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France-Tchad : Paris et N’Djamena posent les bases d’un nouveau partenariat militaire

Deux ans après la rupture de leur accord de défense, la France et le Tchad amorcent un nouveau rapprochement militaire. Réunis mardi à Paris, Emmanuel Macron et Mahamat Idriss Déby Itno ont acté la signature d’une déclaration d’intention visant à relancer leur coopération dans les domaines de la formation, de la technologie et de l’industrie de défense.

Par Thomas Biakpa
Publié le 14 octobre 2026
Lecture : 3 min
France-Tchad : Paris et N’Djamena posent les bases d’un nouveau partenariat militaire

La France et le Tchad ont signé mardi 13 octobre 2026 à Paris une déclaration d’intention visant à encadrer et relancer leur coopération bilatérale de défense /AFP

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La France et le Tchad amorcent une nouvelle phase dans leurs relations militaires, après plusieurs mois de rupture et d’incertitudes. Réunis mardi à Paris, Emmanuel Macron et Mahamat Idriss Déby Itno ont acté leur volonté de redéfinir leur collaboration dans le domaine de la défense. Une déclaration d’intention, signée par les ministres chargés de la Défense des deux pays, doit désormais servir de point de départ à cette nouvelle dynamique.

Des priorités militaires redéfinies

Cette initiative vise à donner une nouvelle orientation aux échanges entre les forces armées françaises et tchadiennes. Les deux États entendent notamment développer des programmes de formation, renforcer le partage d’expertise et explorer des possibilités de coopération dans les secteurs industriels et technologiques liés à la défense.

Le renforcement des capacités opérationnelles de l’armée tchadienne figure également parmi les objectifs affichés, avec une attention particulière portée aux domaines technologiques émergents.

À travers cette démarche, Paris souhaite inscrire ses relations avec N’Djamena dans une logique de partenariat renouvelé. Les autorités françaises mettent en avant le respect des intérêts de chaque partie et la recherche de bénéfices communs.

Toutefois, les responsables n’ont pas encore précisé les modalités pratiques de mise en œuvre de cette coopération ni les engagements concrets qui pourraient en découler.

La fin de la présence militaire française, un tournant majeur
Cette reprise des échanges intervient dans un contexte marqué par une profonde réorganisation des relations entre les deux pays. En novembre 2024, les autorités tchadiennes avaient annoncé la dénonciation de l’accord de défense avec la France, mettant ainsi un terme à plusieurs décennies de présence militaire française sur le territoire tchadien.

Cette décision avait constitué un tournant dans les relations entre Paris et N’Djamena, jusque-là liés par une coopération militaire historique.

Depuis, les deux capitales ont progressivement renoué le dialogue. Une première avancée politique avait été enregistrée en janvier, à l’occasion d’une rencontre entre les deux chefs d’État à l’Élysée. Des échanges militaires ont ensuite repris, mais en l’absence d’un nouvel instrument juridique définissant précisément leur cadre.

La déclaration signée mardi vient ainsi répondre à la nécessité de donner une assise plus claire à cette collaboration. Une source diplomatique française avait récemment souligné que la dénonciation de l’accord précédent avait laissé les deux pays sans cadre juridique formalisé pour organiser leurs relations militaires.

Un rapprochement dont les contours restent à préciser

La signature de ce document témoigne d’une volonté commune de maintenir des relations dans le domaine de la défense, malgré la rupture intervenue en 2024. Elle ne signifie cependant pas, à elle seule, le rétablissement de l’ancien dispositif militaire français au Tchad.

Les prochaines étapes devraient permettre de préciser la nature des engagements envisagés, les domaines prioritaires d’intervention et les conditions dans lesquelles les deux pays entendent travailler ensemble.

Pour Paris comme pour N’Djamena, l’enjeu consiste désormais à construire une coopération adaptée au nouveau contexte politique et stratégique, tout en tenant compte des évolutions intervenues depuis la fin de leur précédent accord de défense.