Guinée : Décès de l’ancien Premier ministre Sidya Touré, la classe politique guinéenne pleure un homme politique au « destin inachevé »
L’ancien Premier ministre guinéen Sidya Touré est décédé vendredi 25 septembre 2026 à Paris, à l’âge de 81 ans. Sa disparition suscite une vive émotion au sein de la classe politique guinéenne, qui salue la mémoire d’une figure majeure de l’opposition et un homme au « destin malheureusement inachevé ».

L’ancien Premier ministre guinéen est décédé, vendredi 25 septembre à Paris / J.A
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La disparition de Sidya Touré laisse un vide dans le paysage politique guinéen. L’ancien Premier ministre et président de l’Union des forces républicaines (UFR) est décédé vendredi 25 septembre 2026 à Paris, à l’âge de 81 ans. Éloigné de la Guinée depuis plusieurs années, il vivait en exil à Abidjan et n’aura finalement pas eu l’occasion de regagner son pays avant sa mort.
Depuis l’annonce de son décès, les témoignages affluent de toutes parts. Dans les rangs de l’opposition comme chez plusieurs responsables ayant évolué à ses côtés au cours de ses longues années de vie publique, les hommages soulignent l’empreinte laissée par l’ancien Premier ministre.
Le Premier ministre Bah Oury évoque la disparition d’une « figure marquante de la vie politique en Guinée pendant trois décennies » et salue en lui un « réformateur pragmatique ». De son côté, l’ancien président Alpha Condé rend hommage à « un homme qui a consacré son existence au service de la République ».
D’autres voix se sont également élevées pour saluer sa mémoire. Ousmane Kaba, responsable du PADES, dit perdre un « grand frère ». L’ancien Premier ministre François Louncény Fall, lui, parle d’un « destin malheureusement inachevé ».
Un compagnon de route pour Cellou Dalein Diallo

L’hommage de Cellou Dalein Diallo prend une dimension particulière. Lui aussi installé à Abidjan, l’opposant rappelle les années de combat politique partagées avec Sidya Touré.
Les deux hommes avaient notamment fait alliance en 2010 à l’occasion du second tour de l’élection présidentielle. Cellou Dalein Diallo affirme qu’ils avaient alors été « spoliés ensemble », avant de poursuivre leur collaboration dans leur opposition au projet de troisième mandat. Il évoque également les militants tués au cours de cette période, affirmant que les deux responsables avaient « perdu 104 militants ensemble ».
Cette proximité politique et personnelle témoigne du rôle joué par Sidya Touré dans les grandes séquences de la vie politique guinéenne de ces dernières décennies.
L’UFR face à la perte de son fondateur
Au sein de l’UFR, la disparition du président du parti suscite une vive émotion. Fodé Baldé, secrétaire national chargé de la communication, a confirmé le décès et exprimé la douleur des militants.
Pour lui, Sidya Touré représentait bien davantage qu’un responsable politique. Il témoigne d’un homme qui, selon ses mots, « a tout fait pour ce pays » et dont la disparition constitue une perte considérable pour ceux qui l’ont accompagné.
Dans les rangs de sa formation politique, aujourd’hui dissoute, certains regrettent également que Sidya Touré n’ait jamais accédé à la magistrature suprême, malgré deux candidatures à l’élection présidentielle.
Barry Boubacar, membre du bureau politique de l’UFR, décrit un homme dont le parcours politique avait été marqué par la préparation, le travail et la persévérance. « Quand ce genre de compétences part, c’est une bibliothèque qui part », estime-t-il. Il rappelle que Sidya Touré avait mené plusieurs campagnes, défendu un programme et constitué une équipe autour de son projet politique.
Une figure saluée pour sa rigueur
À Conakry, l’annonce de sa mort a également rapproché sa famille et ses sympathisants. Plusieurs de ses proches se sont réunis chez l’un de ses frères pour traverser ensemble cette période de deuil.
Les témoignages recueillis sur place mettent en avant les qualités humaines et professionnelles de l’ancien Premier ministre. Ses proches le décrivent comme un homme « intègre », « compétent » et « rigoureux dans le travail », estimant qu’il aura apporté une contribution importante à la Guinée.
Sidya Touré était aussi perçu par ses compagnons comme un homme dont le parcours politique avait été étroitement lié à l’histoire récente du pays. Son décès met ainsi fin à plusieurs décennies d’engagement public, marquées notamment par son passage à la primature, ses deux candidatures à la présidentielle et son rôle à la tête de l’UFR.
Une disparition après plusieurs jours d’hospitalisation
Selon des informations recueillies auprès de sources familiales et de responsables de l’UFR, Sidya Touré avait été évacué de Côte d’Ivoire alors qu’il était malade. Il avait ensuite été admis à l’Hôpital américain de Paris, où il était hospitalisé depuis près de deux semaines.
À 81 ans, l’ancien Premier ministre s’est éteint loin de la Guinée qu’il avait dirigée au sein du gouvernement et pour laquelle il avait poursuivi son engagement politique pendant plusieurs décennies.
Son décès suscite désormais une série d’hommages qui, au-delà des clivages politiques, rappellent la place occupée par Sidya Touré dans l’histoire politique contemporaine de la Guinée.
