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Malawi : 24 lycéens découvrent la programmation appliquée à l’agriculture

L’université agricole LUANAR et l’organisation STEMpower ont engagé un parcours de six mois mêlant électronique, capteurs et projets agricoles. Démarré les 16 et 17 octobre et documenté le 19 par l’université, ce programme pilote rapproche l’enseignement scientifique des problèmes concrets des exploitations.

Par la Rédaction
Publié le 30 octobre 2026
Lecture : 4 min
Malawi : 24 lycéens découvrent la programmation appliquée à l’agriculture

À travers un programme de six mois, 24 élèves de deux établissements secondaires du Malawi découvrent l’électronique et la programmation appliquées à l’agriculture.

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De la salle de classe au champ connecté

Au Malawi, la formation à l’innovation agricole s’invite plus tôt dans le parcours scolaire. La Lilongwe University of Agriculture and Natural Resources (LUANAR) et l’organisation panafricaine STEMpower ont engagé un programme de six mois destiné à 24 élèves de deux établissements secondaires : Mitundu Secondary School et Chiseka Community Day Secondary School. Les premières séances se sont déroulées les 16 et 17 octobre 2026, selon un compte rendu publié le 19 octobre par l’université, puis repris le 23 octobre dans la presse locale. Le dispositif fait découvrir aux participants les bases de l’électronique et de la programmation à travers des applications liées aux activités agricoles.

Les apprentissages annoncés sont concrets : systèmes d’irrigation intelligents, gestion de serres, surveillance des bâtiments avicoles ou observation des parcelles. L’idée est de montrer qu’un capteur, un petit circuit électronique ou un programme informatique peut aider à mesurer l’humidité, suivre une température ou déclencher une alerte. À ce stade, il s’agit d’objectifs pédagogiques. Aucun déploiement à grande échelle de dispositifs automatisés dans des exploitations n’a été annoncé, et rien ne permet encore d’attribuer au programme une amélioration mesurée des rendements agricoles.

Douze séances pour acquérir des bases techniques

Les élèves doivent découvrir comment des cartes programmables et des capteurs peuvent servir à mesurer l’humidité du sol ou à automatiser certains dispositifs d’irrigation.

Selon les informations publiées par Nyasa Times, le parcours doit comprendre douze séances. Il commencera par la découverte des cartes Arduino, des composants électroniques et de la conception de circuits, avant d’aborder la programmation, les capteurs et les moteurs. Cette progression répond à une difficulté fréquente de l’enseignement technologique : les notions théoriques restent abstraites lorsqu’elles ne débouchent pas sur un objet que l’élève peut construire, tester et corriger.

Precious Gawanani, coordinateur de l’enseignement ouvert et à distance de LUANAR, a présenté la démarche comme un moyen de donner aux jeunes des outils pratiques et la confiance nécessaire pour résoudre des problèmes rencontrés dans leurs communautés. Edwin Kumfa, dirigeant de STEMpower, a pour sa part insisté sur le lien entre sécurité alimentaire et compétences technologiques. Le programme repose donc sur une double ambition : éveiller l’intérêt pour les sciences et rendre l’agriculture plus visible comme secteur d’innovation, plutôt que comme activité exclusivement manuelle.

Une expérience limitée, mais un enjeu national plus large

Le chiffre de 24 bénéficiaires doit être interprété avec précision. Il s’agit du nombre d’élèves concernés par cette initiative, et non d’un objectif national de formation. De même, six mois de programme ne correspondent pas à six mois de cours quotidiens : la formule annoncée est structurée autour de douze séances. Cette échelle modeste peut permettre un accompagnement rapproché et l’observation des progrès, mais elle limite nécessairement l’impact direct à court terme.

L’intérêt éditorial du projet tient à sa méthode. Pour un pays dont l’économie et l’emploi restent étroitement liés à l’agriculture, introduire tôt des outils numériques peut ouvrir des perspectives professionnelles nouvelles : maintenance de petits équipements, collecte de données, automatisation simple ou services techniques aux exploitants. Ces débouchés demeurent des possibilités, non des emplois promis aux participants. Les compétences réellement acquises dépendront du matériel disponible, du temps de pratique, de la formation des encadrants et de la capacité à poursuivre les exercices après les séances.

La question décisive du passage à l’échelle

Un projet pilote ne devient une politique éducative que si ses résultats sont documentés et ses conditions de reproduction clarifiées. Plusieurs indicateurs permettraient de juger l’expérience : assiduité des élèves, maîtrise des notions de base, réalisation de prototypes fonctionnels, participation des filles et capacité des établissements à réutiliser les équipements. Une évaluation des coûts par élève serait également utile pour apprécier la possibilité d’étendre le modèle à des écoles moins bien dotées.

La collaboration entre une université spécialisée et une organisation d’éducation scientifique présente toutefois un avantage : elle rapproche des compétences de recherche et des besoins d’apprentissage secondaires. Elle pourrait aussi créer un pont vers l’enseignement supérieur ou la formation professionnelle, à condition que les établissements disposent de moyens durables. Pour l’heure, l’annonce marque le démarrage d’une expérimentation de formation, pas la preuve d’une transformation du système scolaire malawite. Son intérêt sera confirmé lorsque les élèves auront réalisé leurs projets et que les partenaires publieront un bilan pédagogique vérifiable.