Éthiopie : Sept groupes armés s’unissent pour renverser Abiy Ahmed, ce qu’ils reprochent au Premier ministre éthiopien
En Éthiopie, sept mouvements armés et forces d’opposition ont annoncé la création d’une coalition visant à renverser le gouvernement d’Abiy Ahmed et à instaurer une transition politique. Une alliance inédite, malgré les profondes divergences qui opposent certains de ses membres.

Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed dans le viseur de Sept groupes armés/ Wikipédia
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Une nouvelle alliance regroupant sept mouvements armés et forces d’opposition éthiopiens vient de voir le jour. Annoncée dimanche 20 septembre, cette coalition entend unir ses forces pour mettre fin au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed et ouvrir la voie à une transition politique.
Baptisée Coalition des forces populaires éthiopiennes pour la survie, l’alliance réunit des organisations issues de plusieurs régions du pays. Parmi elles figurent notamment le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et le Mouvement national amhara des Fano, deux acteurs qui ont pourtant été opposés au cours de la guerre au Tigré.
La coalition comprend également l’Armée de libération oromo (OLA), le Front national de libération de l’Ogaden (ONLF), le Front révolutionnaire d’unité nationale afar, le Mouvement de libération du peuple benishangul ainsi que le Mouvement démocratique du peuple gumuz.
Renverser le gouvernement et instaurer une transition
Les sept organisations ont annoncé leur rapprochement dans une déclaration diffusée dimanche soir sur Tigray TV. Elles affichent deux objectifs principaux : destituer le gouvernement dirigé par Abiy Ahmed et mettre en place un gouvernement de transition présenté comme inclusif.
Zemene Kassie, président du Mouvement Fano, a adopté un ton particulièrement virulent à l’égard des autorités fédérales. Il a qualifié le pouvoir d’Addis-Abeba de « régime dictatorial et génocidaire », l’accusant de conduire le pays vers une « désintégration totale ».
Pour l’heure, aucune réaction officielle du gouvernement fédéral éthiopien n’a été rapportée après l’annonce de cette coalition.
Des adversaires historiques désormais réunis

Cette alliance constitue un rapprochement notable entre des mouvements dont les intérêts et les trajectoires ont souvent divergé. Le président du TPLF, Debretsion Gebremichael, avait d’ailleurs reconnu quelques jours auparavant que des discussions visant à rapprocher plusieurs groupes d’opposition étaient engagées.
Se prononçant sur la question, Yohannes Woldemariam, professeur de relations internationales à l’université du Colorado, le fait que ces organisations aient accepté de dépasser leurs différends représente un élément important. Selon lui, cette convergence pourrait compliquer la stratégie attribuée au Premier ministre Abiy Ahmed de « diviser pour mieux régner ».
Le chercheur estime toutefois que la création de cette coalition ne signifie pas nécessairement que ses membres seront en mesure d’agir comme une force unifiée. Malgré leur objectif commun, leurs différences politiques, territoriales et historiques pourraient rendre leur coordination particulièrement difficile.
Une alliance confrontée à de profondes divisions
Le rapprochement entre le TPLF et les Fano illustre à lui seul les difficultés auxquelles la nouvelle coalition pourrait être confrontée. Les deux camps se sont affrontés pendant la guerre au Tigré. Les tensions territoriales restent également importantes : l’ouest du Tigré est administré par la région Amhara depuis 2022.
La nouvelle coalition constitue donc un changement majeur dans le paysage des forces opposées au pouvoir fédéral, mais sa capacité à transformer cette entente en action coordonnée reste à démontrer. Son principal défi sera désormais de maintenir l’unité de groupes aux revendications, aux bases régionales et aux histoires parfois profondément antagonistes.
