Chargement des indices boursiers africains...
Nom de votre média

Sénégal : Après trois ans de rupture, le FMI ouvre à nouveau les vannes du financement à Dakar, un prêt de 2,2 milliards de dollars en cours

Le Sénégal et le FMI renouent leur coopération financière. Les deux parties ont conclu un accord de principe pour un programme de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois, destiné à accompagner le redressement des finances publiques, lourdement fragilisées par une dette estimée à 132 % du PIB.

Par Thomas Biakpa
Publié le 2 septembre 2026
Lecture : 3 min
Sénégal : Après trois ans de rupture, le FMI ouvre à nouveau les vannes du financement à Dakar, un prêt de 2,2 milliards de dollars en cours

La cheffe de mission du FMI pour le Sénégal, Mercedes Vera Martin, et le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, à Dakar, le 21 janvier 2026/ Présidence du Sénégal

Publicité

Format Pavé

300 x 250 px

Après plusieurs années de relations tendues, le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) amorcent un nouveau chapitre de leur coopération financière. Les deux parties sont parvenues, ce mardi 1er septembre, à un accord de principe portant sur un programme de financement d’environ 2,2 milliards de dollars destiné à soutenir les efforts de redressement économique du pays.

Prévu sur une période de 36 mois dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC), ce nouveau programme doit encore recevoir l’aval du Conseil d’administration du FMI avant de pouvoir être officiellement mis en œuvre.

L’annonce intervient alors que les finances publiques sénégalaises demeurent sous forte pression. La dette du pays atteint désormais environ 132 % du produit intérieur brut (PIB), une situation qui impose aux autorités de rétablir progressivement les équilibres budgétaires et de renforcer la crédibilité des comptes publics.

Trois ans après la rupture

La perspective de ce nouveau financement intervient près de trois ans après la suspension du précédent programme du FMI, qui portait sur 1,8 milliard de dollars. Cette interruption avait été provoquée par la découverte d’importantes irrégularités dans les données financières communiquées par les autorités sénégalaises.

Dakar avait alors reconnu l’existence d’une dette jusque-là non déclarée, estimée à plus de 9 milliards de dollars et contractée sous l’administration précédente. Cette révélation avait profondément modifié l’évaluation de la situation financière du Sénégal et conduit le FMI à suspendre son programme de prêt.

Le nouvel accord de principe apparaît ainsi comme une étape importante dans la volonté des deux parties de renouer leur partenariat, tout en conditionnant la reprise effective du soutien financier à plusieurs engagements.

Des conditions avant l’approbation définitive

Selon Mercedes Vera Martin, qui dirigeait la mission du FMI effectuée au Sénégal du 19 août au 1er septembre, plusieurs préalables doivent encore être remplis avant que le dossier puisse être soumis au Conseil d’administration de l’institution.

Le Sénégal devra notamment prendre des « mesures correctives résolues » afin de permettre aux autorités de solliciter une dérogation concernant les déclarations erronées de données financières. Cette exigence traduit la volonté du FMI de renforcer la fiabilité et la transparence des informations économiques communiquées par Dakar.

L’institution internationale attend également que le Sénégal obtienne les garanties de financement nécessaires auprès de ses partenaires. Ces assurances constituent un autre préalable à l’approbation définitive du programme.

Un soutien crucial pour les finances publiques

Avec une dette qui dépasse largement la taille de son économie, le Sénégal fait face à un important défi de consolidation de ses finances publiques. Le financement envisagé par le FMI pourrait apporter un soutien significatif aux efforts engagés par Dakar pour rétablir progressivement sa situation financière.

Mais au-delà du montant annoncé, la reprise de la coopération avec le FMI revêt une dimension particulière. Elle intervient après une période marquée par une crise de confiance autour de la fiabilité des données budgétaires et de l’endettement réel du pays.

L’accord de principe ne constitue donc pas encore un décaissement immédiat. Son entrée en vigueur dépendra des mesures correctives prises par les autorités sénégalaises ainsi que de l’approbation du Conseil d’administration du FMI.

Si ces conditions sont remplies, Dakar pourrait ainsi bénéficier d’un nouveau programme de 36 mois, destiné à accompagner le pays dans une période où le rétablissement de la soutenabilité de la dette et la restauration de la confiance financière figurent parmi les principales priorités économiques.