Le nord du Bénin a de nouveau été frappé par la violence jihadiste. Mardi 26 mai, deux positions militaires situées à Kourou, près de la frontière avec le Burkina Faso, ont été attaquées par des combattants armés circulant à moto. Ces assauts ont coûté la vie à plusieurs soldats béninois, selon des sources militaires.
Les attaques, attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), organisation affiliée à Al-Qaida, illustrent la pression sécuritaire croissante qui pèse sur les régions septentrionales du pays. Depuis plusieurs années, cette zone frontalière est devenue un terrain d’expansion pour les groupes jihadistes opérant dans le Sahel.
D’après des responsables militaires présents dans la région, les affrontements ont été particulièrement violents. Si aucun bilan officiel n’a été communiqué, des sources sécuritaires évoquent des pertes importantes dans les rangs de l’armée béninoise. Les autorités assurent toutefois que les forces engagées ont réussi à repousser les assaillants et infligé de lourds dégâts aux groupes armés.
Ces événements surviennent dans un contexte politique sensible, seulement deux jours après l’entrée en fonction du nouveau président béninois, Romuald Wadagni. Lors de son investiture, le chef de l’État avait placé la question sécuritaire au cœur de ses priorités, promettant une réponse ferme face aux menaces qui pèsent sur la stabilité du pays.
Le président a notamment annoncé la poursuite des investissements dans les forces de défense et de sécurité, tout en insistant sur la nécessité de renforcer la présence de l’État dans les zones vulnérables. Selon lui, la lutte contre l’insécurité passe également par le développement économique local, l’amélioration des services sociaux de base et la création d’opportunités pour les populations des régions exposées.
Le nord du Bénin fait face depuis plusieurs années à une montée des incursions jihadistes venues principalement du Burkina Faso et du Niger voisins. Les vastes espaces forestiers et les parcs du complexe W-Arly-Pendjari offrent aux groupes armés des refuges stratégiques difficiles à contrôler pour les armées nationales.
Pour tenter de contenir cette menace, le gouvernement béninois a lancé en 2022 l’« Opération Mirador », un vaste dispositif militaire mobilisant plusieurs milliers de soldats dans les zones frontalières. Malgré ce renforcement sécuritaire, les attaques continuent de se multiplier.
Selon l’ONG ACLED, l’année 2025 est jusqu’à présent la plus meurtrière pour les forces armées béninoises depuis le début de la progression jihadiste dans le pays. Cette nouvelle attaque rappelle l’ampleur du défi auquel les autorités béninoises sont désormais confrontées dans leur lutte contre l’insécurité au nord du territoire.
Thom Biakpa




