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Mali-Algérie : Le dialogue reprend après une longue crise diplomatique

Après plusieurs mois de relations tendues, Bamako et Alger semblent vouloir ouvrir une nouvelle page. La rencontre, lundi 24 août à Alger, entre le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga et le président algérien Abdelmadjid Tebboune marque un premier signal de rapprochement entre les deux pays voisins.

Par Thomas Biakpa
Publié le 25 août 2026
Lecture : 4 min
Mali-Algérie : Le dialogue reprend après une longue crise diplomatique

Le premier ministre malien, Abdoulaye Maiga reçu dans une ambiance conviviale par son homologue algérien à Alger / Primature du Mali

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En visite de travail à Alger à l’invitation des autorités algériennes, Abdoulaye Maïga est arrivé avec un message du président de la Transition malienne, Assimi Goïta, destiné à son homologue algérien. Au-delà du caractère officiel de la rencontre, cette visite traduit surtout la volonté des deux capitales de rétablir un canal de dialogue direct après une période particulièrement difficile.

Une relation longtemps marquée par la méfiance

Les relations entre le Mali et l’Algérie se sont progressivement détériorées ces dernières années. Au cœur des tensions figurent notamment les divergences sur la situation dans le nord du Mali, mais aussi les accusations d’ingérence formulées par Bamako à l’encontre d’Alger.

L’Algérie, de son côté, n’a jamais cessé de considérer l’évolution de la situation sécuritaire au Mali comme une question directement liée à sa propre sécurité. Les deux pays partagent en effet une longue frontière, dans une région où l’instabilité et la circulation des groupes armés demeurent des préoccupations majeures.

Cette crise avait également pris une dimension symbolique avec la dégradation des relations diplomatiques et le rappel des ambassadeurs. Leur retour respectif à Bamako et Alger constitue désormais l’un des signes de la normalisation recherchée par les deux parties.

Le poids particulier de l’Algérie dans les affaires maliennes

Pour Bamako, renouer avec Alger n’est pas un simple geste diplomatique. L’Algérie occupe depuis plusieurs décennies une position importante dans les dossiers liés au nord du Mali.
Elle avait notamment joué un rôle central dans les négociations qui avaient abouti à l’Accord d’Alger de 2015. Si les autorités maliennes considèrent aujourd’hui cet accord comme caduc, l’expérience algérienne en matière de médiation et sa connaissance des acteurs du nord du Mali donnent à Alger une place particulière dans toute réflexion sur l’avenir de cette région.

Le contexte a toutefois profondément changé. La situation sécuritaire s’est aggravée et les rapports entre les autorités maliennes et certains mouvements armés du nord se sont durcis. La question de savoir comment Alger peut, ou souhaite, intervenir dans ce nouvel environnement reste donc l’un des principaux enjeux du rapprochement actuel.

La sécurité au cœur des prochaines discussions

La reprise du dialogue intervient alors que le Mali continue de faire face à une situation sécuritaire complexe. Les groupes jihadistes restent actifs dans plusieurs zones du pays, tandis que les tensions avec la rébellion du Front de libération de l’Azawad entretiennent l’instabilité dans le nord.

Pour les autorités algériennes, cette évolution représente une menace potentielle à proximité immédiate de leur territoire. Pour Bamako, la coopération avec son voisin du nord peut également présenter un intérêt stratégique, notamment lorsqu’il s’agit de prévenir l’extension de l’insécurité dans les zones frontalières.
Cette proximité géographique pourrait donc pousser les deux États à rechercher des points de convergence, malgré les divergences qui subsistent sur la manière de gérer la crise malienne.

Un rapprochement encore fragile

La rencontre entre Abdoulaye Maïga et Abdelmadjid Tebboune ne signifie pas pour autant que tous les différends ont été réglés. Les blessures diplomatiques des derniers mois restent récentes et les positions des deux pays sur plusieurs questions régionales demeurent éloignées.

Mais le simple fait que les dirigeants maliens et algériens aient choisi de renouer un contact politique direct constitue déjà un changement notable. Le retour des ambassadeurs et les premières mesures de normalisation montrent que Bamako et Alger cherchent désormais à privilégier la discussion plutôt que la confrontation diplomatique.

La suite dépendra surtout de la capacité des deux pays à transformer ce rapprochement politique en coopération concrète. Le dossier sécuritaire, l’avenir du nord du Mali et la gestion de leur frontière commune devraient figurer parmi les principaux sujets des prochaines discussions.

Après des mois de tensions, le Mali et l’Algérie semblent donc avoir fait le choix de se reparler. Reste maintenant à savoir si ce début de dégel permettra d’installer une relation durablement apaisée entre les deux voisins.