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RDC : En plus d’Ebola, le choléra fait plus de 1800 morts, l’OMS redoute une aggravation de l’épidémie

La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une grave flambée de choléra, avec plus de 60 000 cas et près de 1 800 décès enregistrés depuis le début de l’année 2026. Face à cette situation alarmante et au risque d’extension de l’épidémie, l’OMS appelle à renforcer urgemment la vaccination, la prévention et l’accès aux soins.

Par Thomas Biakpa
Publié le 5 novembre 2026
Lecture : 4 min
RDC : En plus d’Ebola, le choléra fait plus de 1800 morts, l’OMS redoute une aggravation de l’épidémie

En RDC, le système de santé déjà durement frappé par Ebola, est également confronté au choléra / Reuters

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La situation sanitaire devient de plus en plus préoccupante en République démocratique du Congo. Alors que le pays fait déjà face à une résurgence de la maladie à virus Ebola, une autre menace pèse lourdement sur les populations, c’est le choléra.

Depuis le début de l’année 2026, cette infection a déjà provoqué plus de 60 000 cas et entraîné environ 1 800 décès, selon les dernières données communiquées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’ampleur de cette crise suscite une vive inquiétude au sein de la communauté sanitaire internationale. L’organisation onusienne considère cette flambée comme l’une des plus graves que la RDC ait connues depuis plusieurs décennies. La progression de la maladie, conjuguée aux difficultés d’accès aux soins dans certaines régions, complique davantage les efforts déployés pour contenir sa propagation.

Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, situées dans la partie orientale du pays, figurent parmi les zones les plus affectées. Toutefois, les autorités sanitaires redoutent désormais une extension géographique de l’épidémie. D’après le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, de nouveaux cas sont également observés dans les localités situées le long du bassin du fleuve Congo. Une évolution qui fait craindre une progression de la maladie vers Kinshasa, la capitale congolaise.

Un contexte particulièrement défavorable à la maîtrise de l’épidémie

Au-delà du nombre élevé de contaminations, plusieurs facteurs rendent la situation particulièrement difficile à contrôler. L’accès limité à certaines zones touchées par les conflits armés constitue notamment un obstacle majeur à la prise en charge des malades et au déploiement des équipes sanitaires.

L’OMS s’inquiète également d’une possible coexistence entre les foyers de choléra et ceux d’Ebola. Une telle situation pourrait exercer une pression supplémentaire sur un système de santé déjà fortement sollicité.

À ces difficultés s’ajoutent les conditions climatiques. La saison des pluies, actuellement en cours, représente un facteur de risque supplémentaire, notamment en raison de la contamination possible des sources d’eau et de la dégradation des conditions d’assainissement. Ces circonstances pourraient accélérer la circulation de la maladie et favoriser son apparition dans de nouvelles localités, y compris dans la capitale.

L’inquiétude de l’OMS repose également sur l’évolution des chiffres. Après avoir enregistré en 2025 le plus grand nombre de cas signalés depuis plus de 25 ans, la RDC pourrait connaître une année 2026 encore plus dramatique sur le plan épidémiologique.

La vaccination au cœur de la riposte sanitaire

Face à cette situation, l’intensification des mesures de prévention et de lutte apparaît indispensable. Le taux de létalité, estimé à près de 3 %, témoigne notamment des difficultés rencontrées pour garantir une prise en charge rapide et efficace des personnes infectées.

Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, le renforcement des campagnes de vaccination doit constituer l’une des principales priorités, particulièrement dans les provinces de l’est du pays où la maladie demeure fortement présente.

Dans cette perspective, des dispositions ont déjà été prises pour soutenir la réponse vaccinale. Le Groupe international de coordination pour l’approvisionnement en vaccins a validé l’attribution de 7,4 millions de doses destinées à la lutte contre le choléra en 2026. Cette structure regroupe notamment l’OMS, l’Unicef, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ainsi que Médecins sans frontières, avec l’appui financier de Gavi, l’Alliance du vaccin.

Une nouvelle demande de doses supplémentaires est par ailleurs en cours d’examen afin de renforcer les capacités de riposte.

Alors que le nombre de victimes continue d’augmenter, l’enjeu pour les autorités congolaises et leurs partenaires internationaux est désormais d’empêcher que cette crise sanitaire ne prenne une dimension encore plus importante. La surveillance épidémiologique, l’accès à l’eau potable, l’amélioration de l’assainissement et l’accélération de la vaccination seront déterminants pour freiner la progression du choléra et protéger les populations les plus exposées.