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Industrie minière : Chassé du Niger, Orano rebondit au Botswana et décroche 18 permis de prospection d’uranium

Après avoir perdu ses principaux actifs miniers au Niger, le groupe français Orano renforce sa présence au Botswana, où il détient désormais 18 permis de prospection d’uranium. Une offensive qui illustre la volonté du groupe de diversifier ses ressources et de sécuriser ses approvisionnements dans un marché nucléaire mondial en quête de nouveaux gisements.

Par Thomas Biakpa
Publié le 26 août 2026
Lecture : 4 min
Industrie minière : Chassé du Niger, Orano rebondit au Botswana et décroche 18 permis de prospection d’uranium

Le groupe Orano en pleine offensive au Botswana avec 18 permis de prospection d’uranium obtenus / Ecofin

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Orano poursuit son développement en Afrique australe. Le groupe français dispose désormais de 18 permis de prospection d’uranium au Botswana, après avoir obtenu trois nouveaux titres au cours de l’année 2026. Une expansion qui intervient alors que ses activités historiques au Niger ont été fortement réduites à la suite de plusieurs décisions des autorités de Niamey.

Les trois permis récemment accordés sont directement détenus par Orano Mining. Deux d’entre eux ont été délivrés en avril 2026 et restent valables jusqu’en mars 2029. Le troisième, obtenu en janvier, arrivera à échéance en décembre 2028.

Ces nouveaux titres s’ajoutent aux 15 permis acquis en 2025 par la Compagnie Française de Mines et Métaux, une filiale d’Orano. Demandés en avril de la même année, ces permis sont valables jusqu’en septembre 2028.

Le Botswana, un nouveau terrain de diversification

L’augmentation du nombre de permis au Botswana prend une importance particulière dans le contexte du désengagement d’Orano du Niger.

En 2024, les autorités nigériennes avaient retiré au groupe français le permis du projet d’Imouraren. L’année suivante, en juin 2025, elles avaient franchi une nouvelle étape en nationalisant la Somaïr, société exploitant la principale mine d’uranium d’Orano dans le pays.

Avant cette nationalisation, Orano détenait 63,4 % de la Somaïr, tandis que les 36,6 % restants appartenaient à la Société du patrimoine des mines du Niger. Le conflit s’est également étendu aux stocks d’uranium produits par la coentreprise, dont la propriété et les conditions de commercialisation font toujours l’objet de désaccords entre les deux parties.

En juin 2025, un média international rapportait que Niamey reprochait notamment à Orano d’avoir profité d’une part jugée excessive de la production de Somaïr. Le groupe français contestait pour sa part la nationalisation de l’entreprise.

Dans ce contexte, le Botswana apparaît comme l’un des territoires sur lesquels Orano entend développer de nouvelles ressources. Il convient toutefois de ne pas confondre permis d’exploration et production minière. Les 18 titres détenus dans le pays ne correspondent pas à des mines actuellement en exploitation. Ils autorisent des travaux de prospection qui devront permettre de déterminer si les zones concernées abritent des ressources d’uranium suffisamment importantes et économiquement exploitables.

Un groupe toujours présent sur l’ensemble du cycle de l’uranium

La perte de ses actifs nigériens ne signifie pas pour autant la disparition d’Orano du secteur mondial de l’uranium. Le groupe reste présent à différentes étapes du cycle du combustible nucléaire, notamment dans l’exploration, l’extraction, la conversion et l’enrichissement.

Orano conserve notamment des activités minières au Canada et au Kazakhstan, deux pays qui constituent aujourd’hui des piliers de son portefeuille minier international.

En France, le groupe dispose également d’un important dispositif industriel. Ses installations de Malvési et du Tricastin assurent des activités de conversion, tandis que l’usine Georges Besse II est consacrée à l’enrichissement de l’uranium.

Selon les données communiquées par Orano, le groupe représente environ 40 % des capacités occidentales de conversion et occupe le troisième rang mondial dans l’enrichissement.

Cette infrastructure industrielle renforce l’intérêt stratégique d’Orano pour la sécurisation de ses approvisionnements en uranium. L’usine Georges Besse II dispose actuellement d’une capacité de 7,5 millions d’unités de travail de séparation (UTS) par an.

Une extension est par ailleurs en cours. Le projet, soutenu par une décision d’investissement d’environ 1,7 milliard d’euros, doit permettre d’augmenter les capacités de l’installation de près de 30 % à partir de 2028.

Le développement de l’exploration au Botswana s’inscrit donc dans une stratégie plus large. Orano ne dispose pas encore, dans ce pays, de nouvelles capacités de production susceptibles de compenser les volumes perdus au Niger. Les permis constituent avant tout une étape préliminaire. Leur intérêt économique dépendra des découvertes qui pourront être réalisées et de la possibilité de transformer ces ressources potentielles en projets miniers.

À travers cette offensive, Orano cherche ainsi à reconstruire et à diversifier son portefeuille de ressources dans un marché où l’accès à l’uranium demeure un enjeu majeur pour la sécurité d’approvisionnement de l’industrie nucléaire.