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RDC : Tshisekedi ferme la porte au M23 dans le futur dialogue national

Le président congolais Félix Tshisekedi a exclu le M23 du futur dialogue national, estimant que le processus de Doha reste le cadre approprié pour négocier avec le groupe armé. Prévu pour durer trois mois, ce dialogue vise à favoriser une concertation nationale, malgré les tensions persistantes dans l’est de la RDC et les divisions politiques à Kinshasa.

Par Thomas Biakpa
Publié le 28 août 2026
Lecture : 4 min
RDC : Tshisekedi ferme la porte au M23 dans le futur dialogue national

Félix Tshisekedi, le président congolais a fixé jeudi 27 août le cadre du dialogue national / Média Congo Press

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Le futur dialogue national voulu par Félix Tshisekedi ne sera pas une nouvelle table de négociation avec le M23. Dans une adresse à la nation diffusée, jeudi 27 août à la télévision, le président de la République démocratique du Congo (RDC ) a clairement écarté la possibilité de voir le groupe armé prendre part aux discussions en tant qu’acteur politique.

Pour le chef de l’État congolais, le dossier du M23 doit continuer d’être traité dans le cadre du processus engagé à Doha. « Le processus de Doha demeure le cadre approprié pour traiter avec » le mouvement armé, a-t-il déclaré. Une précision qui vise à éviter que le futur dialogue national ne se transforme en une nouvelle plateforme de négociation sur le conflit qui ravage l’est du pays.

Doha reste le cadre des négociations avec le M23

Kinshasa et le M23 s’étaient engagés, en juillet 2025 à Doha, sur un cessez-le-feu destiné à ouvrir la voie à une sortie de crise. Parallèlement, la RDC et le Rwanda ont signé en décembre un accord de paix à Washington. Malgré ces différentes initiatives diplomatiques, les violences se poursuivent dans l’est du territoire congolais.

Le M23 conserve en effet, le contrôle de vastes zones et s’est notamment emparé, au début de l’année 2025, de Goma et de Bukavu, deux villes stratégiques de l’est de la RDC.

Dans ce contexte, Félix Tshisekedi a une nouvelle fois réclamé le départ des « forces étrangères » présentes sur le sol congolais, réaffirmant ainsi la position de Kinshasa sur l’implication du Rwanda dans le conflit.

Un processus appelé à durer trois mois

Annoncé à la mi-juillet, le dialogue national devrait s’étendre sur une période maximale de trois mois. Avant la tenue des discussions nationales à Kinshasa, des consultations seront organisées dans les différentes provinces du pays.

L’objectif est de recueillir les propositions et recommandations issues de ces consultations locales, afin de les intégrer aux travaux des futures « assises nationales ». Celles-ci devront aboutir à l’adoption d’un « pacte national », dont les institutions de la République auront ensuite la responsabilité de mettre en œuvre les conclusions.

Le président congolais veut ainsi présenter ce dialogue comme un processus de concertation nationale destiné à réunir les différentes composantes de la société congolaise, plutôt que comme une négociation supplémentaire avec les groupes armés.

Une porte ouverte aux combattants qui déposent les armes

Si le M23 ne pourra pas participer au dialogue comme composante politique, Félix Tshisekedi n’exclut pas totalement une réintégration de ses combattants.
Le chef de l’État a annoncé qu’une possibilité de réintégration resterait accessible à ceux qui renonceraient « de manière sincère et vérifiable » à la lutte armée et à toute forme de violence.

Cette disposition semble ainsi distinguer le traitement politique du mouvement armé de la question du devenir de ses combattants. Kinshasa entend maintenir une possibilité de retour dans le processus national pour ceux qui accepteraient véritablement d’abandonner les armes.

Une opposition qui réclame un dialogue plus inclusif

La décision présidentielle ne satisfait pas toute la classe politique congolaise. Une partie de l’opposition souhaite que le futur dialogue soit élargi et réclame notamment la présence de représentants du M23 ainsi que celle de l’ancien président Joseph Kabila.
Cette demande intervient alors que Joseph Kabila fait lui-même l’objet d’une condamnation à mort prononcée par contumace en septembre 2025 pour « complicité » avec le groupe armé.

Au-delà de la question du M23, le dialogue s’annonce donc comme un nouveau terrain de confrontation politique. Le pays reste profondément divisé autour du projet de réforme constitutionnelle défendu par la majorité présidentielle. L’opposition accuse notamment le pouvoir de chercher, à travers cette réforme, à créer les conditions permettant à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.

Entre crise sécuritaire et tensions politiques

Le dialogue national se prépare ainsi dans un climat particulièrement tendu. D’un côté, Kinshasa doit faire face à la persistance du conflit dans l’est et à la présence du M23 sur de vastes portions du territoire. De l’autre, le pouvoir et l’opposition restent en désaccord sur les modalités d’une éventuelle réorganisation politique du pays.

En excluant le M23 du dialogue national tout en maintenant le processus de Doha comme cadre de négociation avec le mouvement, Félix Tshisekedi cherche à séparer la recherche d’un compromis politique interne de la résolution du conflit armé dans l’est de la RDC.

Il reste désormais à savoir si les consultations provinciales et les futures assises nationales permettront de dégager un consensus suffisamment large pour déboucher sur le « pacte national » annoncé par le président congolais, alors que la crise sécuritaire et les tensions politiques continuent de peser lourdement sur l’avenir du pays.