Sénégal : Modernisation des transports, le TER relie désormais Dakar à l’aéroport Blaise-Diagne en 55 minutes
Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la modernisation de ses transports. Depuis ce lundi 28 septembre, le TER relie désormais Dakar à l’aéroport international Blaise-Diagne en 55 minutes, offrant une nouvelle alternative aux usagers face aux embouteillages et renforçant la mobilité autour de la capitale.

Au Sénégal, l’Aéroport International Blaise Diagne désormais accessible depuis Dakar en 55 minutes depuis ce lundi 28 septembre grâce à l’extension du TER / Pressafrik
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Le transport ferroviaire sénégalais franchit une nouvelle étape. Depuis ce lundi 28 septembre, les voyageurs peuvent désormais se rendre directement de Dakar à l’aéroport international Blaise-Diagne (AIBD) à bord du Train express régional (TER). Une liaison très attendue qui rapproche considérablement la principale plateforme aéroportuaire du pays du cœur de la capitale.
Il faut désormais compter environ 55 minutes pour effectuer le trajet entre Dakar et l’AIBD. Le billet est fixé à 4 000 francs CFA en seconde classe, soit un peu moins de 7 euros. Une alternative au transport routier qui pourrait séduire aussi bien les voyageurs que les travailleurs de l’aéroport, dans une agglomération régulièrement confrontée à une circulation particulièrement dense.
Une extension stratégique du réseau
La nouvelle desserte constitue le prolongement naturel de la ligne déjà opérationnelle entre Dakar et Diamniadio. Ce premier segment, long de 36 kilomètres, avait été mis en service en décembre 2021.
Le nouvel itinéraire ajoute 19 kilomètres au réseau ferroviaire et permet désormais au TER de poursuivre sa route jusqu’à l’aéroport Blaise-Diagne. Cette extension s’inscrit dans la deuxième phase du vaste programme de modernisation du transport ferroviaire engagé au Sénégal ces dernières années.
Au-delà de son intérêt pour les déplacements quotidiens, la liaison revêt une importance particulière à l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), qui doivent se tenir au Sénégal. Elle doit notamment faciliter les déplacements des visiteurs et des délégations attendues dans le pays.
Un projet marqué par plusieurs années de travaux
Si l’ouverture de cette nouvelle liaison constitue une étape importante, son aboutissement aura nécessité davantage de temps que prévu. Lancés en mars 2022, les travaux ont été confrontés à plusieurs difficultés, notamment sur le plan financier et dans la gestion du périmètre du projet.
Selon l’Agence publique pour la promotion des investissements et des grands travaux (Apix), des problèmes de financement et de trésorerie ont provoqué des ralentissements, voire l’arrêt temporaire de certaines opérations. Des modifications apportées au périmètre initial du programme ont également contribué au décalage du calendrier.
L’ensemble de cette deuxième phase représente un investissement d’environ 420 millions d’euros. Le financement a été assuré par l’État sénégalais avec l’appui de plusieurs institutions financières, parmi lesquelles la Banque islamique de développement, la Banque africaine de développement et la Banque ouest-africaine de développement, ainsi que par des prêts français.
Dakar-AIBD : une alternative face aux embouteillages

Avec cette nouvelle desserte, le Sénégal cherche surtout à offrir une solution de transport plus prévisible entre la capitale et son principal aéroport international. Le trajet routier vers l’AIBD peut en effet être fortement perturbé par les embouteillages qui affectent régulièrement l’axe reliant Dakar aux zones périphériques.
Le TER apporte ainsi une réponse ferroviaire à l’un des principaux défis de mobilité de la métropole dakaroise : réduire la dépendance à la circulation automobile et améliorer la fluidité des déplacements entre les différents pôles urbains.
Cette infrastructure doit également contribuer à renforcer l’attractivité de l’aéroport Blaise-Diagne, situé à une cinquantaine de kilomètres du centre de Dakar, en améliorant son accessibilité depuis la capitale.
Vers Thiès et Mbour ?
L’entrée en service de la liaison Dakar-AIBD ne devrait toutefois pas constituer le dernier chapitre du développement du TER.
Les autorités sénégalaises travaillent déjà sur la prochaine étape du projet.
Une troisième phase, actuellement au stade des études, prévoit une éventuelle extension du réseau en direction de Thiès, située à environ 70 kilomètres de Dakar. Une autre perspective concerne Mbour, important pôle urbain et touristique de la Petite-Côte.
Si ces extensions se concrétisent, le TER pourrait progressivement dépasser son rôle initial de moyen de transport entre Dakar et sa périphérie pour devenir l’une des principales infrastructures de mobilité à l’échelle de la région.
Avec l’arrivée du train à l’aéroport Blaise-Diagne, le Sénégal dispose désormais d’une liaison ferroviaire directe entre le centre de sa capitale et sa principale porte d’entrée aérienne. Une évolution qui marque une nouvelle étape dans la transformation du système de transport dakarois.
