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Niger : 3 000 milliards de FCFA de recettes pétrolières au cœur des tensions avec des entreprises Chinoises

Cinq mois après l’accord conclu avec les compagnies pétrolières chinoises, le Niger dénonce plusieurs manquements liés au rapatriement des recettes pétrolières, à la sous-traitance et à l’emploi local. Niamey accorde 45 jours à ses partenaires pour régulariser la situation et respecter leurs engagements. 

Par Thomas Biakpa
Publié le 16 octobre 2026
Lecture : 3 min
Niger : 3 000 milliards de FCFA de recettes pétrolières au cœur des tensions avec des entreprises Chinoises

Des ouvriers nigériens et chinois sur le chantier d’un oléoduc, au Niger / AFP

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Cinq mois après avoir conclu un accord avec les entreprises chinoises du secteur pétrolier, le Niger exige des résultats concrets. Les autorités nigériennes reprochent à leurs partenaires plusieurs manquements, notamment en matière de rapatriement des revenus pétroliers, de sous-traitance locale et de recrutement du personnel national. Pour remédier à ces insuffisances, Niamey leur a accordé un délai de 45 jours pour se conformer à leurs engagements.

Cette mise en demeure fait suite à une rencontre organisée cette semaine entre le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, et les responsables de la China National Petroleum Corporation (CNPC), de Wapco et de la Société de raffinage de Zinder (Soraz). À l’issue des échanges, le chef de la diplomatie nigérienne a présenté les principaux points de désaccord qui persistent malgré le protocole de partenariat signé en mai dernier.

Des milliards de francs CFA en recettes pétrolières en jeu

Parmi les préoccupations soulevées par les autorités figure le rapatriement des revenus issus des exportations de pétrole brut. Selon Bakary Yaou Sangaré, près de 3 000 milliards de francs CFA, soit environ 4,57 milliards d’euros, n’auraient pas été rapatriés au Niger par la CNPC depuis le lancement des exportations, il y a deux ans et demi.

Le ministre évoque également un manque à gagner estimé à 17 milliards de francs CFA, correspondant à environ 25,9 millions d’euros pour les finances publiques nigériennes.
D’après les autorités, les entreprises concernées détiennent des comptes bancaires à l’étranger, notamment à Paris et à Hong Kong. Le gouvernement demande donc que les recettes pétrolières soient rapatriées conformément aux obligations attendues de ses partenaires.

La sous-traitance et l’emploi local également concernés
Les exigences de Niamey ne se limitent pas aux revenus du pétrole. Le gouvernement souhaite également obtenir davantage de transparence sur les contrats de sous-traitance conclus par les sociétés chinoises. Il réclame, à cet effet, des informations détaillées sur les marchés attribués.

La question de la nigérisation des effectifs constitue un autre point de friction. Les autorités affirment ne pas avoir reçu les plans attendus concernant le recrutement de travailleurs nigériens. Elles déplorent également l’absence de démarrage des recrutements annoncés et des audits des ressources humaines prévus dans le cadre des engagements pris.

La raffinerie de Zinder sous surveillance

Cette situation intervient alors que le Niger fait face à des difficultés d’approvisionnement en carburant. Dans ce contexte, le gouvernement s’inquiète aussi du niveau de fonctionnement de la raffinerie de Zinder, dont la production serait tombée à 75 % de sa capacité.

Malgré ces griefs, les autorités nigériennes ne remettent pas en cause leur volonté de poursuivre la coopération avec les entreprises chinoises. Elles entendent toutefois obtenir des réponses concrètes aux problèmes identifiés.

Les partenaires concernés disposent désormais de 45 jours pour réagir aux demandes du gouvernement et prendre les mesures nécessaires afin de respecter leurs engagements. À travers cette échéance, Niamey entend renforcer le suivi du partenariat pétrolier et obtenir des retombées plus conformes aux attentes du pays.