Chargement des indices boursiers africains...
Nom de votre média

Niger : Tiani frappe à nouveau avec cinq déchéances provisoires de nationalité, la liste dépasse désormais 25 personnes

Les autorités militaires nigériennes ont prononcé la déchéance provisoire de nationalité de cinq personnes, dont l’ancien Premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou. Accusées notamment d’atteinte à la sûreté de l’État, elles s’ajoutent à une liste de plus de 25 Nigériens visés par cette mesure depuis 2024

Par Thomas Biakpa
Publié le 18 septembre 2026
Lecture : 3 min
Niger : Tiani frappe à nouveau avec cinq déchéances provisoires de nationalité, la liste dépasse désormais 25 personnes

Le Général Abdourahamane Tiani, chef de l’État nigérien / AFP

Publicité

Format Pavé

300 x 250 px

Le pouvoir militaire nigérien a pris de nouvelles mesures à l’encontre de plusieurs personnalités considérées comme hostiles au régime. Cinq Nigériens ont récemment fait l’objet d’une déchéance provisoire de leur nationalité, conformément à un décret signé par le général Abdourahamane Tiani, président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP).

La décision a été rendue publique jeudi soir par la télévision nationale. Parmi les personnes concernées figure Ouhoumoudou Mahamadou, qui a dirigé le gouvernement nigérien sous la présidence de Mohamed Bazoum, renversé lors du coup d’État de juillet 2023.

D’autres noms apparaissent également dans cette nouvelle liste. Il s’agit notamment de personnalités présentes sur les réseaux sociaux et connues pour leurs prises de position critiques à l’égard des autorités militaires. Plusieurs d’entre elles se trouvent actuellement à l’extérieur du Niger.

Des accusations liées à la sécurité de l’État

Les autorités reprochent aux cinq personnes visées différents faits considérés comme susceptibles de porter atteinte aux intérêts et à la stabilité du pays. Le communiqué officiel évoque notamment la diffusion d’informations ou de données susceptibles de perturber l’ordre public, des contacts présumés avec des puissances étrangères, des actions visant à affaiblir le moral des forces armées ainsi que des faits qualifiés d’atteinte à la sûreté de l’État.

Cette nouvelle mesure s’inscrit dans un dispositif mis en place par les autorités nigériennes depuis 2024. Celui-ci concerne des personnes accusées d’être impliquées dans des activités terroristes ou de compromettre les intérêts de la nation.

Depuis l’instauration de ce mécanisme, plus de 25 personnes auraient déjà perdu, à titre provisoire, leur nationalité nigérienne. Parmi elles figurent d’anciens responsables gouvernementaux, des militaires, des militants et des personnalités opposées au régime issu du coup d’État.

La liste comprend également Mayra Djibrine, à la tête de l’Alliance des Démocrates du Sahel, une organisation réunissant des opposants maliens, nigériens et burkinabè favorables au rétablissement de l’ordre constitutionnel dans les pays concernés.

Une mesure qui peut devenir définitive sous certaines conditions

La déchéance prononcée par les autorités n’est toutefois pas, dans l’immédiat, définitive. Le dispositif juridique prévoit qu’elle puisse le devenir si les personnes concernées sont ultérieurement condamnées par la justice à une peine d’emprisonnement d’au moins cinq ans.

Cette disposition place donc les personnes visées dans une situation juridique particulière : leur nationalité est retirée à titre provisoire, dans l’attente de l’issue des procédures judiciaires engagées contre elles.

Avec cette nouvelle série de décisions, le pouvoir de Niamey poursuit ainsi l’application du dispositif instauré depuis 2024 à l’encontre de personnalités accusées de menacer la sécurité de l’État ou de s’opposer à ses intérêts.