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Mali : L’insécurité assombrit la rentrée scolaire, plus de 2 400 établissements toujours fermés

Alors que le Mali entame l’année scolaire 2026-2027 placée sous le signe de l’éducation et de la culture, plus de 2 400 écoles restent fermées en raison de l’insécurité. Cette situation prive quelque 733 200 enfants d’accès à l’école, notamment dans les régions du Nord et du centre du pays

Par Thomas Biakpa
Publié le 1 octobre 2026
Lecture : 4 min
Mali : L’insécurité assombrit la rentrée scolaire, plus de 2 400 établissements toujours fermés

Une école du cercle de Bafoulabé fermée pour faute d’enseignants, le 24 novembre 2024/ Studio Tamani

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La rentrée scolaire 2026-2027 s’ouvre au Mali dans un contexte particulièrement préoccupant. Alors que les autorités ont placé cette nouvelle année sous le signe de l’éducation et de la culture, une partie considérable des enfants maliens reste privée de salle de classe en raison de l’insécurité qui continue de gagner plusieurs régions du pays.

Sur les 11 860 établissements scolaires recensés à l’échelle nationale, 2 444 sont actuellement hors service, selon les données publiées en juin par le Cluster éducation du Mali, qui regroupe les services du ministère de l’Éducation ainsi que les acteurs humanitaires et associatifs du secteur. Cette situation concerne directement environ 733 200 enfants.

Autrement dit, plus d’une école malienne sur cinq ne peut pas fonctionner normalement au moment où débute cette nouvelle année scolaire.

Des établissements contraints de fermer leurs portes

Derrière ces chiffres se cachent des réalités diverses, mais toutes liées à la dégradation de la situation sécuritaire. Dans certaines localités, des groupes armés ont imposé la fermeture des établissements. Ailleurs, les écoles ont été endommagées, pillées ou détruites lors d’attaques.

Dans plusieurs zones à risque, le problème tient également au manque d’enseignants. Craignant pour leur sécurité, certains refusent de rejoindre les postes qui leur ont été attribués. D’autres établissements ont par ailleurs été transformés en lieux d’accueil pour des familles déplacées par les violences, les empêchant ainsi de reprendre leur vocation éducative.

Cette crise n’est toutefois pas nouvelle. Elle s’est progressivement aggravée au fil des années. Alors qu’environ 1 300 écoles étaient fermées en 2020, leur nombre était passé à quelque 1 800 en 2024. Le seuil des 2 400 établissements est désormais franchi.

Le Nord particulièrement touché

Certaines régions sont confrontées à des niveaux de perturbation particulièrement élevés. Dans le Nord, les situations de Kidal et de Ménaka illustrent l’ampleur des difficultés auxquelles est confronté le système éducatif.

À Kidal, une grande majorité des établissements scolaires ne fonctionnent plus. Selon les données disponibles, 84 % des écoles de la région sont fermées. Cette situation intervient dans un contexte de bouleversements sécuritaires et politiques qui ont profondément affecté la présence de l’État dans cette partie du territoire.

À Ménaka, la situation demeure également très fragile. Si la ville reste sous contrôle des forces maliennes, une grande partie du reste de la région est confrontée à la présence de groupes armés. Dans l’académie de Ménaka, 52 % des établissements sont considérés comme non fonctionnels.

Ces difficultés avaient d’ailleurs été évoquées par les organisations syndicales lors d’une réunion consacrée aux préparatifs de la rentrée, quelques jours avant la reprise des cours. Les représentants du secteur avaient notamment exprimé leurs préoccupations concernant le nombre d’écoles fermées ainsi que les conditions dans lesquelles les enseignants doivent exercer dans les zones septentrionales.

Le centre du pays également sous pression

Le phénomène ne se limite pas au Nord. Plusieurs académies du centre du Mali sont elles aussi fortement affectées par les violences et l’instabilité.
Dans les zones où les groupes armés exercent une influence importante, l’accès à l’éducation devient particulièrement difficile. Les chiffres témoignent de l’ampleur du problème : 38 % des écoles sont fermées dans l’académie de Bandiagara, contre 52 % à Douentza. La situation est encore plus préoccupante à Tenenkou, où le taux de fermeture atteint 68 %.

Pour les populations concernées, les conséquences dépassent largement la seule interruption d’une année scolaire. La fermeture prolongée des établissements prive les enfants d’un cadre d’apprentissage et fragilise davantage des communautés déjà affectées par les déplacements et les violences.
Un défi majeur pour les autorités

La situation intervient alors que les autorités maliennes ont officiellement fait de l’éducation l’une des priorités de la période 2026-2027. Le président de la Transition, le général Assimi Goïta, a déclaré cette période « Année de l’éducation et de la culture ».
À l’occasion de la fête de l’Indépendance, il a également réaffirmé la volonté des autorités de renforcer la lutte contre l’insécurité et les groupes armés.

Mais la réouverture des établissements scolaires dépendra largement de l’évolution de la situation sur le terrain. Tant que certaines zones resteront exposées aux attaques, aux déplacements de populations et aux menaces visant les enseignants, la reprise effective des cours demeurera difficile.

Pour des centaines de milliers d’enfants maliens, cette rentrée commence donc avec une réalité paradoxale : l’éducation est officiellement placée au cœur des priorités nationales, mais l’insécurité continue de maintenir une part importante des écoles hors de portée des élèves.