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En détention en Afrique du Sud : Kemi Seba compte sur son passeport nigérien pour échapper à une extradition vers le Bénin

Détenu en Afrique du Sud dans le cadre d’une procédure d’extradition vers le Bénin, Kemi Seba tente de faire valoir son passeport diplomatique nigérien. Sa défense espère ainsi obtenir la reconnaissance d’une immunité diplomatique susceptible de favoriser sa remise en liberté et de compliquer son extradition

Par Thomas Biakpa
Publié le 25 septembre 2026
Lecture : 4 min
En détention en Afrique du Sud : Kemi Seba compte sur son passeport nigérien pour échapper à une extradition vers le Bénin

Le panafricaniste Kemi Seba, toujours en détention en Afrique du Sud/AFP

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Le dossier judiciaire de Kemi Seba connaît un nouveau report en Afrique du Sud. Détenu depuis plusieurs mois à Pretoria, l’activiste béninois, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, cherche à empêcher son extradition vers le Bénin, où il fait l’objet de poursuites judiciaires.

Réunie le 23 septembre à Pretoria, la justice sud-africaine a décidé de reporter l’examen de sa demande de mise en liberté sous caution au 6 octobre. La décision intervient alors que la défense comme le parquet avaient sollicité un nouveau délai.

Mais, derrière cette procédure, un autre enjeu se profile à savoir, la reconnaissance par les autorités sud-africaines du statut diplomatique que Kemi Seba affirme détenir au Niger.

Un passeport diplomatique nigérien au cœur de la stratégie de défense

La défense de l’activiste attend notamment un document de l’ambassade du Niger susceptible, selon elle, de confirmer son statut officiel. Kemi Seba affirme en effet avoir été nommé conseiller spécial du chef de la junte nigérienne et avoir obtenu un passeport diplomatique du Niger en 2024.

Ses avocats souhaitent s’appuyer sur ces éléments pour faire reconnaître une éventuelle immunité diplomatique en Afrique du Sud. Une telle reconnaissance pourrait constituer un argument majeur dans leur demande de remise en liberté.

Cette démarche intervient alors que Kemi Seba avait également déposé une demande d’asile en Afrique du Sud. Son maintien en détention reste toutefois lié à la procédure engagée après son arrestation.

L’extradition vers le Bénin toujours en suspens

Parallèlement à la demande de libération, les autorités sud-africaines poursuivent l’examen de la procédure d’extradition vers le Bénin. L’audience consacrée à cette question a été repoussée au 20 novembre.

Le parquet sud-africain a indiqué que la demande d’extradition avait bien été officiellement reçue. Toutefois, une étape administrative reste à franchir : l’autorisation de la ministre sud-africaine de la Justice.
Selon le parquet, cette dernière est la seule habilitée à donner le feu vert définitif à l’extradition.

Kemi Seba cherche, de son côté, à empêcher son transfert vers son pays d’origine. Les autorités béninoises le recherchent notamment pour des faits présentés comme relevant de l’apologie de crimes et du blanchiment d’argent. Il est également accusé d’avoir apporté son soutien à la tentative de coup d’État survenue au Bénin en décembre 2025.

Une arrestation après une tentative de sortie du territoire

L’affaire sud-africaine remonte au mois d’avril. Kemi Seba, son fils et un membre d’un groupe afrikaner avaient alors été arrêtés alors qu’ils tentaient de quitter l’Afrique du Sud en direction du Zimbabwe.

Les autorités leur reprochent notamment d’avoir voulu quitter le territoire alors que les visas détenus par Kemi Seba et son fils étaient arrivés à expiration. L’interpellation était intervenue dans le cadre d’une opération impliquant les autorités sud-africaines et Interpol.

Depuis, l’activiste est maintenu en détention dans l’attente de l’évolution des différentes procédures engagées à son encontre.

Très présent sur les réseaux sociaux, où il revendique environ 1,5 million d’abonnés, Kemi Seba s’est imposé ces dernières années comme l’une des figures les plus visibles du panafricanisme radical.

À travers son organisation Urgences panafricanistes, il mène régulièrement des campagnes dénonçant l’influence française en Afrique et s’oppose aux gouvernements africains considérés comme proches de Paris.

Son parcours personnel est lui aussi marqué par plusieurs évolutions administratives et politiques. Né franco-béninois, il a perdu sa nationalité française en 2024. Il dispose désormais, selon sa défense, d’un passeport diplomatique nigérien obtenu auprès des autorités issues du coup d’État de 2023.

La prochaine étape judiciaire est donc attendue le 6 octobre, avec l’examen de sa demande de liberté sous caution. Le volet consacré à son éventuelle extradition vers le Bénin doit, lui, être examiné le 20 novembre. D’ici là, la défense entend notamment obtenir du Niger les documents nécessaires pour tenter de faire reconnaître le statut diplomatique de Kemi Seba devant les autorités sud-africaines.