Guinée-Bissau : Chassé du pouvoir, Umaro Sissoco Embaló annonce son retour le 4 octobre pour le reconquérir par les urnes
En exil depuis son renversement par un coup d’État militaire en novembre 2025, Umaro Sissoco Embaló annonce son retour en Guinée-Bissau le 4 octobre et confirme sa candidature à la présidentielle du 6 décembre. L’ancien chef de l’État entend porter sa candidature avec la « Plateforme républicaine ».

Umaro Sissoko Embaló veut reconquérir le pouvoir d’État après dix mois d’exil suite au coup d’état qui l’a renversé en novembre 2025 / Wikimedia
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Moins d’un an après avoir été renversé par un coup d’État militaire, Umaro Sissoco Embaló prépare son retour en Guinée-Bissau. Depuis son exil, l’ancien président a confirmé son intention de briguer à nouveau la magistrature suprême. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique depuis Brazzaville, il l’affirme sans détour : « Oui, je serai candidat ».
Le retour d’Umaro Sissoco Embaló est annoncé pour le 4 octobre prochain, soit quelques semaines avant l’élection présidentielle prévue le 6 décembre 2026.
Après plusieurs mois passés hors de son pays à la suite du renversement du 26 novembre 2025, l’ancien chef de l’État entend ainsi reprendre sa place dans le jeu politique bissau-guinéen.
Une candidature préparée depuis l’exil
Pour porter sa candidature, Umaro Sissoco Embaló entend s’appuyer sur une nouvelle structure politique baptisée « Plateforme républicaine ». Celle-ci doit servir de cadre à son retour sur la scène nationale et à la mobilisation de ses soutiens en vue de la présidentielle.
L’annonce marque un nouveau tournant dans le parcours politique de l’ancien président. Écarté du pouvoir par les militaires en novembre 2025, il choisit désormais de revenir dans son pays pour tenter de reconquérir la présidence par la voie électorale.
Son retour intervient dans un contexte politique profondément transformé depuis son départ. Le coup d’État du 26 novembre 2025 avait interrompu le processus électoral engagé quelques jours plus tôt. Les militaires avaient alors pris le contrôle du pays et suspendu le processus électoral, tandis qu’une transition dirigée par le général Horta N’Tam était mise en place.
Une présidentielle dans un nouveau cadre institutionnel
Depuis le putsch, la Guinée-Bissau a engagé une profonde recomposition institutionnelle. Les autorités de transition ont fixé au 6 décembre 2026 la tenue des élections présidentielle et législatives, présentées comme une étape vers le retour à un pouvoir civil.
Entre-temps, les Bissau-Guinéens ont été appelés à se prononcer, le 30 août, sur une nouvelle Constitution. Selon les résultats communiqués par la Commission nationale des élections, le « oui » l’a emporté avec 70 % des suffrages valides. Le nouveau texte renforce notamment les prérogatives du président de la République et modifie l’architecture institutionnelle du pays.
C’est donc dans ce nouveau paysage politique et constitutionnel qu’Umaro Sissoco Embaló entend faire son retour. Sa candidature devra toutefois s’inscrire dans le cadre juridique issu de la transition et des nouvelles dispositions constitutionnelles.
Un retour politiquement scruté
L’annonce du retour de l’ancien président ne laisse pas indifférent. Depuis le coup d’État, le paysage politique bissau-guinéen reste marqué par de fortes tensions et par les incertitudes liées à la transition militaire.
L’opposition suit notamment avec attention le calendrier du retour d’Embaló et les conditions dans lesquelles les futures élections seront organisées. Des responsables politiques ont déjà exprimé leurs réserves face à la perspective de son retour dans un contexte où les activités politiques ont été suspendues pendant la transition.
Pour Umaro Sissoco Embaló, le prochain rendez-vous est désormais clairement fixé : le 4 octobre, date annoncée pour son retour en Guinée-Bissau. Deux mois plus tard, le 6 décembre, il entend participer à la présidentielle sous les couleurs de sa « Plateforme républicaine ».
Après près d’un an d’exil, l’ancien chef de l’État veut donc reprendre le chemin de Bissau et remettre son avenir politique entre les mains des urnes. Son retour devrait constituer l’un des principaux faits marquants de la campagne électorale à venir, dans un pays encore profondément marqué par la rupture institutionnelle de novembre 2025.
