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RDC : L’épidémie d’Ebola franchit le cap des 6 000 cas, près de 3000 morts enregistrés, la riposte mise à rude épreuve

6 041 cas confirmés et 2 911 décès. Telles sont les récentes données de l’épidémie d’Ebola qui frappe la RDC depuis plusieurs mois. Étendue à six provinces, l’épidémie met à rude épreuve un dispositif de riposte confronté au manque de moyens, à l’insécurité et aux incertitudes autour du vaccin utilisé

Par Thomas Biakpa
Publié le 1 septembre 2026
Lecture : 4 min
RDC : L’épidémie d’Ebola franchit le cap des 6 000 cas, près de 3000 morts enregistrés, la riposte mise à rude épreuve

Un patient atteint d’Ebola transporté par le personnel médical vers un centre de soins à Rwampara, en RDC / AP

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La République démocratique du Congo (RDC) continue de faire face à une crise sanitaire d’une ampleur sans précédent. D’après les dernières données communiquées par les autorités congolaises lundi 31 août, l’épidémie d’Ebola a déjà fait 6 041 cas confirmés et 2 911 morts.

Cette flambée, considérée comme la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays, a débuté dans la province de l’Ituri, au nord-est, avant de gagner progressivement plusieurs autres régions.

Désormais présente dans six provinces du nord et de l’est de la RDC, elle progresse dans un contexte particulièrement difficile, marqué par l’insécurité, la faiblesse des services publics et des moyens limités pour organiser la réponse sanitaire.

Une maladie difficile à détecter

À l’origine de cette nouvelle flambée se trouve le virus Ebola de type Bundibugyo, une souche encore relativement peu connue. Contrairement à la souche Zaïre, responsable de la majorité des précédentes épidémies d’Ebola en RDC, aucun vaccin ni traitement spécifique contre le Bundibugyo n’est actuellement homologué.

La détection des malades constitue également un défi important. Dans les premiers jours, l’infection peut se manifester par des symptômes qui paraissent peu alarmants. Cette apparente bénignité peut retarder la consultation médicale et favoriser la transmission du virus au sein des familles et des communautés.

À cette difficulté sanitaire s’ajoute la méfiance d’une partie de la population à l’égard des équipes de riposte. Dans certaines zones touchées, les acteurs de santé doivent ainsi travailler dans un environnement où l’accès aux populations est compliqué par l’insécurité et la présence de groupes armés.

L’aide internationale appelée à se renforcer

Face à l’ampleur de la situation, les besoins financiers dépassent largement les capacités actuelles de la réponse. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé jeudi à la mobilisation de 1,1 milliard de dollars supplémentaires pour compléter le financement du plan d’aide consacré à la lutte contre l’épidémie en RDC.
Sur le terrain, les autorités sanitaires et leurs partenaires cherchent parallèlement à accélérer la vaccination et à renforcer les dispositifs de prise en charge.

L’Ervebo utilisé malgré les incertitudes

En l’absence de vaccin spécifiquement conçu contre le virus Bundibugyo, l’Organisation mondiale de la santé recommande de tester l’efficacité de l’Ervebo, un vaccin déjà homologué contre la souche Zaïre, dans le cadre d’un essai clinique de phase 3.
Les scientifiques ne savent toutefois pas encore avec certitude dans quelle mesure ce vaccin protège contre le Bundibugyo. Certaines premières données laissent néanmoins espérer une protection partielle.

Un premier lot de 16 250 doses d’Ervebo est arrivé en RDC le 22 août. Les doses doivent notamment bénéficier aux professionnels de santé et aux autres personnes particulièrement exposées au virus.

La campagne de vaccination a commencé à Kisangani, capitale de la Tshopo, une province du nord-est également touchée par la flambée. Selon les responsables sanitaires locaux, plus de 200 personnes avaient déjà reçu une dose vendredi.

Une situation régionale sous surveillance

L’évolution de l’épidémie en RDC préoccupe également les pays voisins. L’Ouganda, qui avait enregistré une vingtaine de cas après la transmission du virus depuis la RDC, a annoncé jeudi 27 août, avec l’OMS, la fin de sa propre épidémie d’Ebola.
Pour les autorités sanitaires congolaises et leurs partenaires internationaux, l’urgence reste désormais de contenir la propagation du virus, d’améliorer la détection des nouveaux cas et de renforcer la confiance des populations.

Avec plus de 6 000 cas et près de 3 000 décès, la RDC fait face à une épreuve sanitaire majeure. La capacité à enrayer rapidement la progression du Bundibugyo dépendra notamment de la mobilisation des financements, de l’accès aux zones touchées et des résultats des essais menés avec les vaccins et traitements actuellement disponibles.