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Guinée-Burkina Faso : Plus de 8 000 Burkinabè rapatriés après la décision de Conakry de mettre fin à l’orpaillage artisanal

La décision des autorités guinéennes de mettre un terme à l’exploitation artisanale de l’or dans plusieurs localités du nord-est du pays provoque d’importants mouvements de population. Parmi les personnes touchées, des milliers de travailleurs burkinabè doivent regagner leur pays, dans le cadre d’une opération d’assistance organisée par Ouagadougou.

Par Thomas Biakpa
Publié le 4 novembre 2026
Lecture : 3 min
Guinée-Burkina Faso : Plus de 8 000 Burkinabè rapatriés après la décision de Conakry de mettre fin à l’orpaillage artisanal

Lég : En Guinée, plus de 8000 ressortissants burkinabè sont contraints de rentrer dans leur pays après l’interdiction de l’orpaillage artisanal par les autorités guinéennes/ Image d’illustration

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Une vaste opération de retour des ressortissants burkinabè est actuellement en cours à la suite des nouvelles restrictions imposées par la Guinée à l’activité aurifère clandestine.

Selon des informations communiquées mercredi par une source gouvernementale burkinabè à l’AFP, plus de 8 000 compatriotes seraient concernés par cette situation.

Pour faciliter leur déplacement, les autorités du Burkina Faso ont mobilisé plusieurs centaines d’autocars. Un premier important convoi a ainsi pris la route dans la nuit du mardi 3 au mercredi 4 novembre, afin de récupérer les personnes désireuses de quitter le territoire guinéen.

Certains ressortissants se trouveraient également sur le territoire malien, où ils auraient trouvé refuge après les mesures annoncées par Conakry.

À l’origine de cette mobilisation figure une décision du gouvernement guinéen rendue publique lundi. Celle-ci interdit désormais l’exploitation artisanale de l’or dans plusieurs secteurs du nord-est du pays. Pour garantir l’application de cette mesure, les autorités ont prévu une présence permanente des forces de défense et de sécurité dans les zones concernées.

Cette nouvelle orientation intervient dans un contexte où les sites aurifères guinéens constituent depuis plusieurs années une destination privilégiée pour de nombreux travailleurs venus d’autres pays de la sous-région, particulièrement du Burkina Faso.

La situation suscite également des inquiétudes sur le plan humanitaire. Les premières informations communiquées par les autorités burkinabè font état de quatre décès parmi les personnes concernées par ces déplacements. Les circonstances de ces disparitions n’ont cependant pas été révélées.

De son côté, l’Agence d’information du Burkina (AIB) évoque des expulsions et annonce l’envoi d’une mission gouvernementale au Mali. Cette délégation devrait se rendre sur place afin d’évaluer les besoins et de porter assistance aux ressortissants burkinabè confrontés à des difficultés.

Le Mali est lui aussi directement concerné par les conséquences de cette opération. Dans un communiqué publié mardi, le Centre de coordination et de gestion des crises (CECOGEC), relevant du ministère malien de la Sécurité et de la Protection civile, a signalé une arrivée importante de personnes de différentes nationalités à la frontière entre la Guinée et le Mali, avec pour destination le district de Bamako.

Selon les autorités maliennes, ces déplacements sont directement liés aux mesures engagées par la Guinée pour éradiquer les activités d’extraction aurifère clandestines sur son territoire.

Face à cet afflux, Bamako affirme avoir activé les mécanismes nécessaires pour accueillir les personnes concernées dans des conditions appropriées et faciliter leur transfert vers leurs pays respectifs.

Alors que l’application des nouvelles restrictions guinéennes entraîne déjà des déplacements importants dans la sous-région, les autorités des pays concernés doivent désormais faire face à un défi logistique et humanitaire : organiser le retour des travailleurs touchés et leur apporter l’assistance nécessaire.