avec les malades.
L’OMS souligne à ce titre le rôle déterminant des équipes de surveillance et des relais communautaires.
À la mi-septembre, 680 relais communautaires étaient déjà déployés dans 17 zones de santé, avec l’objectif d’augmenter considérablement leur nombre, afin d’améliorer la détection des alertes et le suivi des contacts.
Cette dimension est d’autant plus importante que la lutte contre Ebola ne repose pas uniquement sur les structures médicales. Elle dépend aussi de la confiance des populations, de l’acceptation du dépistage et de la prise en charge des personnes infectées, ainsi que de la capacité des équipes sanitaires à intervenir rapidement dans les communautés.
Un combat mené dans un contexte sécuritaire difficile
La riposte sanitaire se déroule par ailleurs dans une région déjà fragilisée par des années de violences armées, de déplacements de populations et de crises humanitaires.
L’Ituri, où se trouve Bunia, cumule ainsi plusieurs vulnérabilités qui compliquent le travail des personnels de santé et des organisations humanitaires.
La lutte contre Ebola s’ajoute à d’autres urgences auxquelles les populations doivent faire face.
Lors de sa visite, Jean-Noël Barrot a d’ailleurs associé la question sanitaire aux autres enjeux humanitaires de l’est de la RDC. Le ministre français a notamment rencontré des acteurs engagés dans l’accompagnement des femmes victimes de violences sexuelles liées au conflit.
La France mise aussi sur la recherche et la coopération

Au-delà du financement de la réponse d’urgence, Paris entend inscrire son action dans une coopération sanitaire de plus long terme avec la RDC.
Jean-Noël Barrot a rappelé le rôle de la coopération entre les institutions françaises de recherche et l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de RDC, notamment dans les domaines de la vaccination, de la recherche et de la prise en charge de la maladie.
Il a également cité le programme PRISME, lancé en 2023 à l’initiative du président Emmanuel Macron et développé avec l’expertise du professeur Jean-Jacques Muyembe, figure majeure de la lutte contre Ebola en RDC.
L’objectif affiché est de consolider les capacités locales, afin que les autorités puissent détecter plus rapidement les foyers, contenir la transmission et éviter que les flambées ne se transforment en crises régionales ou internationales.
Un soutien qui dépasse la seule RDC
Avec cette enveloppe supplémentaire de 7 millions d’euros, la France entend donc maintenir son soutien à la RDC au moment où l’épidémie demeure particulièrement meurtrière.
L’enjeu dépasse toutefois les frontières congolaises. La dynamique actuelle rappelle qu’en matière d’épidémies, une amélioration de la situation ne signifie pas nécessairement la fin du danger. La surveillance doit rester active et les moyens de riposte disponibles jusqu’à ce que la transmission soit durablement interrompue.
Pour Paris, le message est clair : investir dans la lutte contre Ebola en RDC, c’est à la fois répondre à une urgence humanitaire et renforcer la sécurité sanitaire internationale. Dans un pays où l’épidémie a déjà franchi le seuil des 4 000 morts, le défi consiste désormais à transformer les progrès enregistrés dans la riposte en une véritable extinction de la chaîne de transmission.
Les données de l’OMS et les déclarations officielles permettent notamment de replacer l’annonce financière dans son contexte. L’épidémie reste extrêmement meurtrière, mais les efforts de surveillance et de riposte ont permis d’en limiter l’expansion.
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