Somalie : des jardins scolaires transforment l’éducation climatique en apprentissage pratique
Dans une école de Harfo, en Somalie, un petit jardin sert de support à l’apprentissage de la protection de l’environnement et de l’adaptation climatique. Présentée par l’UNICEF le 22 octobre 2026, cette expérience illustre une approche concrète, sans permettre à elle seule de mesurer l’impact à l’échelle nationale.

Un élève manipule la terre et prépare des plants lors d’une séance de jardinage en Somalie. Ces ateliers concrets permettent d’assimiler les techniques d’adaptation au changement climatique par l’action sur le terrain.
Format Pavé
300 x 250 px
Un jardin modeste, un support pédagogique concret
À l’école GECPD de Harfo, des élèves apprennent à prendre soin d’un jardin avec l’accompagnement de leur enseignant, Asad Abdikadir Hassan. Dans un reportage publié le 22 octobre 2026, l’UNICEF Somalie décrit une activité où cinq enfants directement impliqués découvrent, par la pratique, l’entretien des végétaux et la préservation de leur environnement. Le projet ne repose pas sur une infrastructure spectaculaire : sa valeur pédagogique tient au lien établi entre ce qui est enseigné en classe et des gestes observables chaque jour.
Les activités donnent aux élèves l’occasion de voir comment les plantes réagissent à l’eau, au sol et aux soins réguliers. Elles ouvrent aussi des discussions sur l’utilisation responsable des ressources et la manière dont les familles peuvent adapter certaines pratiques. Le reportage ne fournit cependant ni évaluation standardisée des acquis scolaires ni statistique nationale sur la généralisation des jardins : il présente d’abord une expérience locale.
L’enseignement climatique gagne à sortir des manuels

La question du climat traverse les systèmes éducatifs de nombreux pays exposés aux sécheresses et aux phénomènes météorologiques extrêmes. En Somalie, aborder l’environnement uniquement de façon théorique peut paraître éloigné des préoccupations immédiates des élèves. Un dispositif pratique comme le jardin scolaire propose une autre méthode : les notions étudiées deviennent visibles et peuvent être testées à petite échelle.
L’intérêt éducatif dépasse la seule horticulture. Les élèves peuvent exercer l’observation, l’organisation d’une tâche collective, la comparaison de résultats et la discussion de solutions adaptées à leur milieu. L’objectif n’est pas de transformer chaque école en exploitation agricole, mais de construire des compétences transférables. Ces bénéfices restent toutefois des potentialités pédagogiques ; le témoignage de Harfo ne démontre pas à lui seul une amélioration mesurée des notes, de l’assiduité ou des revenus des familles.
Le rôle des enseignants est déterminant
L’enseignant mis en avant par l’UNICEF a lui-même appliqué à son domicile ce qu’il avait appris lors d’une formation en créant un petit jardin. Ce passage de la formation à la pratique illustre le rôle central des professeurs dans l’appropriation d’un programme. Un matériel pédagogique, même utile, ne produit pas automatiquement des effets s’il n’est pas accompagné d’une préparation suffisante, de temps d’enseignement et d’une maintenance réaliste.
Pour une école, le choix des activités doit tenir compte de la disponibilité de l’eau, de la sécurité du site, du calendrier scolaire et de la possibilité de poursuivre l’entretien pendant les vacances. Dans les zones confrontées à des ressources limitées, ces contraintes sont particulièrement importantes. Les partenaires devront donc définir des modèles sobres et adaptables plutôt que reproduire partout un schéma identique.
Passer de l’exemple local à une politique éducative
L’initiative de Harfo est présentée dans le cadre des efforts de l’UNICEF, de ses partenaires et des autorités somaliennes pour renforcer l’éducation climatique. Le soutien de People’s Postcode Lottery est mentionné pour cette action. Cette information ne doit pas être confondue avec l’annonce d’un financement nouveau ou d’un nombre précis de jardins à déployer : aucun tel engagement chiffré n’est établi dans le reportage.
Pour apprécier une éventuelle extension, plusieurs indicateurs mériteraient d’être suivis : nombre d’écoles équipées, professeurs formés, régularité des activités, participation effective des filles et des garçons, ressources nécessaires et résultats d’apprentissage. L’expérience met surtout en évidence une piste pédagogique à faible échelle, capable de faire dialoguer école et communauté. Le défi consiste désormais à documenter ce qui fonctionne, à quelles conditions et à quel coût, avant de présenter les jardins scolaires comme une réponse générale aux risques climatiques.
Une expérimentation qui pose la question de l’équité
Si l’approche devait s’étendre, une attention particulière devrait être portée aux écoles les moins équipées, car ce sont souvent celles où l’accès à l’eau, aux outils et à un encadrement régulier est le plus fragile. Les activités pourraient être adaptées à la disponibilité locale des ressources plutôt que reproduire un modèle unique. La participation des parents et de la communauté peut aider à entretenir les espaces pédagogiques, sans que la responsabilité repose excessivement sur des familles déjà confrontées à des difficultés. Il serait également utile de distinguer les objectifs : sensibilisation environnementale, compétences scientifiques, coopération entre élèves ou initiation à des techniques agricoles. Chaque résultat nécessite des méthodes d’observation différentes. Cette prudence permettrait de préserver la portée éducative de l’expérience sans lui attribuer des effets non mesurés.
