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Guinée : France 24 suspendue pour avoir qualifié Mamadi Doumbouya de « président putschiste »

La Haute autorité de la communication (HAC) a suspendu, ce jeudi 17 septembre, la diffusion de France 24 en Guinée, après la qualification de Mamadi Doumbouya de « président putschiste » par un présentateur. La chaîne, qui a reconnu une erreur, avait annoncé des excuses et une rectification des propos.

Par Thomas Biakpa
Publié le 17 septembre 2026
Lecture : 3 min
Guinée : France 24 suspendue pour avoir qualifié Mamadi Doumbouya de « président putschiste »

Mamadi Doumbouya, président démocratiquement élu de la Guinée/ AFP

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Les autorités guinéennes ont décidé de suspendre, avec effet immédiat, la diffusion de France 24 sur l’ensemble du territoire national. La décision, annoncée jeudi 17 septembre par la Haute autorité de la communication (HAC), intervient au lendemain d’une protestation officielle contre la chaîne française, après qu’un présentateur a qualifié le chef de l’État, Mamadi Doumbouya, de « président putschiste ».

Selon la HAC, cette mesure fait suite au « maintien des propos incriminés » malgré la demande adressée à la chaîne de procéder aux corrections nécessaires. Le régulateur reproche notamment à France 24 d’avoir employé un « qualificatif inapproprié » à l’égard du président guinéen.

Une formulation à l’origine de la sanction

Les propos contestés ont été prononcés lors d’un journal télévisé diffusé lundi 14 septembre. À l’antenne, Mamadi Doumbouya a été présenté comme un « président putschiste », en référence à son arrivée au pouvoir à la suite du coup d’État militaire de septembre 2021.

La Haute autorité de la communication avait réagi dès mercredi en adressant une protestation formelle à France 24. Le lendemain, constatant que les propos restaient accessibles, notamment sur les plateformes numériques de la chaîne, elle a décidé d’aller plus loin en suspendant sa diffusion.

France 24 a de son côté reconnu une erreur. La chaîne a indiqué avoir employé par inadvertance cette qualification et annoncé son intention de présenter ses excuses ainsi que de rectifier les propos à l’antenne. Elle a également été invitée par les autorités guinéennes à effectuer les corrections nécessaires sur l’ensemble de ses supports numériques.

France 24 déjà confrontée à plusieurs suspensions en Afrique

Cette décision guinéenne s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre la chaîne française et plusieurs gouvernements africains. France 24 a déjà fait l’objet de restrictions ou d’interdictions au Mali, au Burkina Faso et au Niger, trois pays actuellement dirigés par des autorités militaires.

Dans ces États, les relations avec la France se sont fortement dégradées ces dernières années, tandis que les autorités ont renforcé leurs liens avec la Russie. Au Togo, France 24 n’est également plus diffusée depuis une suspension prononcée en 2025 pour une durée initiale de trois mois, sans rétablissement de la chaîne depuis.

Un autre média sanctionné

La HAC a également pris une mesure visant un autre acteur de la presse internationale. Mercredi, elle a retiré l’accréditation de presse du correspondant de Jeune Afrique en Guinée, invoquant des « manquements professionnels ».
L’autorité de régulation n’a toutefois pas précisé les articles ou publications à l’origine de cette décision.

La suspension de France 24 et le retrait de cette accréditation interviennent ainsi dans un climat de surveillance accrue des médias en Guinée, alors que les autorités affirment vouloir faire respecter les règles encadrant le traitement de l’information et la couverture de l’actualité nationale.