Maroc : le projet de budget 2027 porte les crédits de l’éducation et de la formation à 121,3 milliards de dirhams
Présenté au Parlement le 23 octobre, le projet de loi de finances marocain pour 2027 prévoit 121,3 milliards de dirhams pour l’éducation nationale, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle, soit 5,3 milliards de plus qu’en 2026. Près de 17 900 postes budgétaires sont également annoncés, sur fond de décrochage scolaire et de chômage des jeunes.

Le projet de loi de finances 2027 prévoit une enveloppe de 121,3 milliards de dirhams pour l’éducation nationale, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle.
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Un effort financier présenté au Parlement
Le Maroc entend augmenter les moyens consacrés à son système éducatif en 2027. Lors de la présentation du projet de loi de finances devant le Parlement, vendredi 23 octobre 2026, le ministre de l’Économie et des Finances Fouzi Lekjaa a annoncé une enveloppe globale de 121,3 milliards de dirhams pour l’éducation nationale, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle. La hausse annoncée atteint 5,3 milliards de dirhams par rapport à l’exercice 2026, soit environ 4,6 % si l’on rapporte cette progression à la base de 116 milliards de dirhams.
Cette enveloppe couvre plusieurs niveaux de formation et ne doit pas être assimilée au seul budget des écoles primaires et secondaires. Le gouvernement présente cet effort comme l’un des instruments de son programme de transformation sociale, qui veut mieux relier parcours scolaire, compétences professionnelles et accès à l’emploi. Les montants relèvent toutefois d’un projet budgétaire : ils devront être examinés et votés selon la procédure parlementaire avant de devenir des crédits autorisés pour l’exercice 2027.
Les annonces concernent aussi les ressources humaines. Selon les chiffres relayés par la presse marocaine après l’exposé ministériel, 17 874 postes budgétaires supplémentaires sont prévus pour les secteurs de l’éducation et de la formation. Leur répartition entre enseignants, personnels administratifs et autres métiers ne peut être déduite de ce seul total. Les effets sur les classes dépendront de l’affectation effective des recrutements, de leur localisation et de la capacité à pourvoir les postes ouverts.
Décrochage scolaire et inégalités au cœur du défi
La hausse des crédits intervient alors que le système éducatif reste confronté à une difficulté structurelle : maintenir les élèves dans un parcours de formation jusqu’à l’acquisition de compétences solides. Morocco World News rapporte qu’environ 280 000 élèves quittent chaque année l’école, dont quelque 160 000 au niveau du collège, selon des estimations évoquées dans le débat public. Ces ordres de grandeur soulignent la nécessité de ne pas juger la politique éducative à la seule progression des dépenses.
Les défis sont multiples : distance entre domicile et établissement dans certains territoires, coût indirect de la scolarité pour les familles, qualité des apprentissages, orientation et perspectives d’emploi. Une augmentation des moyens peut contribuer à répondre à ces problèmes, mais elle n’indique pas automatiquement combien d’élèves seront effectivement maintenus à l’école ou combien progresseront en lecture, mathématiques et compétences techniques.
Le gouvernement doit également composer avec les revendications des professionnels de l’éducation. Des enseignants du préscolaire ont récemment manifesté pour demander de meilleures conditions d’emploi et une intégration dans la fonction publique. Ce dossier illustre l’importance des conditions de travail dans la réussite des réformes. Les budgets nouveaux devront être rapprochés des engagements salariaux, des besoins d’équipement et des objectifs de qualité pédagogique.
Université, formation professionnelle et emploi des jeunes

La présentation du budget fait également état de projets d’extension de l’offre universitaire et professionnelle. Des annonces rapportées par Alyaoum24 évoquent la création de 49 établissements universitaires et l’ouverture de trois Cités des métiers et des compétences. À ce stade, il s’agit de projets ou de programmations gouvernementales : leur calendrier, leur financement détaillé et leur degré d’avancement devront être suivis établissement par établissement.
Le rapprochement entre formation et insertion professionnelle occupe une place croissante dans la stratégie annoncée. Le gouvernement prépare un programme intégré pour 2027-2031 associant orientation, acquisition de compétences, accompagnement entrepreneurial et accès aux dispositifs de financement. Il entend réduire la dispersion des initiatives sectorielles et proposer un parcours plus lisible aux jeunes, depuis l’éducation jusqu’à l’activité économique.
La question est particulièrement sensible pour les jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. La cheffe du gouvernement a évoqué environ 2,9 millions de personnes âgées de 15 à 29 ans dans cette situation, selon les chiffres rapportés par la presse. Une telle population ne peut être accompagnée uniquement par l’ouverture de nouvelles places scolaires : elle nécessite des passerelles vers l’apprentissage, la certification, l’emploi formel et l’entrepreneuriat.
L’enjeu de l’exécution et des résultats
Pour mesurer la portée du budget 2027, plusieurs indicateurs seront déterminants : crédits réellement exécutés, délais de recrutement, équipements livrés, réduction des disparités territoriales et amélioration des acquis scolaires. Il faudra également distinguer les créations administratives d’établissements de leur ouverture effective, avec locaux, personnels et étudiants. Les annonces de postes et de bâtiments ne constituent pas en elles-mêmes des résultats pédagogiques.
La progression annoncée de 5,3 milliards de dirhams représente un signal politique significatif, mais elle ne résume pas la performance future du système. La pression démographique, les exigences du marché du travail et les attentes des familles imposent une traduction concrète de cette enveloppe en services éducatifs accessibles et de qualité. Le débat parlementaire devra préciser les affectations et les mécanismes de suivi qui permettront d’apprécier ces engagements à partir de 2027.
La comparaison annuelle des enveloppes devra enfin tenir compte de l’inflation, de l’évolution des effectifs scolaires et du poids des dépenses de personnel. Une hausse nominale des crédits n’implique pas nécessairement une augmentation identique des moyens disponibles par élève. Les autorités devront publier des données désagrégées par niveau d’enseignement et par région pour permettre aux citoyens, aux chercheurs et aux partenaires éducatifs de suivre l’utilisation des ressources et de distinguer l’effort annoncé des progrès réellement obtenus.
