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Gabon : 105 partis politiques bientôt réduits à 3 ou 5 ? Cinq formations ripostent et saisissent le Conseil Constitutionnel

Au Gabon, la réforme visant à réduire drastiquement le nombre de partis politiques suscite l’opposition de cinq formations légalement reconnues. Réunies au sein d’un même bloc, elles contestent les nouvelles règles et ont saisi la Cour constitutionnelle pour tenter d’en obtenir le rejet.

Par Thomas Biakpa
Publié le 6 octobre 2026
Lecture : 3 min
Gabon : 105 partis politiques bientôt réduits à 3 ou 5 ? Cinq formations ripostent et saisissent le Conseil Constitutionnel

Brice Oligui Nguema, président du Gabon / Présidence Gabon

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La réforme du cadre légal des partis politiques suscite une vive opposition au Gabon. Cinq formations politiques officiellement reconnues ont décidé de faire front commun contre les nouvelles règles qui pourraient profondément modifier le paysage partisan du pays.

Au cœur de la contestation, la volonté des autorités de ramener le nombre de formations politiques, actuellement évalué à 105, à seulement trois ou cinq.

La mesure figure dans un décret adopté récemment en Conseil des ministres et impose aux partis déjà existants, comme à ceux qui souhaitent se créer, de satisfaire aux nouvelles conditions fixées par les autorités.

Réunis le 5 octobre 2026, les cinq partis regroupés au sein du « Bloc de partis politiques légalement reconnus » ont publiquement rejeté cette orientation. Pour eux, cette réforme constitue une menace directe pour le pluralisme politique et la liberté d’association.

Le porte-parole du collectif, Ariel Eloi Iwangou Iwangou, également président du Parti républicain et démocratique, estime que les dernières décisions prises par les autorités font peser un risque sérieux sur la démocratie gabonaise.

« Nous sentons un danger pour la démocratie dans notre pays, avec toutes les mesures qui sont en train d’être mises en place. C’est une façon de nous ramener au parti unique au Gabon », a-t-il déclaré.

Un désaccord sur l’interprétation du Dialogue national

Le paysage politique gabonais pourrait être considérablement reformé dans les mois à venir / VOA

Le gouvernement justifie pourtant la réforme par les conclusions du Dialogue national inclusif organisé à Libreville en avril 2024, à la suite du coup d’État qui avait mis fin au régime des Bongo.
Lors de cette rencontre, les participants avaient notamment retenu le principe d’une diminution importante du nombre de partis politiques présents dans le pays. Pour les autorités, les nouvelles dispositions viennent donc concrétiser cet engagement.

Cette lecture est contestée par le collectif des cinq formations. Ces dernières refusent notamment de se soumettre à nouveau à certaines exigences liées à leur reconnaissance ou à leur maintien dans le paysage politique.

Ariel Eloi Iwangou Iwangou rappelle à ce propos que les règles nouvelles ne devraient pas, selon lui, remettre en cause des situations déjà acquises. « Lorsqu’une loi est faite, elle dispose pour l’avenir », fait-il valoir, avant de rejeter l’idée de transmettre une nouvelle fois au ministère de l’Intérieur des documents attestant notamment de l’adhésion de 10 000 militants.

Le dossier devant la Cour constitutionnelle

La bataille se déplace désormais sur le terrain juridique. L’un des partis membres du collectif a saisi, il y a environ une semaine, la Cour constitutionnelle, afin de demander l’annulation du projet de loi contesté.

À ce stade, la juridiction constitutionnelle n’a pas encore rendu sa décision.
En attendant son arbitrage, les cinq formations maintiennent leur opposition à la réforme, qu’elles considèrent comme une remise en cause du multipartisme instauré au Gabon à la faveur de la conférence nationale de 1990.