Égypte-Éthiopie : Nouvelle escalade entre le Caire et Addis-Abeba, un diplomate expulsé de part et d’autre
Les relations entre l’Égypte et l’Éthiopie connaissent un nouvel accès de tension. Le Caire a expulsé un diplomate éthiopien, en réponse à une mesure similaire prise quelques jours plus tôt par Addis-Abeba, sur fond de différends persistants autour du Nil et de tensions croissantes dans la Corne de l’Afrique.

Le barrage du Nil est au cœur du différend entre le Caire et Addis-Abeba/ Wikimedia
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La crise diplomatique entre l’Égypte et l’Éthiopie connaît un nouvel épisode. Le Caire a décidé d’expulser un diplomate éthiopien, déclaré persona non grata, et lui a accordé un délai de 48 heures pour quitter le territoire égyptien. Cette décision intervient peu après une mesure similaire prise par Addis-Abeba à l’encontre d’un représentant diplomatique égyptien.
La décision éthiopienne, annoncée jeudi dans une note verbale relayée par le média public EBC, ne précisait pas les raisons ayant conduit à l’expulsion du diplomate égyptien. En réaction, une source officielle égyptienne citée par Al-Qahera News a dénoncé une décision jugée « regrettable et injustifiée ».
Le Caire a toutefois choisi de ne pas en rester là. Les autorités égyptiennes ont décidé d’appliquer une mesure équivalente à l’encontre d’un diplomate éthiopien, invoquant le principe de réciprocité qui régit les relations diplomatiques entre États.
Le barrage du Nil au cœur des différends

Cette nouvelle confrontation intervient dans un contexte déjà marqué par de profondes divergences entre les deux pays. Depuis plusieurs années, la construction par l’Éthiopie du Grand barrage de la Renaissance (GERD), sur le Nil Bleu, constitue l’un des principaux sujets de désaccord entre Addis-Abeba et Le Caire.
L’Égypte redoute que le fonctionnement du barrage n’affecte la quantité d’eau dont elle dispose, le Nil représentant une ressource essentielle pour le pays. L’Éthiopie, de son côté, défend le projet comme un instrument majeur de développement et de production énergétique.
À ces désaccords s’ajoutent désormais des accusations liées à la situation sécuritaire dans la région. Addis-Abeba a récemment accusé l’Égypte, le Soudan et l’Érythrée d’apporter leur soutien au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), engagé dans un conflit avec les autorités fédérales éthiopiennes. Le Soudan a rejeté ces accusations, tandis que l’Égypte n’a pas officiellement répondu à ces déclarations.
Une nouvelle fracture dans la Corne de l’Afrique
L’échange d’expulsions diplomatiques intervient par ailleurs dans une période de fortes turbulences dans la Corne de l’Afrique. L’Éthiopie et l’Érythrée ont annoncé jeudi la rupture de leurs relations diplomatiques, chacune accusant l’autre de contribuer à l’instabilité et aux conflits internes.
La succession de ces développements illustre la fragilité des relations entre plusieurs États de la région. Entre différends liés aux ressources en eau, rivalités diplomatiques et tensions sécuritaires, les rapports de force autour de la Corne de l’Afrique demeurent particulièrement sensibles.
