Guinée : 17 ans après, les victimes du 28-Septembre pressent les autorités de relancer la procédure judiciaire
Dix-sept ans après le massacre du 28-Septembre à Conakry, les organisations de défense des droits humains et les associations de victimes appellent les autorités guinéennes à accélérer la tenue du procès en appel et à poursuivre l’indemnisation des victimes. Elles demandent également des enquêtes sur les récentes découvertes de fosses communes.

17 ans après le massacre du 28 septembre à Conakry, les victimes attendent toujours que toute la lumière soit faite sur les évènements et que justice soit rendue/ AFP
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À Conakry, la page du 28 septembre 2009 reste loin d’être tournée. Dix-sept ans après la répression sanglante d’un rassemblement au stade de la capitale, les organisations de défense des droits humains et les associations de victimes appellent les autorités guinéennes à accélérer la suite de la procédure judiciaire. Leur principale demande, c’est que le procès en appel soit programmé rapidement et que le processus de réparation des victimes se poursuive.
Réunies lundi 28 septembre 2026 à l’occasion d’une conférence de presse, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH) et l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre (Avipa) ont fait part de leur préoccupation face à l’absence, à ce jour, d’un calendrier pour les audiences en appel.
Pour ces organisations, la justice ne saurait s’arrêter au verdict rendu en première instance. Elles souhaitent que la procédure soit menée jusqu’à son terme, dans l’intérêt des victimes et de leurs familles.
La présidente de l’Avipa, Asmaou Diallo, a par ailleurs, reconnu les mesures engagées par l’État en matière d’indemnisation. Selon les associations, 334 victimes ont été répertoriées dans le cadre de ce processus. Mais au-delà de l’aide financière, les victimes réclament une réparation qui englobe également la reconnaissance des préjudices subis et l’aboutissement de la procédure judiciaire.
« Réparer ne signifie pas seulement remettre un chèque », a rappelé Asmaou Diallo, soulignant que l’indemnisation ne constitue qu’une partie du processus de justice et de réparation.
La FIDH interpelle également les autorités sur les droits humains
La situation générale des droits humains en Guinée a également été au centre des préoccupations exprimées à Conakry. Présent dans le pays dans le cadre d’une mission de plaidoyer, le président de la FIDH, Alexis Deswaef, a fait part des inquiétudes de son organisation concernant plusieurs dossiers.
La découverte récente de fosses communes figure notamment parmi les sujets soulevés par la FIDH. L’organisation demande l’ouverture d’investigations sérieuses et indépendantes afin de déterminer l’identité des personnes retrouvées, les circonstances de leur décès et, le cas échéant, d’établir l’existence de disparitions forcées.
Au cours de sa mission, Alexis Deswaef affirme avoir échangé avec le Premier ministre Amadou Oury Bah ainsi qu’avec le ministre de la Justice, Ibrahima Sory Tounkara. Ces rencontres ont notamment permis d’aborder les préoccupations liées aux droits humains et à la nécessité de faire progresser les différents dossiers judiciaires.
Dix-sept années après les faits, une attente toujours vive

Le 28 septembre 2009 demeure l’un des épisodes les plus douloureux de l’histoire récente de la Guinée. Ce jour-là, plusieurs dizaines de milliers de personnes s’étaient réunies dans un stade de Conakry pour dénoncer l’éventualité d’une candidature de Moussa Dadis Camara, alors chef de la junte militaire, à l’élection présidentielle.
Le rassemblement avait été violemment réprimé. Les organisations de défense des droits humains font état d’au moins 156 morts. Plus d’une centaine de femmes auraient également subi des violences sexuelles au cours des événements.
Depuis, les victimes et leurs proches n’ont cessé de réclamer vérité, justice et réparation. Le procès en première instance avait constitué une étape importante dans cette longue quête judiciaire.
Mais pour les associations qui les accompagnent, l’absence de programmation du procès en appel entretient une nouvelle période d’attente.
À travers leur appel, les organisations de défense des droits humains souhaitent donc voir les autorités donner une nouvelle impulsion au processus. Pour les victimes, l’enjeu dépasse désormais la seule question des indemnisations. Ilp s’agit aussi de faire en sorte que la justice puisse aller jusqu’au bout et que les responsabilités soient définitivement établies dans le cadre de la procédure judiciaire.
