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Maroc : L’agriculture porte une croissance qui ralentit

Au Maroc, les comptes du deuxième trimestre 2026 révèlent une progression du PIB de 4 %. Derrière ce résultat, le rebond agricole contraste avec le recul de plusieurs activités industrielles et l’augmentation du besoin de financement.

Par la Rédaction
Publié le 9 octobre 2026
Lecture : 4 min
Maroc : L’agriculture porte une croissance qui ralentit

Un agriculteur irrigue son champ de blé au Maroc.

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Sans son rebond agricole, l’économie marocaine afficherait un visage nettement moins favorable. Les comptes nationaux publiés le 30 septembre par le Haut-Commissariat au Plan montrent une croissance de 4 % au deuxième trimestre 2026, contre 5,8 % un an auparavant. Dans le même temps, la valeur ajoutée agricole progresse de 21,2 %, tandis que la croissance des activités non agricoles tombe à 1,5 %, après 4,9 %.

Cette divergence donne au résultat trimestriel une portée particulière. Le Maroc continue de croître, mais les moteurs de son activité ne tournent pas au même rythme. Une bonne campagne agricole soutient les revenus ruraux, les échanges commerciaux et la demande de services. Elle peut aussi améliorer l’approvisionnement alimentaire. Son effet ne remplace toutefois pas une progression régulière de la production industrielle.

Le détail sectoriel confirme cette fragilité. Le secteur secondaire se contracte de 3,9 % sur un an. Les activités extractives reculent de 28,6 % et les industries de transformation de 3,2 %. La construction reste en croissance, à 2,8 %, mais ralentit sensiblement. Ces chiffres décrivent un trimestre précis : ils ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à un déclin durable de l’industrie marocaine.

Ils invitent néanmoins à examiner l’équilibre de la croissance. Lorsque plusieurs activités productives ralentissent simultanément, les fournisseurs, les sous-traitants et les transporteurs peuvent en ressentir les effets. L’évolution du PIB agrégé masque parfois ces différences. Une entreprise industrielle confrontée à une baisse de ses commandes ne bénéficie pas nécessairement, dans les mêmes proportions, de l’augmentation de la production agricole.

Les services contribuent à maintenir l’activité. Leur valeur ajoutée augmente de 4 %, avec des évolutions contrastées. Les services financiers et les assurances progressent de 7,7 %. L’hébergement et la restauration restent dynamiques, à 6,6 %, même si leur rythme se modère. Ces résultats montrent que le ralentissement ne touche pas tous les secteurs de manière uniforme.

La demande intérieure demeure le principal soutien de l’économie. Elle avance de 5 %, tandis que la consommation des ménages progresse de 4,1 %. L’investissement brut augmente également, de 6,8 %, mais beaucoup moins vite qu’un an auparavant. Ce dernier indicateur inclut la formation brute de capital fixe et la variation des stocks : il ne faut pas le réduire aux seuls nouveaux chantiers ou achats de machines.

Le commerce extérieur apporte une autre nuance. Les exportations de biens et services progressent de 7,6 % en volume, mais les importations augmentent de 9,1 %. Leur contribution combinée à la croissance reste négative. Cette situation ne signifie pas que toutes les importations affaiblissent l’économie : certaines financent des équipements nécessaires à la production future. Leur composition importe autant que leur montant.

C’est ici que se pose la question du financement. Le besoin de financement de l’économie atteint 5 % du PIB au deuxième trimestre, contre 2,4 % un an plus tôt. Cet indicateur traduit l’écart entre l’investissement national et l’épargne disponible. Il ne correspond ni au déficit budgétaire de l’État ni au seul solde commercial. Son augmentation signale un recours plus important aux ressources extérieures.

Pour apprécier cette évolution, il faut regarder ce que financent ces ressources et dans quelles conditions elles sont obtenues. Des équipements qui accroissent durablement les exportations ou la productivité peuvent améliorer les équilibres futurs. Des dépenses peu génératrices de revenus ajoutent davantage de contraintes. Le taux d’intérêt, la devise et la maturité des financements influencent aussi leur soutenabilité.

Le contraste entre agriculture et industrie rappelle, enfin, l’intérêt d’une diversification qui se vérifie dans les résultats. Le rebond des récoltes constitue un soutien utile pour les ménages et les territoires ruraux. Mais une trajectoire moins exposée aux variations agricoles suppose des entreprises capables de conserver leurs marchés, d’améliorer leur productivité et de développer des activités à plus forte valeur ajoutée.

La publication des comptes ne remet donc pas en cause toute la dynamique économique du royaume. Elle en révèle les déséquilibres du moment. Les prochains résultats permettront d’observer si les activités non agricoles retrouvent davantage d’élan et si l’investissement se traduit par des capacités productives nouvelles. Pour l’instant, le Maroc garde une croissance appréciable, dont la solidité repose fortement sur l’agriculture.