Le Parlement ghanéen a franchi une nouvelle étape dans sa politique de défense des valeurs familiales traditionnelles en adoptant, vendredi, le projet de loi sur les droits sexuels humains et les valeurs familiales de 2025. Ce texte, largement connu sous l’appellation de loi anti-LGBTQ+, prévoit un durcissement significatif des sanctions à l’encontre des personnes impliquées dans des relations homosexuelles ou dans des actions perçues comme un soutien aux communautés LGBTQ+.
Selon les dispositions adoptées par les députés, les actes homosexuels sont passibles de peines d’emprisonnement. La loi ne se limite toutefois pas à la répression des relations entre personnes de même sexe. Elle cible également toute forme de promotion, de plaidoyer ou de soutien aux activités liées aux communautés LGBTQ+, élargissant ainsi considérablement le champ des comportements susceptibles d’être sanctionnés.
Au cours des débats parlementaires, plusieurs amendements ont été introduits afin de préciser certaines exceptions. Les professionnels de la santé, les juristes ainsi que les journalistes exerçant dans le cadre de leurs fonctions ne pourront pas être poursuivis lorsqu’ils fournissent des services ou traitent de questions concernant des personnes LGBTQ+. Ces exemptions visent notamment à garantir l’accès aux soins, à l’assistance juridique et à la couverture médiatique des sujets concernés.
Cette adoption intervient après une première tentative législative en 2024. À l’époque, une version similaire du texte avait déjà été approuvée par le Parlement. Toutefois, elle n’avait jamais été promulguée et était devenue caduque à la fin du mandat du président d’alors, Nana Akufo-Addo.
Le retour de cette législation sur la scène politique ghanéenne témoigne de la volonté persistante d’une partie importante de la classe politique de renforcer le cadre juridique encadrant les questions de sexualité et d’identité de genre. Le texte suscite néanmoins des débats aussi bien au Ghana qu’au sein de la communauté internationale, où plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent une atteinte aux libertés individuelles et aux droits fondamentaux des minorités sexuelles.
L’adoption de cette loi marque ainsi un nouveau chapitre dans les discussions autour des droits LGBTQ+ en Afrique de l’Ouest, un sujet qui continue de diviser les opinions entre défense des traditions culturelles et respect des droits humains universels.
Thom Biakpa




