vendredi, juillet 24, 2026
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Justice internationale : La CPI révoque son procureur général, Karim Khan sur fond d’accusations d’agression sexuelle

La Cour pénale internationale (CPI) a officiellement mis fin au mandat de son procureur, Karim Khan, à la suite des accusations d’agression sexuelle portées contre lui. Cette décision, longtemps attendue, constitue un événement inédit dans l’histoire de l’institution.

Réunis en session extraordinaire et à huis clos au siège des Nations unies à New York, ce vendredi 24 juillet, les États parties au Statut de Rome ont voté à bulletin secret en faveur de sa révocation. Selon plusieurs sources diplomatiques, 82 États se sont prononcés pour son départ, alors que 63 voix étaient nécessaires. Treize États ont soutenu son maintien en fonction et quinze se sont abstenus.

Karim Khan, qui occupait le poste de procureur depuis 2021, était suspendu de ses fonctions depuis 2025 dans l’attente de cette décision. Il est visé par des accusations d’agression sexuelle formulées par une ancienne collaboratrice, une avocate malaisienne, qui affirme avoir été victime d’abus dans un contexte marqué par un fort déséquilibre hiérarchique.

Dans un entretien accordé à la chaîne américaine CNN, cette dernière a expliqué qu’un consentement ne pouvait, selon elle, exister dans une telle relation de pouvoir. « Il est impossible qu’il y ait consentement quand il existe un tel déséquilibre de pouvoir. Ce que beaucoup de gens ne comprennent pas est que Karim Khan n’était pas seulement mon patron, mais le patron de tout le monde », a-t-elle déclaré. Les faits dénoncés remonteraient au mois d’octobre 2024.

Une enquête est toujours en cours. Après l’ouverture de la procédure, Karim Khan s’était retiré de ses fonctions afin d’assurer sa défense, avant d’être officiellement suspendu en juin dernier en attendant que les États membres de la CPI statuent sur son avenir.

Le procureur déchu conteste toutefois cette décision. Son avocat, Tayab Ali, a annoncé sur le réseau social X que son client utiliserait tous les recours juridiques à sa disposition pour remettre en cause ce qu’il considère comme une décision illégale et inéquitable.

La révocation de Karim Khan intervient dans un contexte particulièrement sensible pour la CPI. Son équipe de défense soutient que les éléments recueillis au cours des investigations ne permettent pas d’établir les accusations dont il fait l’objet. Ses avocats estiment également que son éviction intervient alors qu’il est devenu une personnalité dérangeante sur la scène internationale.

Cette argumentation fait notamment référence aux mandats d’arrêt délivrés sous son autorité contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, dans le cadre de la guerre à Gaza. Karim Khan avait également engagé des poursuites contre plusieurs dirigeants du Hamas en sollicitant des mandats d’arrêt à leur encontre.

Ces décisions avaient suscité de vives réactions internationales. Les États-Unis, alliés d’Israël et critiques de longue date de la Cour pénale internationale, avaient d’ailleurs pris des sanctions contre Karim Khan en raison de son action.

À l’ONU, l’ambassadeur israélien Danny Danon a salué la décision des États membres de la CPI. Sur X, il a estimé que Karim Khan avait tenté de détourner l’attention des accusations d’inconduite sexuelle en menant, selon ses termes, une « chasse aux sorcières politique » contre Israël, ajoutant que cette stratégie avait échoué.

Pour plusieurs États membres de la Cour, au-delà des enjeux géopolitiques, les accusations visant Karim Khan ont durablement porté atteinte à la crédibilité et à l’image de la CPI, justifiant ainsi sa révocation définitive.

Thom Biakpa

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