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Égypte : La Banque du Caire ouvre davantage son capital aux investisseurs et récolte 585 millions d’euros

La Banque du Caire a mobilisé 585,4 millions d’euros grâce à la cession de 45 % de son capital en Bourse. Une opération majeure qui s’inscrit dans la stratégie égyptienne de privatisation partielle et d’ouverture de l’économie aux investisseurs privés.

Par Thomas Biakpa
Publié le 3 novembre 2026
Lecture : 3 min
Égypte : La Banque du Caire ouvre davantage son capital aux investisseurs et récolte 585 millions d’euros

La Banque du Caire a récolté 585,4 millions d’euros suite à la cession de 45% de son capital en bourse / bloomberg

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Le secteur bancaire égyptien connaît une nouvelle évolution avec l’ouverture du capital de la Banque du Caire aux investisseurs. L’opération, qui marque une étape importante dans la stratégie de désengagement progressif de l’État de certaines activités économiques, a permis de mobiliser 36,37 milliards de livres égyptiennes, correspondant à près de 585,4 millions d’euros. Cette introduction en Bourse figure parmi les transactions financières majeures enregistrées récemment sur le marché égyptien.

Une participation de 45 % désormais accessible au marché

À l’occasion de cette opération, la Banque Misr, principal actionnaire de la Banque du Caire, a procédé à la cession de 6,86 milliards d’actions, représentant 45 % du capital de l’établissement. Chaque titre a été proposé au prix de 5,30 livres égyptiennes. Sur cette base, la valeur globale de la banque est estimée à plus de 1,3 milliard d’euros.

Créée en 1952, la Banque du Caire occupe la troisième place parmi les établissements bancaires publics du pays. Son entrée sur le marché boursier constitue ainsi une étape significative dans la politique économique menée par les autorités égyptiennes, qui cherchent à attirer davantage de capitaux privés dans les entreprises jusqu’ici contrôlées par l’État.

Le Caire accélère son programme de cessions d’actifs publics

Cette ouverture du capital s’inscrit dans un vaste chantier de réorganisation de l’économie égyptienne. Les autorités entendent notamment réduire la participation directe de l’État dans plusieurs secteurs et favoriser une implication accrue des investisseurs privés.

Cette orientation figure parmi les engagements pris par le gouvernement dans le cadre de son programme de réformes économiques, soutenu par le Fonds monétaire international (FMI). L’exécutif prévoit notamment de transférer une partie de ses participations dans plus de 30 entreprises publiques.

La dynamique se poursuit également sur le marché financier. En juin dernier, quatre sociétés publiques avaient franchi une première étape administrative en obtenant un accord préliminaire pour préparer leur éventuelle cotation en Bourse, avec un calendrier fixé à mai 2027 au plus tard.

À la suite de l’opération concernant la Banque du Caire, le Premier ministre Moustafa Madbouly a mis en avant la volonté du gouvernement de poursuivre la mise en vente de participations publiques. Il estime que cette démarche doit permettre de mieux valoriser les actifs détenus par l’État tout en élargissant la place du secteur privé dans l’économie nationale.

Des institutions financières internationales parmi les nouveaux actionnaires

L’opération a également attiré l’attention de plusieurs acteurs financiers internationaux. Parmi les investisseurs figurent notamment la Société financière internationale (IFC), institution du Groupe de la Banque mondiale spécialisée dans le financement du secteur privé, ainsi que la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

Cette dernière a confirmé un engagement de 100 millions de dollars, soit environ 89 millions d’euros. Cet investissement lui donne accès à 6,9 % du capital de la Banque du Caire.
Pour le directeur général de l’établissement, Hussein Abaza, cette introduction en Bourse concrétise un projet envisagé depuis plus de deux décennies.

Sa réalisation a longtemps été repoussée en raison de plusieurs événements internationaux, notamment la pandémie de Covid-19 et les conflits en Ukraine et dans la bande de Gaza.

Avec cette transaction, les autorités égyptiennes franchissent une nouvelle étape dans leur programme de privatisation partielle. L’arrivée de nouveaux investisseurs au capital de la Banque du Caire illustre également l’intérêt des institutions financières internationales pour les opérations de restructuration et d’ouverture du secteur bancaire égyptien.