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Guinée : Tension dans le secteur du transport, des chauffeurs entrent en grève pour dénoncer le racket lors des contrôles routiers

En Guinée, la colère monte chez les transporteurs. Après un mouvement lancé à Labé contre les contrôles routiers jugés abusifs, la grève s’étend à plusieurs axes du pays, perturbant notamment les liaisons vers Conakry, Kankan et Nzérékoré. Les négociations engagées avec les autorités restent pour l’heure sans accord.

Par Thomas Biakpa
Publié le 10 septembre 2026
Lecture : 3 min
Guinée : Tension dans le secteur du transport, des chauffeurs entrent en grève pour dénoncer le racket lors des contrôles routiers

En Guinée, un mouvement de protestation a été lancé par les transporteurs contre les rackets sur les routes / Guinee7.com

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Le secteur du transport routier guinéen traverse une nouvelle période de tension. Parti de Labé, dans le nord du pays, le mouvement de protestation lancé par des chauffeurs contre les pratiques qu’ils jugent abusives lors des contrôles routiers gagne progressivement d’autres régions.

La mobilisation a débuté le 7 septembre 2026 avec des transporteurs opérant principalement sur les axes reliant la Guinée au Sénégal et à la Gambie. Ces liaisons, particulièrement importantes pour les échanges commerciaux de la région, ont été fortement perturbées par l’arrêt de travail.

Deux jours plus tard, la contestation s’est élargie aux conducteurs assurant les liaisons entre Labé et plusieurs grandes villes guinéennes. Les axes en direction de Conakry, Kankan et Nzérékoré sont notamment concernés. Selon des responsables syndicaux, cette extension traduit un mécontentement qui dépasse désormais le seul cas de Labé.

Au cœur de la colère des chauffeurs figurent les multiples contrôles effectués sur les routes. Certains professionnels dénoncent des « tracasseries », tandis que d’autres parlent ouvertement de prélèvements qu’ils considèrent comme injustifiés.
Ils demandent aux autorités de garantir des contrôles transparents et identiques pour tous les usagers.

Les services de la douane et de la gendarmerie sont particulièrement mis en cause par les transporteurs. Une première tentative de règlement du différend a eu lieu mercredi à Labé, autour d’une table réunissant notamment des représentants des forces de sécurité, des autorités locales et des organisations syndicales du secteur. Les échanges n’ont cependant pas permis de trouver une issue immédiate au conflit.

Face à l’élargissement de la grève, le gouvernement tente désormais de reprendre la main depuis Conakry. Le ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, a contesté la méthode employée par les grévistes, estimant que le mouvement avait été déclenché via les réseaux sociaux sans respecter les procédures syndicales habituelles.

Le ministre s’est néanmoins engagé à examiner les accusations formulées par les transporteurs. Il a annoncé que les autorités chercheront à établir les faits concernant les éventuels barrages irréguliers et les pratiques dénoncées sur les différents axes routiers.

Sur un autre volet, Ousmane Gaoual Diallo a prévenu que les contrôles liés au respect de la réglementation resteront maintenus. Les infractions concernant notamment la surcharge des véhicules et l’application du Code de la route feront, selon lui, l’objet d’une surveillance accrue.

Alors que les discussions se poursuivent désormais à Conakry, l’enjeu est de parvenir à rétablir la circulation sur les principaux axes tout en répondant aux revendications des transporteurs. Pour ces derniers, la question ne se limite plus à quelques incidents isolés. Ils réclament une réforme des pratiques de contrôle et des conditions de travail qu’ils estiment devenues difficiles.