Ghana : Kodal Minerals s’implante dans le lithium avec une participation initiale de 10 % à Asamankese
Le groupe minier britannique Kodal Minerals a annoncé le 19 octobre un accord lui permettant de porter progressivement sa participation jusqu’à 80 % dans le projet d’exploration de lithium d’Asamankese, au Ghana. Le dossier, remis en lumière le 23 octobre par les déclarations de son dirigeant sur la stratégie régionale du groupe, illustre la course aux minerais critiques en Afrique de l’Ouest. Mais le site est encore au stade de l’exploration.

Pépite d’or natif. Le Ghana accélère désormais sa transition vers d’autres ressources stratégiques, notamment le lithium.
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Après le Mali, le Ghana entre dans le portefeuille de projets lithium de Kodal Minerals. Le groupe coté à Londres a annoncé, le 19 octobre 2026, la signature d’un accord contraignant avec la société ghanéenne GH Geo-Consult Limited concernant Asamankese, un périmètre d’exploration de 156 kilomètres carrés situé dans la région orientale du Ghana, à environ 75 kilomètres par la route d’Accra. L’opération a été détaillée dans une communication réglementaire aux investisseurs. Le 23 octobre, son directeur général Bernard Aylward a confirmé à Reuters l’ambition du groupe d’étendre ses activités de lithium en Afrique de l’Ouest.
Le mécanisme retenu est progressif. Kodal a acquis une première participation de 10 % pour 300 000 dollars, somme qui inclut un paiement de 50 000 dollars déjà effectué durant une période d’exclusivité. Le groupe n’a donc pas acheté 80 % du projet à ce stade. Il dispose d’une option pour augmenter sa part, sous réserve de dépenses d’exploration et de jalons techniques successifs. Ce type d’accord permet de limiter les engagements immédiats lorsqu’un gisement reste à caractériser.
Trois étapes, cinq ans et des engagements conditionnels
Selon la communication du 19 octobre, une première phase de six mois prévoit des dépenses et paiements totalisant 1,25 million de dollars pour atteindre une participation de 30 %. La deuxième phase, étalée sur vingt-quatre mois, représente 4 millions de dollars supplémentaires et comprend l’établissement d’une première estimation des ressources minérales. Elle pourrait porter la participation à 60 %.
Une troisième phase de trente mois, avec 7,5 millions de dollars de dépenses et paiements prévus et la réalisation d’une étude de faisabilité définitive, permettrait au groupe de détenir 80 %, tandis que son partenaire conserverait 20 %. Ces montants correspondent aux conditions de l’accord, pas à des fonds intégralement décaissés. Kodal peut décider de ne pas poursuivre les étapes suivantes tout en conservant la participation déjà acquise.
La structure juridique passe par une société commune créée au Ghana. GH Geo-Consult détient initialement 90 % et la filiale ghanéenne de Kodal 10 %. La société locale doit solliciter le transfert du permis de prospection vers cette coentreprise auprès des autorités compétentes. Les démarches réglementaires et les résultats techniques pèseront donc sur la suite du calendrier.
Des teneurs prometteuses, mais aucune réserve démontrée
Les premiers éléments géologiques expliquent l’intérêt du groupe. Des prélèvements historiques sur affleurements ont fait apparaître des teneurs atteignant 3,02 % d’oxyde de lithium. Dans sa propre campagne, Kodal a analysé 164 échantillons de roche : 95 dépassent 1 % d’oxyde de lithium et le maximum annoncé atteint 2,49 %. Deux secteurs, Amantra et Nfranta, ont été identifiés comme prioritaires. Le premier présente des structures pegmatitiques cartographiées sur plus de trois kilomètres, le second sur plus de quatre kilomètres.
Ces résultats doivent être interprétés avec prudence. Des échantillons prélevés en surface ne suffisent pas à établir l’étendue d’un gisement, ses volumes exploitables ou sa rentabilité. Aucune ressource minérale conforme à une estimation de projet n’a encore été annoncée pour Asamankese dans cette opération. Les travaux de forage, que Kodal prévoit d’engager avant la fin de 2026, devront apporter des informations sur la continuité et la profondeur de la minéralisation.
Le groupe a déjà recruté une équipe technique locale et choisi un prestataire de forage. Le calendrier de démarrage reste une prévision, non la confirmation de forages achevés.
Du Mali au Ghana, une diversification à surveiller
La nouvelle implantation prolonge l’expérience acquise au projet de Bougouni, au Mali, développé avec le groupe chinois Hainan. Bougouni est entré en production en 2025. Selon les informations réglementaires de Kodal, l’entreprise détient un intérêt économique indirect d’environ 32 % dans cette exploitation, une précision importante pour ne pas confondre présence opérationnelle et contrôle intégral de l’actif.
La montée en puissance du lithium ouest-africain répond à la demande de batteries, de stockage d’énergie et de véhicules électriques. Elle ne garantit toutefois ni des prix durablement favorables ni une transformation locale des minerais. Les pays producteurs doivent arbitrer entre l’attraction de capitaux, la fiscalité, les retombées pour les communautés et la maîtrise des impacts environnementaux.
Pour le Ghana, l’accord représente à ce stade une nouvelle campagne d’exploration privée, non l’ouverture d’une mine et encore moins une usine de batteries. La véritable mesure de sa portée viendra des forages, des études économiques, des autorisations et des décisions d’investissement. Pour Kodal, Asamankese constitue une option de croissance ; pour les autorités et les communautés concernées, il ouvre surtout une période d’évaluation de la valeur et des conditions d’exploitation possibles.
