Gabon : L’État lance une offensive pour récupérer 1 700 milliards de FCFA de créances, des ministres et des maires parmi les débiteurs
La Cour des comptes du Gabon réclame le recouvrement de près de 1 700 milliards de FCFA de créances publiques, dues par quelque 600 personnes et entreprises. Parmi les débiteurs figurent des responsables publics et des opérateurs privés, sommés de régulariser leur situation dans un délai d’un mois, sous peine de poursuites judiciaires.

Le président gabonais, Brice Oligui Nguema/ Présidence Gabon
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L’État gabonais veut tourner la page de deux décennies de créances impayées. Un rapport de la Cour des comptes révèle que près de 1 700 milliards de francs CFA, soit environ 2,59 milliards d’euros, restent dus au Trésor public par des agents de l’administration, des responsables publics et des entreprises privées.
Ces sommes ne relèvent pas de simples impayés administratifs. Elles correspondent, selon la Cour des comptes, à des fonds publics dont le détournement ou la mauvaise utilisation a déjà été établi par des décisions de justice. Pourtant, dans de nombreux cas, ces décisions n’ont jamais été exécutées, ou ne l’ont été que partiellement.
Des responsables publics et des entreprises concernés
Le président de la Cour des comptes, Alex Euv Moutsiangou, affirme que les montants réclamés sont appuyés par des décisions judiciaires. Les dossiers concernent notamment des comptables publics et des ordonnateurs de crédits, parmi lesquels figurent des ministres, des maires et des présidents d’assemblées départementales.
Le secteur privé est également concerné. Certaines entreprises auraient reçu des fonds publics alors que les prestations ou les travaux correspondant aux paiements n’auraient pas été réalisés.
Au total, près de 600 personnes et entreprises sont visées par cette procédure. La révélation de ces montants suscite une vive indignation au sein de l’opinion publique gabonaise, notamment sur les réseaux sociaux.
Un mois pour rembourser
Face à l’accumulation de ces dossiers, les autorités ont décidé d’accélérer le recouvrement. Les personnes concernées ont été placées en situation de débet, ce qui signifie qu’elles sont tenues de restituer sur leurs biens personnels les sommes dues à l’État.
La procédure peut également se poursuivre après le décès du débiteur principal, jusqu’à quatre générations, selon les dispositions évoquées par la Cour des comptes.
Les débiteurs disposent désormais d’un délai d’un mois pour régulariser leur situation. Le compte à rebours a commencé le 7 septembre 2026 et prendra fin le 7 octobre prochain.
À l’issue de cette période, les dossiers des personnes qui n’auront pas soldé leurs créances pourront être transmis à un juge répressif. Elles pourraient alors être poursuivies devant la Cour criminelle spéciale, avec un risque de condamnation à des peines de prison.
Pour les autorités gabonaises, l’enjeu est désormais de transformer des décisions de justice longtemps restées sans effet en recouvrements effectifs, afin de récupérer des fonds publics qui, pour certains dossiers, sont dus depuis près de vingt ans.
