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Gabon : Facebook, TikTok et Instagram de nouveau accessibles après plus de huit mois d’interruption

Plus de huit mois après leur suspension, Facebook, TikTok, YouTube et Instagram sont de nouveau accessibles au Gabon. Si cette décision marque la fin des restrictions, elle intervient dans un contexte de renforcement de l’encadrement des plateformes numériques et de préoccupations persistantes concernant les libertés publiques.

Par Thomas Biakpa
Publié le 26 octobre 2026
Lecture : 4 min
Gabon : Facebook, TikTok et Instagram de nouveau accessibles après plus de huit mois d’interruption

Au Gabon, les réseaux sociaux ont été rétablis après huit mois de coupure / Wikimedia

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Après plus de huit mois de restriction, les internautes gabonais peuvent de nouveau accéder à Facebook, TikTok, YouTube et Instagram depuis samedi. La décision de rétablir ces plateformes intervient alors que les autorités annoncent un renforcement des mécanismes de contrôle des contenus en ligne. Cette reprise marque une nouvelle étape dans un dossier qui a suscité de nombreuses réactions, notamment autour de la liberté d’expression et de l’accès à l’information.

Une décision qui met fin à plusieurs mois de restrictions

La Haute autorité de la communication (HAC) a officiellement annoncé la fin de la suspension des réseaux sociaux, imposée le 17 février dernier pour une durée indéterminée. À l’époque, les autorités avaient invoqué la circulation de publications susceptibles, selon elles, de menacer la stabilité des institutions et la sécurité nationale.

La mesure concernait plusieurs plateformes largement utilisées au Gabon, pays d’Afrique centrale qui compte environ 3,5 millions d’habitants. Facebook, TikTok, YouTube et Instagram figuraient parmi les services bloqués. WhatsApp, en revanche, avait conservé un accès partiel.

Malgré les restrictions, de nombreux utilisateurs avaient réussi à continuer leurs activités en ligne en recourant à des réseaux privés virtuels, communément appelés VPN. Ces outils permettaient de contourner les blocages et de maintenir un accès aux plateformes concernées.

De nouvelles exigences pour les utilisateurs et les plateformes

La HAC présente cette période de suspension comme une occasion de revoir les dispositions encadrant l’usage des réseaux sociaux dans le pays. Les autorités affirment avoir engagé des démarches pour adapter le dispositif juridique aux enjeux liés à la diffusion des contenus numériques.

Parmi les mesures annoncées figure l’obligation, instaurée en octobre, pour les utilisateurs gabonais de procéder à une identification formelle. Cette disposition met ainsi fin à la possibilité de conserver un anonymat complet sur les plateformes concernées.

Le régulateur indique également avoir intensifié ses échanges avec les grandes entreprises du secteur, notamment TikTok, Meta et YouTube. L’objectif affiché est de renforcer la coopération en matière de modération et d’améliorer le traitement des contenus publiés sur leurs services.

Si ces initiatives sont présentées par les autorités comme des moyens de mieux encadrer l’espace numérique, elles interviennent dans un contexte où les questions relatives à la liberté d’expression demeurent au cœur des débats publics.

Les inquiétudes persistent autour des libertés publiques

La coupure des réseaux sociaux avait provoqué des contestations de la part de l’opposition. Plusieurs procédures judiciaires avaient été engagées pour remettre en cause cette décision, sans aboutir, les recours ayant tous été rejetés.

Les préoccupations liées aux libertés publiques s’inscrivent également dans un contexte politique marqué par l’incarcération, depuis avril, d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre devenu opposant au pouvoir. Il est poursuivi dans une affaire portant sur une dette contractée en 2008 dans le cadre d’une fonction officielle.

Cette situation alimente les interrogations sur l’évolution des libertés au Gabon, alors que le pays s’est engagé dans une nouvelle phase politique avec l’accession à la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema. Élu en 2025 après avoir pris le pouvoir à la suite du coup d’État de 2023, le chef de l’État avait suscité des attentes en matière de transition démocratique.

Un retour à l’accès, mais des interrogations sur l’encadrement

La réouverture des principales plateformes sociales met fin à une période prolongée de restrictions pour les internautes gabonais. Toutefois, les nouvelles obligations d’identification et le renforcement de la collaboration entre le régulateur et les entreprises numériques soulèvent des questions sur les modalités de contrôle des échanges en ligne.

Au-delà du rétablissement technique des services, l’enjeu reste donc celui de l’équilibre entre la régulation des contenus, les impératifs de sécurité invoqués par les autorités et la préservation des libertés publiques.