Tunisie : Tunis Re progresse de 2 % à fin septembre, portée par la réassurance islamique
La Société tunisienne de réassurance a enregistré 182,9 millions de dinars de chiffre d’affaires sur les neuf premiers mois de 2026, en hausse de 2 %. La branche Retakaful progresse plus rapidement, tandis que les produits financiers reculent, selon les indicateurs d’activité publiés à la Bourse de Tunis.

Le leader tunisien de la réassurance affiche une croissance modérée de son chiffre d’affaires à 182,9 millions de dinars à la fin du troisième trimestre 2026.
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Une croissance modérée après neuf mois
Tunis Re clôture les neuf premiers mois de 2026 sur une progression limitée mais positive de son activité. Selon les indicateurs arrêtés au 30 septembre et publiés à la Bourse de Tunis, le chiffre d’affaires de la société atteint 182,9 millions de dinars tunisiens, contre 179,3 millions un an auparavant. L’augmentation ressort à environ 2 %. Cette évolution confirme une croissance graduelle plutôt qu’une accélération générale du portefeuille de réassurance.
Les indicateurs trimestriels doivent être interprétés avec précaution. Ils rendent compte de l’activité commerciale et de certaines charges ou produits, mais ne sont pas équivalents à des états financiers annuels complets. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de calculer avec certitude le bénéfice net de l’exercice 2026. Leur intérêt est d’éclairer la structure des revenus, la composition des risques et les premiers signaux de performance opérationnelle.
Le Retakaful constitue le principal moteur
La croissance provient notamment du Retakaful, la réassurance conforme aux principes de la finance islamique. Les primes acceptées dans cette activité atteignent 21,4 millions de dinars, contre 18,1 millions sur la même période de 2025, soit une hausse d’environ 18 %. Le portefeuille Vie progresse également, de 6,5 à 7 millions de dinars. En revanche, la branche Non-vie, qui demeure la principale source de revenus, affiche une stabilité globale autour de 154,4 millions de dinars.
Cette répartition montre que les segments les plus dynamiques ne sont pas nécessairement les plus importants en valeur absolue. Un taux de progression élevé sur une base réduite peut améliorer la diversification, sans transformer immédiatement l’équilibre économique de l’entreprise. Pour Tunis Re, la capacité à élargir ses marchés et à sélectionner les risques reste déterminante dans une activité où la croissance des primes peut également s’accompagner d’une augmentation des engagements.
Des sinistres en repli, des placements moins rémunérateurs
Les données reprises par la presse spécialisée indiquent une charge de sinistres de 67,4 millions de dinars, en recul de 7,3 % sur un an. Cette diminution peut contribuer à soutenir la performance technique, mais elle doit être replacée dans le calendrier de déclaration et de règlement des dossiers. Les sinistres importants peuvent être réévalués à mesure que les informations sont consolidées et ne se manifestent pas toujours immédiatement dans les comptes intermédiaires.
En parallèle, les produits financiers reculent de 5,8 %, à 24,8 millions de dinars. Pour un réassureur, ces revenus sont un complément important au résultat technique, puisque les primes encaissées sont en partie placées en attendant le règlement des sinistres. Leur baisse rappelle que l’évolution des taux, la valorisation des placements et les conditions de marché influencent les comptes, même lorsque les souscriptions progressent.
Une activité régionale exposée à des risques multiples
Tunis Re exerce une activité qui dépasse le marché tunisien. Selon les données institutionnelles relatives à 2025, 58 % de son chiffre d’affaires provenait de l’étranger et 42 % de Tunisie. Cette exposition internationale peut renforcer les possibilités de croissance et de diversification géographique. Elle soumet aussi le portefeuille à des risques de catastrophe, d’instabilité économique, de change et de concentration qui varient selon les marchés.
La réassurance est un rouage discret mais essentiel de l’économie. En transférant une partie de leurs engagements à des réassureurs, les compagnies d’assurance peuvent accroître leur capacité à couvrir des actifs industriels, des infrastructures ou des événements exceptionnels. La solidité du réassureur dépend à la fois de son capital, de son contrôle des risques et de sa politique de rétrocession auprès d’autres acteurs.
Les prochains indicateurs à surveiller
La publication de septembre ouvre plusieurs questions pour les investisseurs et les partenaires du groupe. Il conviendra de suivre la rentabilité technique, la constitution des provisions, l’évolution des produits financiers et l’effet des opérations sur le capital. Les résultats annuels et les états audités permettront de disposer d’une vue plus complète sur la situation financière de Tunis Re.
L’entreprise affiche pour l’heure une progression de son chiffre d’affaires et un essor notable du Retakaful, mais il serait excessif d’en déduire une amélioration générale de la rentabilité sans tenir compte du repli des revenus financiers et des éventuels ajustements de sinistralité. La qualité de la croissance, davantage que sa seule vitesse, restera le principal élément d’appréciation pour la suite de l’exercice.
