Ghana: Partenariats économiques et diplomatiques, Accra frappe à la porte des BRICS
Le Ghana s’apprête à officialiser sa candidature aux BRICS. Accra entend diversifier ses partenariats économiques et diplomatiques tout en renforçant sa coopération avec les puissances émergentes, notamment l’Inde, la Chine et le Brésil.

À l’instar de l’Afrique du Sud, de l’Égypte et du Kenya, le Ghana souhaite rejoindre les BRICS pour diversifier ses partenariats économiques/ Reuters
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À Accra, le gouvernement de John Dramani Mahama a donné son feu vert au lancement du processus devant conduire à une candidature officielle du pays aux BRICS.
L’annonce a été faite le 6 octobre par le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, à l’occasion de la visite en terre ghanéenne de son homologue indien, Subrahmanyam Jaishankar.
Selon le chef de la diplomatie ghanéenne, la décision a déjà été examinée au niveau du Cabinet présidentiel. Accra entend ainsi se rapprocher d’un groupe qui rassemble aujourd’hui plusieurs grandes puissances émergentes et qui cherche à renforcer les échanges économiques et la coopération entre ses membres.
Une présence africaine qui s’élargit
Si le Ghana concrétise son projet, il viendra renforcer la présence africaine au sein de l’organisation. L’Afrique du Sud a été le premier pays du continent à rejoindre les BRICS, en 2011. L’Égypte et l’Éthiopie ont ensuite intégré le groupe en 2024.
Le Nigeria et l’Ouganda ont, pour leur part, obtenu en 2025 le statut de pays partenaires. Cette position ne leur confère toutefois pas les mêmes prérogatives que celles accordées aux membres à part entière. Le Ghana n’a pas encore précisé le statut qu’il souhaite obtenir, ni le calendrier exact de sa démarche.
Accra cherche à multiplier ses options
Pour le gouvernement ghanéen, une éventuelle entrée dans les BRICS ne signifierait pas une rupture avec les partenaires occidentaux et les institutions internationales dont le pays dépend déjà.
Samuel Ablakwa insiste plutôt sur la nécessité pour Accra de disposer de plusieurs leviers économiques et diplomatiques. Le Ghana continuera ainsi de travailler avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, tout en cherchant à développer davantage ses relations avec les économies émergentes.
Cette stratégie répond, selon le ministre, à une volonté de donner au pays davantage de marge de manœuvre dans ses choix de développement. Accra souhaite notamment négocier ses relations économiques sur une base qu’il considère comme plus équilibrée.
Des ambitions autour des ressources naturelles
La question de la transformation des matières premières occupe également une place importante dans cette nouvelle orientation. Le Ghana veut réduire sa dépendance à l’exportation de ressources brutes et renforcer la création de valeur sur son propre territoire.
Dans cette perspective, l’Inde, la Chine et le Brésil apparaissent comme des partenaires particulièrement importants pour Accra. Les relations commerciales avec New Delhi illustrent déjà cette dynamique : les échanges bilatéraux seraient passés d’environ 3 milliards de dollars en 2024 à près de 7 milliards de dollars en 2025.
Le gouvernement ghanéen voit donc dans les BRICS une possibilité supplémentaire d’attirer des investissements, de développer de nouveaux marchés et de renforcer ses capacités industrielles.
L’Inde accueille favorablement l’intérêt ghanéen
Accra a déjà sollicité l’appui de New Delhi dans la perspective de sa candidature. En visite au Ghana, le ministre indien des Affaires extérieures a reconnu que l’intérêt du pays pour les BRICS était compréhensible.
Subrahmanyam Jaishankar a toutefois rappelé que l’élargissement du groupe relève d’une décision collective de ses membres. Le soutien de l’Inde constitue donc un signal positif pour Accra, mais il ne garantit pas à lui seul l’aboutissement de la démarche.
À ce stade, le Ghana n’a fixé ni date pour le dépôt officiel de sa candidature ni précisé s’il ambitionne de devenir membre à part entière ou d’obtenir d’abord le statut de pays partenaire.
Avec cette initiative, Accra semble en tout cas vouloir élargir son cercle de partenaires et disposer de davantage d’options dans un environnement économique et géopolitique en pleine recomposition.
