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Ouganda : la BEI aidera les banques à mesurer les risques climatiques, sans nouvelle ligne de crédit annoncée

Un accord signé le 21 octobre entre la Banque centrale de l’Ouganda et BEI Global prévoit une assistance technique sur les risques climatiques, les informations publiées par les banques et la finance verte. Il ne s’agit pas d’un prêt supplémentaire : l’enjeu est de rendre les règles existantes applicables dans le secteur financier.

Par la Rédaction
Publié le 23 octobre 2026
Lecture : 4 min
Ouganda : la BEI aidera les banques à mesurer les risques climatiques, sans nouvelle ligne de crédit annoncée

Des agriculteurs ougandais travaillant la terre. L’Ouganda estime avoir besoin de 28,1 milliards de dollars d’ici 2030 pour financer son action climatique, un défi majeur pour lequel la BEI s’engage à verdir le secteur bancaire national.

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Un accord de coopération centré sur la supervision

Les banques ougandaises vont bénéficier d’un appui pour intégrer davantage le risque climatique dans leur gestion. Le 21 octobre 2026, BEI Global, branche internationale de la Banque européenne d’investissement, et la Bank of Uganda ont signé un accord de coopération destiné à renforcer les capacités du régulateur et des établissements financiers. Le programme prévoit notamment une feuille de route pour verdir le système financier, une amélioration des déclarations relatives aux risques climatiques et une utilisation plus opérationnelle de la taxonomie verte nationale.

Le contenu financier de cette annonce doit être précisément qualifié. La BEI n’a pas présenté l’opération comme une nouvelle enveloppe de prêts aux entreprises ou comme un fonds d’investissement doté d’un montant annoncé. Il s’agit d’une assistance technique : des compétences, des méthodes et des outils destinés à aider les banques à identifier, mesurer et communiquer leurs expositions. Les éventuels effets sur les volumes de crédit dépendront ensuite des décisions des établissements et des projets effectivement finançables.

Pourquoi le climat devient un risque bancaire

Les phénomènes météorologiques peuvent peser directement sur la capacité de remboursement des clients. Une sécheresse réduit les revenus agricoles ; des inondations peuvent endommager des équipements, des routes ou des bâtiments ; des changements de réglementation peuvent modifier la rentabilité de certaines activités. Pour une banque, ces risques peuvent affecter la valeur des garanties, les flux de trésorerie des emprunteurs et, à terme, la qualité du portefeuille. Leur prise en compte nécessite des données fiables et des scénarios adaptés aux réalités locales.

La banque centrale avait déjà publié en octobre 2025 des lignes directrices sur la gestion des risques financiers liés au climat, entrées en application à la fin de cette année-là, selon les informations relayées par Uganda Business News. L’accord avec la BEI intervient donc dans une phase d’exécution réglementaire, et non au stade d’une première prise de conscience. Les établissements doivent également préparer l’adoption de standards de publication d’informations sur la durabilité pour les exercices ouverts à compter de 2028. Cette échéance accroît l’importance de systèmes de collecte et de contrôle des données.

La taxonomie verte, un langage commun pour les projets

L’Ouganda s’est doté en 2025 d’une taxonomie verte nationale. Ce référentiel vise à préciser quelles activités peuvent être considérées comme durables sur le plan environnemental, notamment dans l’agriculture, l’énergie, les transports, le bâtiment ou la gestion de l’eau. Pour les banques, une telle classification peut faciliter la comparaison des projets et réduire le risque de qualifier abusivement un investissement de « vert ». Son utilité dépend toutefois de critères compris par les équipes de crédit et d’informations accessibles aux entreprises clientes.

La BEI indique que l’assistance sera étendue à certains établissements commerciaux. Housing Finance Bank est le premier bénéficiaire identifié. Le choix est cohérent avec ses activités dans le logement et certains équipements énergétiques, mais les partenaires n’ont pas détaillé les interventions précises qui lui seront consacrées. Il serait donc prématuré d’annoncer de nouveaux produits bancaires ou des montants de financement qui ne figurent pas dans l’accord. La phase actuelle porte sur la préparation des pratiques et des outils de gestion.

Un besoin climatique évalué à 28,1 milliards de dollars

Le gouvernement ougandais estime à 28,1 milliards de dollars les besoins de financement de son action climatique d’ici à 2030, selon les données reprises par la BEI. Ce chiffre représente une estimation des besoins nationaux, pas la valeur de l’accord conclu le 21 octobre. Le programme de coopération s’inscrit dans le dispositif Greening Financial Systems, financé par l’Allemagne et le Luxembourg et coordonné avec le partenariat international NDC Partnership. Plusieurs pays africains, dont le Kenya, le Nigeria, le Rwanda et l’Éthiopie, ont également bénéficié de ce type d’appui.

Pour les entreprises ougandaises, l’enjeu est double. Une meilleure mesure des risques peut favoriser le financement d’activités plus résilientes, mais elle peut aussi accroître les exigences documentaires imposées aux emprunteurs. Le vice-gouverneur Augustus Nuwagaba a d’ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer la résilience sans restreindre inutilement l’accès au crédit. Les prochains éléments à suivre seront le calendrier opérationnel, le nombre de banques accompagnées, la qualité des données produites et, surtout, l’évolution effective des financements vers des projets compatibles avec les besoins du pays.