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Sénégal : plus de 400 milliards FCFA recherchés pour électrifier 6 400 localités

L’Agence sénégalaise d’électrification rurale évalue à plus de 400 milliards FCFA les moyens nécessaires pour raccorder les villages encore non couverts par ses nouveaux programmes. Le chiffre correspond à un besoin de financement, pas à une enveloppe déjà obtenue, alors que Dakar vise l’accès universel en 2029.

Par la Rédaction
Publié le 27 octobre 2026
Lecture : 5 min
Sénégal : plus de 400 milliards FCFA recherchés pour électrifier 6 400 localités

Le Sénégal doit mobiliser des financements supplémentaires pour achever l’électrification de ses zones rurales.

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Le financement, principal obstacle de la dernière étape

Le Sénégal doit encore mobiliser des ressources importantes pour achever l’électrification de ses zones rurales. Au cours d’une tournée dans la région de Louga, vendredi 23 octobre 2026, le directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser), Pape Momar Ngom, a estimé à plus de 400 milliards de francs CFA les besoins financiers associés au raccordement de 6 400 localités restant à couvrir. L’information, rapportée le 24 octobre par le quotidien Le Soleil, intervient alors que l’État affiche l’ambition d’un accès universel à l’électricité à l’horizon 2029.

Ce montant ne constitue ni un budget voté ni un financement déjà décaissé. Le responsable de l’agence évoque des démarches en cours et des promesses formulées par des partenaires privés. Les travaux correspondants ne pourront être engagés qu’après signature des contrats et conventions nécessaires. La nuance est décisive : l’existence d’un besoin chiffré rend l’objectif plus concret, mais ne garantit pas que les fonds seront mobilisés dans les délais compatibles avec l’échéance de 2029.

Deux ensembles de localités à ne pas confondre

Le financement des raccordements, la répartition des localités et le choix des technologies seront déterminants pour atteindre l’objectif d’accès universel à l’électricité en 2029.

Selon l’Aser, environ 6 000 localités font déjà l’objet de travaux, tandis que 6 400 autres demeurent à électrifier. Ces deux catégories ne doivent pas être additionnées comme s’il s’agissait de villages tous dépourvus de projets : les premières sont engagées dans un processus de raccordement, les secondes nécessitent encore de nouveaux moyens. Les déclarations publiques ne précisent pas le taux d’avancement des chantiers existants, ni le nombre de ménages concernés par chaque groupe.

Rapporté mécaniquement à 6 400 localités, un besoin de 400 milliards de FCFA représenterait un peu plus de 62 millions de FCFA par localité. Ce calcul donne seulement un ordre de grandeur arithmétique. Il ne s’agit pas d’un coût unitaire officiel : les dépenses varient fortement selon la distance au réseau, la taille du village, le relief, la densité des habitations, les équipements publics à desservir et le choix entre extension du réseau, mini-réseau ou solution autonome. Une planification crédible devra donc détailler les technologies et les coûts par zone.

Un accès national élevé, mais des écarts persistants

La question rurale reste le principal défi d’un pays ayant déjà progressé dans la couverture électrique. Dans une analyse publiée en janvier 2025, la Banque mondiale faisait état d’un taux national d’accès de 84 % selon des données gouvernementales, tout en soulignant que plus de 30 % des communautés rurales demeuraient déconnectées du réseau. Ces chiffres décrivent une situation antérieure à l’annonce d’octobre 2026 ; ils ne doivent pas être présentés comme une mesure actualisée des raccordements réalisés depuis.

La disparité territoriale se traduit par des conséquences économiques et sociales directes. Sans alimentation fiable, les commerces peinent à utiliser la réfrigération, les ateliers doivent recourir à des solutions coûteuses et les écoles ou centres de santé fonctionnent avec des moyens limités. L’accès à l’électricité peut faciliter la conservation des médicaments, l’utilisation d’équipements pédagogiques et le développement de petites activités productives. Encore faut-il que les ménages puissent payer le raccordement et que la fourniture soit suffisamment régulière pour transformer un branchement en service durable.

Les partenaires financiers déjà engagés

Plusieurs programmes internationaux fournissent des références sur la manière de combler ces écarts. La Banque mondiale soutient notamment un projet d’accélération de l’accès à l’électricité au Sénégal bénéficiant d’un financement de 150 millions de dollars de l’Association internationale de développement. Ce programme vise la construction ou la réhabilitation de près de 4 000 kilomètres de lignes, le raccordement de 200 000 ménages et l’amélioration de l’alimentation de 600 structures de santé et 200 établissements scolaires. Il s’agit d’un dispositif distinct du besoin de 400 milliards de FCFA évoqué par l’Aser.

Le pays peut également mobiliser des partenariats public-privé et des opérateurs spécialisés dans les concessions rurales. Lors de sa visite à Darou Cissé, Thiss Wolof et Thiss Peul, dans le département de Kébémer, le directeur général de l’Aser a indiqué vouloir recueillir les attentes des populations et identifier d’éventuelles interventions complémentaires avec la Compagnie maroco-sénégalaise de l’électricité, Comasel. Le suivi de la satisfaction des usagers est un indicateur important : une localité officiellement raccordée peut encore rencontrer des problèmes de qualité de service ou d’accessibilité tarifaire.

Une échéance de 2029 qui impose des décisions rapides

L’objectif d’accès universel à l’électricité en 2029 figure dans la stratégie nationale de développement 2025-2029 recensée par l’Agence internationale de l’énergie. Il succède à des échéances plus anciennes, notamment l’ambition précédemment formulée d’atteindre l’universalité dès 2025. Ce glissement rappelle que l’électrification dépend de calendriers de travaux, de financements et de capacités d’exécution qui peuvent s’avérer plus difficiles à réunir que prévu.

Pour apprécier les progrès au cours des trois prochaines années, plusieurs données seront déterminantes : montants effectivement contractualisés, nombre de villages nouvellement desservis, ménages raccordés, fiabilité de l’alimentation et part des investissements réalisés dans les territoires les moins couverts. L’annonce d’octobre apporte une estimation du chemin restant à parcourir. La transformation de ces 400 milliards de FCFA recherchés en installations fonctionnelles constituera le véritable test de la politique d’électrification rurale sénégalaise. Les conventions signées et les mises en service devront être suivies séparément, afin de mesurer l’avancement réel plutôt que de comptabiliser des projets encore à financer.