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Gabon: Affaire des biens mal acquis, Ali Bongo brise le silence, Libreville réagit, le dossier reste entre les mains de la justice française

L’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba s’est exprimé publiquement sur l’affaire des biens mal acquis, alors que la procédure judiciaire se poursuit en France. Sa prise de parole suscite des réactions au Gabon, notamment celle du sénateur Marc Ona, qui rappelle que le dossier relève désormais de la justice française.

Par Thomas Biakpa
Publié le 21 septembre 2026
Lecture : 3 min
Gabon: Affaire des biens mal acquis, Ali Bongo brise le silence, Libreville réagit, le dossier reste entre les mains de la justice française

L’ancien président gabonais Ali Bongo s’est exprimé publiquement sur l’affaire des biens mal acquis / BBC

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L’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba a choisi de s’exprimer publiquement sur l’affaire des biens mal acquis, alors que la procédure judiciaire engagée en France connaît une nouvelle étape. Dans une déclaration vidéo diffusée samedi 19 septembre, l’ex-chef de l’État revient sur un dossier qui concerne notamment le patrimoine détenu en France par des membres de plusieurs familles dirigeantes d’Afrique centrale.

Cette intervention intervient quelques semaines après les réquisitions du Parquet national financier français en faveur du renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de plusieurs proches de l’ancien président Omar Bongo. Parmi les personnes concernées figurent plusieurs de ses enfants ainsi que des membres de la famille du président congolais Denis Sassou Nguesso.

La procédure judiciaire française porte sur des soupçons liés à l’acquisition et à la constitution de patrimoines en France. L’État gabonais s’est également intéressé au dossier et a, par l’intermédiaire de ses avocats, apporté son soutien aux réquisitions du parquet.

Une intervention qui suscite des réactions à Libreville

La prise de parole d’Ali Bongo n’a pas tardé à provoquer des réactions au Gabon. Marc Ona, cinquième vice-président du Sénat et ancien acteur de la société civile, considère que l’ancien chef de l’État intervient sur un dossier dont les développements relèvent désormais essentiellement de la justice française.

La sortie d’Ali Bongo Ondimba ( à droite) sur l’affaire des biens mal acquis a fait réagir le sénateur Marc Ona ( à gauche) / Gabon Media Time

Pour le sénateur, les éléments du dossier doivent être examinés à partir des faits établis par les investigations et des décisions des juridictions compétentes. Il rappelle également que cette procédure trouve son origine dans des enquêtes visant le patrimoine de l’ancien président Omar Bongo et de plusieurs membres de sa famille.

Marc Ona estime par ailleurs, que les éventuelles conséquences diplomatiques doivent être dissociées de la procédure judiciaire. Selon lui, si le dossier venait à créer des tensions entre Libreville et Paris, celles-ci devraient être traitées sur le terrain diplomatique, indépendamment du travail des magistrats français.

Un dossier qui dépasse le seul cadre gabonais

L’affaire présente également une dimension régionale. Plusieurs membres de la famille du président congolais Denis Sassou Nguesso apparaissent dans la procédure française, ce qui donne au dossier une portée qui dépasse les seules relations entre la France et le Gabon.

La présence d’Antoinette Sassou Nguesso, épouse du président congolais, parmi les personnes citées dans la procédure illustre cette dimension internationale. Les liens familiaux entre les deux anciennes familles présidentielles gabonaise et congolaise sont également au cœur d’une partie du dossier.

Dans ce contexte, les autorités gabonaises doivent composer avec une procédure dont le cadre institutionnel demeure français. Le rôle de la justice consiste à examiner les faits et les éléments réunis au cours de l’instruction, tandis que les questions relevant des relations entre États peuvent, le cas échéant, être traitées par les canaux diplomatiques.

La justice française appelée à trancher

Au-delà des déclarations politiques et des réactions qu’elle suscite, l’affaire suit donc son cours devant les juridictions françaises. La prochaine étape dépendra des décisions judiciaires concernant les personnes visées par les réquisitions du Parquet national financier.

La prise de parole d’Ali Bongo intervient ainsi à un moment où le dossier continue de produire des effets politiques et diplomatiques, tout en restant soumis au calendrier et aux règles de la justice française.

Pour Marc Ona, la question essentielle demeure celle de l’établissement des faits. Les débats politiques, les enjeux familiaux et les considérations diplomatiques ne sauraient, selon lui, se substituer au travail des magistrats chargés d’examiner le dossier.